Le monde dans lequel nous vivons a trahi les aspirations de l’adolescent que Christos Papadopoulos était. Il cherche, avec ses dix interprètes, à retrouver un élan qui ressemble à celui qui le portait alors. Les souvenirs qu’il fait rejaillir ne sont pas des anecdotes, mais le désir de vivre, la puissance d’être ensemble et d’avoir le souffle long. Pour autant, le chorégraphe, ne verse pas dans des images convenues ni dans le lyrisme – du moins, pas immédiatement. C’est avec sa maîtrise fine de la frontalité, de l’unisson et de l’accent (au départ, presque imperceptible), qu’il évoque les vastes paysages mentaux qui nourrissent la vitalité de la jeunesse. D’une marche commune métronomique naissent les formes du déplacement et, finalement, l’espace respirant. Si l’on peut croire, au début, à une pièce martiale, il suffira de se laisser émouvoir par les bustes et les bras qui trahissent les singularités de chacun tandis que nous parviendront les échos des luttes d’un peuple pour sa liberté.
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