Un corps élancé et ondulant, comme si la colonne vertébrale suivait un cours d’eau : sur un plateau en carré blanc lumineux, cette silhouette fascinante nous invite à plonger, non dans cette mer qu’ont dû traverser 12 millions d’Africain·es déporté·es lors de la traite transatlantique, mais dans des morceaux d’histoire. L’histoire d’un peuple, du colonialisme, mais aussi celle d’une famille franco-haïtienne, qui s’inscrivent dans le corps de Mackenzy Bergile, artiste pluridisciplinaire inspiré autant par la recherche socio-historique que par le spiralisme haïtien. Ainsi, il parcourt un paysage poétique et politique, déroule un fil mémoriel fragmenté qui tresse traumatismes et références culturelles. Au lieu d’une thérapie autocentrée, Mackenzy Bergile se livre à travers mouvements et tableaux, symboles rituels, mots et musiques dans son soi façonné et habité, blessé autant que nourri par d’autres. En se glissant dans différents costumes, il déploie tout un langage visuel et gestuel, vocabulaire surprenant d’une mémoire devenue manifeste.
Plus d'informations :