Soutenir une culture indépendante. S’il est possible de distinguer le champ agricole du champ culturel, la nécessité pour les petits producteurs de culture reste la même. Celle de pouvoir vivre de leur activité de manière indépendante. En marge d’une production culturelle industrielle et des circuits de grande distribution, les acteurs du monde culturel local subsistent tant bien que mal de leur travail. Conçu sur le modèle de l’AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne), le Panier de Culture offre chaque mois une sélection de produits culturels locaux. 

Kezakoi ?

Une sélection de produits culturels. Le panier se divise en plusieurs catégories : musiques, spectacles, éditions et objets. Rien n’est vraiment imposé. Le panier propose un panel suffisamment large pour que le consommateur puisse se laisser surprendre. Dans l’édition d’octobre 2013, il était par exemple possible de choisir entre un EP de cinq titres du groupe Tika Tika ou un autre du groupe Ork. Question spectacle, en plus d’une représentation « imposée » au Hall des Chars, il était envisageable d’en sélectionner un autre parmi sept propositions. Cinq « éditions » – fanzines et autres impressions sur papier – étaient encore inclues dans le panier. De même que trois objets divers, du badge au CD-Rom en passant par l’objet insolite et inutile – donc indispensable. Le panier se décline sous trois formes : le « panier simple » pour la somme de 25 euros, dont la formule vient d’être déclinée, le « panier famille » pour 28 euros et un « panier gourmand » pour 35 euros, où s’ajoutent à chaque fois de nouveaux produits. Les sélections suivent bien entendu l’actualité des sorties culturelles locales.

Kezaqui ?

Le Panier de Culture voit le jour en 2013 à l’initiative de l’équipe de l’association Le Hall des Chars – La Friche Laiterie et de son président Arthur Poutignat. L’idée première du projet est celle d’un circuit économique court  au sein duquel les plasticiens – et autres acteurs du monde artistique et culturel – pourraient écouler leur production. Aussi simple soit-elle, l’idée est bien plus difficile à mettre en oeuvre pour les personnes concernées. Vendre et diffuser un produit demande un certain nombre d’infrastructures qui n’existent pas nécessairement dans le domaine de la culture. Les galeries d’art assument déjà et d’une certaine manière la diffusion de certaines oeuvres artistiques. Une vocation qui ne saurait cependant prendre en charge la myriade de formes de productions  locales. Pour l’instant, le Panier de Culture manque encore et cruellement de petites mains qui pourraient permettre un bon développement de l’initiative. Mis à part les deux salariés et les autres bénévoles de l’association qui s’en occupent traditionnellement.

Kezakoze ?

Le Panier de Culture a pris pour exemple celui de l’AMAP. C’est-à-dire sur la mise en place d’un partenariat de proximité entre un groupe de consommateurs et une exploitation locale – dans le cas présent d’artistes locaux – qui débouche sur un partage régulier des productions saisonnières. Il se compose donc d’une sélection de différents produits culturels et oeuvres actuelles récentes qu’il est possible de « consommer » dans le mois. Mal compris par la plupart des personnes, le concept d’AMAP ne se focalise pas sur les produits proposés. Si le consommateur achète bien une sélection de produits comestibles frais dans le cas d’une AMAP agricole, et une sélections de « produits » artistiques frais dans le cas du Panier de Culture, l’objectif est bien le soutien à plus ou moins long terme du mode de production des produits en question. Un circuit économique court – avec un minimum d’intermédiaires -, une production locale et indépendante où le producteur et le consommateur entrent dans une relation quasi directe. La différence est de taille pour l’artiste : au lieu d’attendre un retour sur investissement au bout de 6 mois/1an et au prix de laborieuses recherches de possibles distributeurs, l’artiste se voit rétribué plus rapidement pour son travail.

Kezaquand ?

Pour récupérer son panier, le rendez- vous est donné tous les 3ème jeudi du mois à 18h30 au Hall des Chars, 10 Rue du Hohwald, ou, en semaine de 14h à 18h et aux ouvertures publiques. 25 euros par mois pour une culture locale, indépendante, créative et singulière… C’est une histoire de goût. Alors à vos paniers !

www.halldeschars.eu

 

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