Fiche d’identité :
Nom : Jacques UMBDENSTOCK
Age : 33 ans
Spécialité : Illustrateur, au sens large.
Dans ton casque : Joey Badass, Odd Future, Oxmo Puccino, Disclosure, Andrew Ashong, Licence 4
QG : le Mudd, le Phonographe, le Fat Black Pussy Cat
Site web : jak-umbdenstock.blogspot.com
/ www.jaimejaimepas.net

Avec un père illustrateur, Jacques Umbdenstock baigne dans le milieu du dessin depuis ses premiers pas, depuis ses premiers cris. Après avoir fait ses années lycée à Colmar, notre artiste du mois a réalisé un baccalauréat en filière scientifique, dans l’optique de suivre par la suite des études d’architecture. Mais assommé par le trop plein de sciences, il se dirige plutôt vers la faculté d’Arts Plastiques de Strasbourg, où il a validé sa licence.
Un peu démuni face au secteur trop bouché, Jacques se lance alors dans le concours de l’Institut Saint-Luc de Bruxelles, sorte d’école d’arts décoratifs, où il a été accepté afin de suivre la formation en option bande-dessinée pour encore trois ans. De retour chez nous en 2008, il s’est directement mis à son compte, et est officiellement en freelance depuis janvier 2009. Un parcours bien tracé, et c’est le cas de le dire !
Son travail
Avec un nom d’artiste simple comme bonjour « Jak, c’est pour Jacques, mon vrai prénom dit à la française », notre illustrateur du mois de juin vit – mais difficilement – de sa passion. Travaillant avec des particuliers comme avec le public, il consacre beaucoup de son temps à l’événementiel, notamment pour les soirées Bugz Night pour qui il réalise une bonne partie de la communication, ou encore pour les soirées électroniques Closely, où il propose ses services pour tout ce qui est communication mais aussi décoration sur place. Amateurs des bars rue de l’Arc-en-Ciel, vous avez sans doute reconnu aussi la patte de notre Jak, sur les murs des toilettes du Phonographe ou encore sur les flyers pour les soirées au Mudd.
Véritable dessinateur de presse, Jak travaille pour différents médias, comme le magazine mensuel Tonic ou encore le trimestriel colmarien Espoir. Un domaine qu’il affectionne tout particulièrement mais qui, malheureusement, a un avenir bien sombre vu le marché de la presse.
Côté particuliers, notre artiste du mois est aussi sollicité pour tout ce qui est faire-part, de mariage, de naissance ou autres événements de la vie, mais aussi pour des caricatures. Depuis quelques temps, fresques et tableaux en tout genre sont aussi des commandes récurrentes.
Jacques Umbdenstock a aussi son nom dans nos bibliothèques, avec son livre publié il y a un peu plus d’un an, « j’aime, j’aime pas ». Un petit bouquin qui met en scène notre artiste dans des situations quotidiennes de la vie, des auto-caricatures qui en feront sourire plus d’un. Un peu d’auto-dérision, ça ne fait jamais de mal !
Pour parler techniques, Jak dessine plutôt au crayon sur feuilles blanches, format A4, avant de les scanner et d’y ajouter les couleurs par voie numérique.
Cette technique mêlant le traditionnel et la PAO, il l’a apprise sur le tas et l’a convaincu. Pour certains travaux, il se doit de changer d’outils, et utilise par exemple des bombes et pinceaux pour ses fresques, mais « pour le reste, je suis assez standard » nous livre-t-il.
Ses influences
Difficile d’être catégorisé, Jak reste très influencé par la bande-dessinée franco-belge, par le surréalisme de nos voisins et par les personnages de graffiti, bien qu’il essaye de s’émanciper en trouvant ses propres marques. « À l’école, on nous forçait à nous sortir de nos cases, à développer notre propre style, en nous montrant d’autres influences pour oublier nos traits habituels. »
Et en parlant d’influences, Jak est inspiré par les feus dessinateurs de Charlie Hebdo, la plupart des dessinateurs de presse des Balkans, « qui ont un style plus à l’ancienne » mais aussi le Russe Mikhael Zlatovsky, et le Mexicain Angel Boligan. Côté graffiti, il nous cite Blu, Os Géméos, Alexöne, Nychos et Roland Topor, Amigo, Stéphane Blanquet, Jérome Zonder, Joan Cornellà, Dave Cooper pour l’illustration.
Ses actualités
Après avoir exposé avec son père à Horbourg-Wihr pour une rétrospective de leurs dessins de presse suite aux attentats de janvier dernier, on pourra retrouver notre Jak au Selest’ival, festival du dessin d’humour et de presse, à Sélestat les 27 et 28 juin prochain. Un peu dans le même genre, il sera présent au festival de l’Estaque en septembre, où il exposera et vendra ses dessins.
Un festival qui lui a d’ailleurs valu le « Panisse d’Or », l’an dernier, puisque Jak a obtenu le premier prix du festival, un trophée plutôt réputé dans ce milieu. Chapeau bas !
Côté librairies, restez à l’affût, Jacques Umbdenstock postule chaque année pour être publié dans l’Almanach International du Dessin de Presse, « une bible dans le domaine » où tous les dessins d’actualité sont répertoriés.
La couv vu par l’artiste :
Il est difficile d’ « expliquer » mes dessins car il n’y a pas toujours de règles ou de démarches particulières. Ici, j’ai simplement voulu faire référence à Strasbourg, mais à travers mon univers. J’ai toujours été attiré par la pop culture et fasciné par les peintures surréalistes. J’aime m’amuser à mélanger candeur et provocation dans mon travail.
Les enfants ou les personnages de dessins animés que je dessine sont toujours plus effrontés, plus paumés, ou plus malsains que dans le monde auquel je les emprunte.
