Et si l’on pouvait apprivoiser le deuil ? À la façon d’un vrai-faux documentaire, Florence Janas et Guillaume Vincent mêlent avec humour souvenirs intimes et récits imaginés pour aborder la disparition de nos mères, impossible et inévitable.
Un spectacle en équilibre sur un fil, aussi déjanté qu’émouvant. Avec la gravité légère des enfants qui jouent à faire semblant, deux personnages clownesques déroulent le fil de leur mémoire, croisent leurs histoires, entremêlent leurs anecdotes. En partageant leurs expériences de la perte, notamment celle de la figure maternelle, le metteur en scène Guillaume Vincent et la comédienne Florence Janas, complices de longue date, composent une fresque humaine décalée et pourtant universelle où toutes les émotions ont leur place. D’une plume vive et mordante, le duo fantasque raconte le glissement, l’esprit qui s’échappe, les noms oubliés, les mots qui se perdent au bord des lèvres, puis la vie qui s’en va. Mais aussi les fragments d’enfance et d’adolescence, le harcèlement scolaire, les premiers émois, les aventures sans lendemain. Construit comme une compilation de scènes qui s’entrechoquent et font surgir de nouveaux récits à chaque croisement, Paradoxe révèle la complexité des liens familiaux, à travers deux autoportraits en forme de puzzle mouvant. C’est un peu kafkaïen, un peu surréaliste, très tendre aussi. Et follement drôle !
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