À travers trois générations, l’autrice Magali Mougel raconte de sa plume cinglante le déchirement d’une famille autour d’une dette qui se perpétue. Thibaut Wenger met en scène cette relation d’un père toxique avec sa fille, dans un western familial en plein cœur des Vosges.
Que reste-t-il de la famille quand elle n’est plus qu’une plateforme d’échanges économiques où chaque service rendu est noté dans un tableau Excel ? En s’appuyant sur quelques fragments d’intrigue du Roi Lear de Shakespeare, Magali Mougel questionne le poids de la dette entre les générations, quand l’amour n’est plus inconditionnel mais soumis à remboursement. Ici, le père problématique n’est pas roi mais boucher dans un village vosgien. Il a trois filles, Beatriz, Caroline et Elie, la cadette, au centre de cette fresque. Elle est la mère de Denys, un jeune adolescent philosophe qui, en refusant de porter le poids d’une famille dysfonctionnelle, va peu à peu ouvrir la possibilité d’un futur libre et apporter une éclaircie d’espoir. C’est dans un refuge de montagne, là où le père réunit ses proches pour une ultime annonce fracassante, que Thibaut Wenger a choisi de dérouler l’intrigue, avec ses allers-retours temporels balisés sur scène par des vestiges de la vie d’avant. Un lieu comme un réservoir de mémoire, là où les souvenirs se rejouent.
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