© Bartosch Salmanski - 128db.fr

Pour ce mois de février c’est l’illustratrice et harpiste Claire Caillebotte qui s’empare de notre couverture ! Nous vous proposons une plongée dans son parcours et dans son univers coloré et douillet à travers une interview !

Salut Claire, pourrais-tu te présenter ?

Je suis illustratrice indépendante et harpiste. J’ai grandi dans la ville de Chartres et je suis arrivée à Strasbourg il y a 6 ans pour mes études. Aujourd’hui je suis diplômée depuis un an et demi et je travaille beaucoup dans le domaine de l’édition jeunesse mais pas que ! Je travaille aussi pour la presse et pour des livres documentaires, j’ai aussi une boutique en ligne sur laquelle vous pouvez retrouver mon travail. Mon autre passion dans la vie est la harpe. Je donne des cours particuliers de harpe celtique et lorsque c’était encore possible, je me produisais en concert. Je me nourris beaucoup de cette pratique musicale pour alimenter mes projets en illustration.

Quel est ton parcours, comment en es-tu arrivée à devenir illustratrice et harpiste ?

Ca fait partie de moi, je pense qu’on ne choisit  pas ! Le dessin et la harpe ont toujours été mes grandes passions, c’est ce qui me définit donc ça a été une évidence depuis petite. Le choix au moment de mes études à tout de même été difficile entre les deux, c’était soit la harpe soit le dessin. J’ai finalement fait le choix de l’illustration et après une année préparatoire à l’EPSAA à Ivry-sur-Seine j’ai intégré la Haute École des Arts du Rhin d’où je suis sortie avec un DNSEP illustration!

Au-delà du plaisir de dessiner, je suis fascinée par l’univers des albums jeunesse. Ce sont en partie ces livres qui m’ont donné envie de faire ce métier. Mon mémoire de fin d’étude traitait d’ailleurs de ce sujet : Comment aborder en tant qu’auteur/illustrateur des sujets délicats dans des albums pour enfants ?

J’aime ces histoires évoquant des sujets forts, profonds et complexes. Ces histoires secouent et, une fois le livre refermé, continuent de faire réfléchir. Dans ma bibliothèque, les histoires paraissent se ressembler. Elles abordent des questions existentielles, philosophiques, délicates, sensibles, taboues, difficiles ou graves comme la naissance, la différence, la solitude, le mal-être, la mort, le deuil ou encore la religion. Elles sont singulières, improbables et pleines d’humanité. Ces histoires ont une véritable capacité à toucher la sensibilité de leurs lecteurs car elles parlent de nous, les êtres humains. Chacun peut s’identifier de près ou de loin aux personnages et interpréter les histoires à sa manière. Elles évoquent des situations que nous avons vécues ou vivrons un jour. Elles posent des questions fondamentales sur le sens de la vie, de la liberté et de la place que chacun occupe dans la monde

C’est pour moi toute la valeur de ces albums. Ils racontent la condition humaine sans craindre d’incarner des personnages imparfaits, non idéalisés, qui existent dans la vraie vie et qui sont, pour toutes ces raisons, touchants. Ces albums jeunesse racontent la vie, comme elle est. 

Extraits du mémoire de fin d’étude de Claire Caillebotte

C’est un univers qui me fait rêver. Les albums jeunesses accompagnent les enfants et sont des guides pour la vie. Je n’ai peut-être pas la personnalité de faire de grandes actions sociales mais je peux apporter ma petite pierre en délivrant des messages dans les livres !

Peux-tu nous parler de tes derniers projets ?

Je viens de finir d’illustrer un livre qui s’intitule La note rouge et c’est un projet qui m’a tout de suite séduit puisqu’il réunit mes deux passions ! C’est un album jeunesse qui raconte l’histoire d’une petite fille qui veut apprendre la harpe. J’ai aussi réalisé la couverture du journal Albert, c’est un journal illustré pour les enfants.

Dernièrement j’ai aussi réalisé des illustrations pour le livre La merveilleuse histoire de Strasbourg aux côtés de Marie Boisson, Hélène Laloube et Pauline Marx, des illustrations pour lesquelles je suis d’ailleurs un peu sortie de mon style habituel !

