Comme chaque mois, c’est un artiste local qui est à l’honneur dans nos pages et qui présente son travail en couverture du magazine ! Pour avril 2025 place à l’univers de Guillaume Legoux ! Vous pouvez retrouver la couverture qu’il a réalisé pour le Coze d’avril 2025 à la vente sur notre boutique en ligne dans sa version print.

Graphiste et illustrateur, Guillaume façonne un univers foisonnant, imprégné d’un esthétisme rétrofuturiste aux formes vaporeuses, où les couleurs saturées flirtent avec une vision d’ensemble plus sombre. Ses œuvres, fortement influencées par l’esthétique des années 70-80, mêlent le kitsch au romantisme, l’onirique au réel, on vous emmène dans ce monde parallèle :

Le parcours de Guillaume n’a rien d’une ligne droite toute tracée. D’abord attiré par la mécanique automobile, il suit un bac pro presque par accident, avant de réaliser que son horizon se situe ailleurs. C’est au détour d’un projet vidéo étudiant qu’il découvre une passion pour l’image et la création. Son amour du cinéma le pousse à se former en BTS audiovisuel, puis en licence d’abord à Lille, ensuite à Strasbourg. Des années durant lesquelles il découvre l’histoire de l’art et affine son regard. Il apprend à structurer ses inspirations, à comprendre le pouvoir de la composition et de la lumière, tout en développant en parallèle une sensibilité graphique singulière.
L’illustration s’impose véritablement à lui lors du confinement. Se retrouvant face à lui-même, Guillaume se plonge dans la création, griffonne chaque jour, expérimente, affine son trait. Inspiré par la musique, les shootings de mode, la science-fiction des années 70, la photo et surtout le magazine Métal Hurlant, il façonne petit à petit une esthétique qui lui est propre.
Son travail est fortement marqué par l’imagerie des années 70/80. L’aérographe devient un outil d’expression privilégié. Un style au départ utilisé dans la publicité ou pour des affiches de films. Initialement mécanique, Guillaume se réapproprie cette technique de manière numérique. L’aérographe apporte à son travail un grain, une texture qui se rapproche du grain photographique. Ses illustrations sont toutes en nuances et en textures brumeuses. Son univers est pluriel : un style retro qui se mêle à des visions futuristes ou apocalyptiques parsemées d’une pointe de kitsch, le tout avec ces textures particulières de l’aérographe. Des créations qui séduisent rapidement et attirent les premiers clients, notamment grâce aux réseaux sociaux. Bientôt, les collaborations s’enchaînent, des illustrations pour des pochettes de singles aux premiers projets rémunérés.
L’un de ses projets les plus marquants reste sa collaboration avec Nike et Nocta, pour qui il a réalisé une illustration pour laquelle il a eu carte blanche pour un tee-shirt. « Quand j’ai reçu le mail, j’ai cru que c’était une blague. Comment ils sont tombés sur moi ?! C’était assez fou ! » nous confie Guillaume. Une expérience inattendue qui lui a permis de voir son travail porté aux quatre coins du monde.

Loin de se cantonner à l’illustration pure, Guillaume aspire à une approche plus globale, où les pratiques artistiques s’entremêlent. Que ce soit autour de la photo, du cinéma, de la 3D ou de l’édition, Guillaume a des idées plein la tête. Il réfléchit notamment à un projet de fanzine avec son ami Timothée Boubay. Ils ont déjà le titre : « Hyper Nostalgia ». L’idée serait d’y répertorier les nouveaux talents de l’aérographe, tout en essayant de tordre le cou aux clichés qui entourent ce style. Très lié à une époque, cet imaginaire renvoie généralement à une vision assez sexiste et capitaliste. L’idée du fanzine serait d’ouvrir la porte et d’offrir une nouvelle vision et un nouvel imaginaire autour de cette technique.

Aujourd’hui, en pleine réflexion sur son identité visuelle, il repense son branding et envisage de lancer une boutique en ligne. Guillaume cherche aussi à s’orienter vers la direction artistique pour apporter son style et sa vision des choses à des projets pour lesquels il a une affinité particulière. Son ambition ? Fusionner le passé et l’avenir, repousser les frontières entre disciplines et imposer une vision où le rétrofuturisme dialogue avec le contemporain.
1 – Ton endroit culturel alsacien préféré ? La Grenze
2 – Où faire une balade ? À l’Orangerie
3 – Où boire un verre ? La Mandragore
4 – Ta musique du moment ? Paul Prier
5 – Ton plat alsacien préféré ? Le bibeleskaes
6 – Un dernier mot ? Apocalypse
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