Pour commencer cette année 2025 c’est Toho Pulpo qui est à l’honneur dans notre rubrique Artiste et qui réalise la couverture de ce numéro ! Toho Pulpo, c’est une histoire de passion, de persévérance et de rencontres. Cet artiste strasbourgeois puise son énergie dans l’univers du hip-hop et plus particulièrement dans ses facettes positives de la ZULU Nation (respect, peace, love and unity), colorées et psychédéliques ainsi que jazzy et Groovy du Boombap. « La richesse de la culture hip-hop m’inspire et me fascine. Ce mouvement a irradié la pop culture. Les plus créatifs de ces membres vont pouvoir toucher à tout de l’art à l’artisanat. Faire référence au classique montrant ce qui nous touche, le sampler, le pimper, le rendre encore plus fou et plus cool. J’aime cette attitude », explique-t-il. Et ça se ressent dans ses créations : un monde vibrant, peuplé de personnages colorés et d’univers visuels uniques. On vous en dit plus :

L’illustration de la couverture est disponible à la vente par ici
Toho Pulpo a grandi entre les murs graffés de Montpellier lors des vacances familiales estivales et les petits villages de campagne. Chaque été, c’est bouche bée qu’il arrivait à Montpellier en découvrant les nombreux flops qui recouvrent la ville. Adolescent, il découvre les magazines de graffiti dans les kiosques de presse, les pages remplies d’œuvres qu’il contemple pendant des heures. « Je regardais l’esthétisme avant de m’intéresser aux codes. J’essayais de déchiffrer les lettres, j’y passais des heures ».
Plus tard, il fait ses études à Colmar, reste profondément attiré par le street art mais sans jamais complètement s’y plonger. C’est à Strasbourg, grâce à des amis passionnés d’urbex, qu’il met véritablement la main à la pâte. « Les bâtiments désaffectés, c’était ma bulle. Je pouvais y passer des après-midis entières ». Pourtant, après une période active entre 2010 et 2013, Toho met en pause sa pratique pendant plusieurs années. Le confinement, comme un déclic, le remet sur les rails : « Le manque de liberté, ça m’a pesé. J’ai recommencé à peindre, souvent en balade avec mon fils, à chercher des murs vierges ».
Depuis quatre ans, Toho Pulpo s’investit pleinement dans sa pratique. Ses peintures, riches, éclatantes et remplies de clins d’œil, émergent d’un travail régulier, presque thérapeutique. « Une peinture par mois, c’est mon rythme. Comme une hygiène de vie ».


Le style de Toho Pulpo est marqué par un regard d’enfant sur le monde. « Je suis hyper sensible à ce que les peintures dégagent. Je préfère l’émotion au support ». Inspiré par des éléments naturels comme les herbiers ou des formes qu’il laisse éclore spontanément, son travail oscille entre la minutie des détails et l’énergie brute des murs.
Le graffiti devient pour lui comme une douce obsession, tant dans les motifs peints que dans l’idée même de la réalisation : « On voit des murs partout, on y pense tout le temps ». Un aspect addictif qui est aussi un puissant moteur, car il nourrit sa créativité et ses rencontres. Dans ses créations, on retrouve des gimmicks réguliers, notamment autour du champ lexical des fruits. La pulpe, le jus, les fruits comme images révélatrices de la vie et de la jeunesse mais qui renvoie également à des notions de sensualité. « Si t’as la pulpe t’as tout ! Moi je commence à me sécher comme un petit pruneau ».

Une communauté qui stimule
Pour Toho, peindre n’est pas qu’une affaire de performance personnelle. Le graffiti, c’est avant tout le partage : « Ces quatre dernières années, j’ai rencontré plein de gens. Des jeunes, des anciens, des artistes que j’admirais. Travailler avec eux, ça stimule ! »



Il a d’ailleurs accompagné l’artiste Jaek lors de participations à des jams à Rennes et à Naples, des moments marquants où il a pu rencontrer des artistes dont les images trônaient fièrement dans sa chambre d’enfant. Récemment, Toho a aussi participé à une battle proposée par Urban Painters et Colors Urban Art dans le cadre du festival Colors à Strasbourg. Vous avez peut-être également découvert son travail sous la forme de toiles, lors d’une exposition proposée au bar La Planque à Strasbourg. L’artiste se laisse porter au fil des rencontres et ça semble bien lui réussir puisque projets et invitations se multiplient ces dernières années.
Quand il parle de ses créations, il évoque souvent l’accumulation et l’histoire collective : « On fait ça pour nous au départ, mais il y a d’autres gens qui vont prendre en photo, garder une trace. Au final, c’est une manière de se raconter des histoires ».
Toho savoure les moments où il peut s’immerger dans sa passion. « Je n’ai pas d’ambitions démesurées. Ce qui compte, c’est de continuer, de progresser et de profiter de ces instants de création et de partage ». Avec son univers coloré, ses personnages fantasques et sa démarche pleine de sensibilité, Toho Pulpo nous rappelle que le graffiti est un art du cœur et du partage.
Retrouvez ses créations et son univers sur Instagram, où il partage ses réalisations.
https://www.instagram.com/tohopulpo/?hl=fr
LES QUESTIONS DU TAC AU TAC
Ton lieu culturel favori en Alsace ? La Laiterie
Ton spot pour boire un verre ? La Planque
Ton plat alsacien préféré ? Les fleischnecke
Une activité à faire en Alsace pour prolonger les vacances ? Aller graffer entre potes
Ton film préféré ? Soyez sympa, rembobinez de Gondry
Une musique pour se motiver ? Toutes les musiques d’Anderson Paack