Petite France - Merveilleuse Histoire de Strasbourg

Comment travailles-tu, en termes de technique mais aussi d’inspirations ?

Mes dessins sont réalisés à la gouache et j’ajoute ensuite parfois du crayon de couleur.

Concrètement je commence par un croquis que j’affine petit à petit. Je choisis ensuite une palette de couleur, je mets mon dessin en couleur puis je scanne l’image pour ensuite la nettoyer à l’ordinateur. Pour les livres c’est encore différent car il faut penser à la maquette dans son ensemble. Pour La merveilleuse Histoire de Strasbourg par exemple, il y a eu pas mal de recherches documentaires avec des photos, des archives et il a fallu trouver un point de rencontre entre les références et mon style personnel.

Côté inspirations, le lis aussi beaucoup d’albums jeunesses et je regarde beaucoup de travaux d’illustrateurs. Je suis passionnée par l’univers de Kitty Crowther. Je trouve ses illustrations très vivantes et poétiques. Ses albums abordent souvent des sujets forts et sensibles mais toujours avec un brin de poésie, de merveilleux et de magie. J’aime aussi beaucoup l’univers de Béatrice Alemagna. Je suis impressionnée par le côté vivant de ses traits et par sa gestion de la couleur.

Sur quels médiums travailles-tu ?

La gravure, la sérigraphie, la photographie sont des médiums auxquels je me suis déjà essayée, mais je suis vite revenue à l’illustration, au crayon ou à la peinture, mon médium de prédilection ! J’ai tout de même particulièrement apprécié la gravure et la technique du monotype. J’ai réalisé une série de monotypes à l’encre noire qui s’intitule Les fileuses de nuit. Mais maintenant que je suis sortie de l’école, c’est plus compliqué d’avoir le matériel nécessaire, notamment la presse de gravure.

Quel est le projet dont tu es la plus fière ?

C’est l’album La note rouge dont je parlais précédemment. C’est une adaptation en livre d’un spectacle pour les enfants de la harpiste Cristine Merrienne. J’ai réalisé toutes les illustrations du livre mais aussi la mise en page et le choix de typographie. C’est un projet qui m’a vraiment tenu à cœur, c’est la rencontre de mes deux passions. Il était évident pour moi qu’un jour je ferais un livre sur ce thème. Qui sait, peut-être y en aura-t-il d’autres ? 

Harpe et illustration

Est-ce que tu as des projets à venir ?

Oui, notamment un album jeunesse dont je suis l’autrice. Sa sortie est prévue au printemps 2022 aux éditions Maison Eliza. C’est l’histoire d’une jeune femme maladroite qui va comprendre qu’elle peut faire de sa maladresse une force. Je suis très heureuse à l’idée que cette histoire trouve un jour sa place en librairie car c’est un projet que j’ai commencé il y a quelques années mais j’ai attendu longtemps avant de l’envoyer à un éditeur. Il y aussi la sortie de La Merveilleuse histoire de Simone Veil, aux éditions Hervé Chopin, les mêmes que La Merveilleuse histoire de Strasbourg. 

Où peut-on trouver tes travaux ?

Sur Instagram, sur mon site internet et ma boutique en ligne. Je travaille aussi sur commande !

https://www.instagram.com/clairecaillebotte/?hl=fr
http://www.clairecaillebotte.com/
https://www.facebook.com/caillebotteclaire/
https://www.etsy.com/fr/shop/clairecaillebotte

Test du Tac au tac

Ton endroit préféré en Alsace ? La Petite France
Ta musique favorite ? Les gens qui doutent de Anne Sylvestre.
Ton restaurant préféré ? Harmonie Bowl & Juice à Strasbourg
Ton plus gros défaut ? La gourmandise
Si tu devais crier quelque chose maintenant ? Venez danser !

La couv’ vue par l’artiste : 

Illustration Claire Caillebotte Coze

J’ai représenté deux musiciens au milieu des Vosges enneigées pour faire référence à la culture, à l’Alsace et à l’hiver en ce mois de février !

 

 

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