© Bartosch Salmanski

Pour notre numéro de décembre 2019, c’est à une artiste engagée, une femme de conviction armée d’un regard unique que nous avons fait appel pour illustrer la couverture. Il s’agit de la jeune photographe et réalisatrice multimédia, Valentine Zeler. De retour depuis quelques mois à Strasbourg, elle œuvre au quotidien pour apporter des informations justes et objectives, ouvrir les mentalités et faire bouger les lignes. Actrice de terrain, Valentine est fascinée par l’humain et les différentes cultures qui composent notre société. Elle se complait derrière un objectif et narre, à travers les médiums de la photographie et la réalisation vidéo, des histoires fortes de sens. Pour ce numéro, elle nous offre une image brillante, qui prône un double message : la mémoire et la paix. Elle est tirée d’une série intitulée « Pour ne jamais oublier » et a été réalisée en Normandie à l’occasion du 75e anniversaire du débarquement.


Valentine Zeller est une photographe et réalisatrice multimédia de 21 ans. Elle a grandi du côté de Strasbourg et s’est prise au jeu de la photographie dès son enfance. C’est son père qui lui a offert son premier appareil et qui l’a fortement encouragé à continuer dans cette voie. Petit à petit, la jeune artiste en herbe a travaillé son style et son regard. Éprouvant de fortes émotions derrière un objectif, elle a vite compris que la photographie deviendrait son moyen d’expression et lui permettrait de véhiculer des messages forts. D’un naturel curieuse, elle a pendant un temps hésité à se diriger vers le journalisme, fonction sur laquelle elle a souhaité s’essayer très jeune, reprenant en main le journal de son lycée ou encore contribuant au blog Pokaa, pour lequel elle a réalisé quelques articles et photo-reportages. Elle a notamment fait un dossier sur un coiffeur au grand cœur, qui profitait de son temps libre pour aller refaire une beauté aux sans abris dans les rues de la capitale alsacienne. Une première expérience forte de sens, en cohérence avec la personnalité engagée de Valentine.

Son travail

À la fin de ses études secondaires, Valentine n’a pas seulement décroché son baccalauréat, mais également une bourse de voyage destinée aux jeunes de 16 à 20 ans, Zellidja. Grâce à celle-ci, elle a pu partir seule durant un mois en Inde, pour aborder la thématique de la condition des femmes dans ce pays. Elle a réalisé un photoreportage, agrémenté de textes, qui lui a valu d’être récompensée par le prix François Chalais du Jeune Reporter dans la catégorie Photographie. Une distinction qui lui a permis d’exposer ses clichés, pour la première fois, au Moulin à Café, un café associatif situé dans le 14e arrondissement de Paris. L’année suivante, c’est en Iran qu’elle devait se rendre, mais le destin a fait que c’est en Inde qu’elle est retournée.

Quand j’ai un appareil photo en main, j’ai l’impression de vivre quelque chose

À son retour, la jeune photographe a intégré une école de journalisme à Paris, où elle s’est familiarisée avec les bases de la radio et de la vidéo. Elle y est restée un an, et a notamment pu réaliser un stage de quelques mois au sein du service photo de l’Agence France Presse, par laquelle elle avait été repérée quelques mois plus tôt. C’est au sein de cette agence d’envergure qu’elle pu mettre en pratique son talent tout en découvrant la réalité du terrain et en apprenant les processus à suivre dans des contextes tendus, comme l’évacuation du camp de migrants installé à la Porte de la Chapelle. Souhaitant revenir à son premier amour, la photographie, mais désirant tout de même parfaire sa formation, Valentine a pris la route pour Carcassonne, où elle a passé un D.U en photo-documentaire et écritures transmédias. Le diplôme en poche, il était temps pour Valentine de se lancer. Elle a donc créé son statut de freelance et a intégré Studio Hans Lucas, une plateforme collaborative et de diffusion d’images à destination des médias.

Il ne faut pas couvrir une manifestation sans peur

Parallèlement à ses études, Valentine a trouvé un réel intérêt à couvrir des manifestations. Lors de ces rassemblements, la photographe a été saisie par les scènes irréalistes, entre chaos et solidarité. En plus de ses convictions, elle y a trouvé un réel intérêt visuel. Elle a commencé par les manifestations du 1er mai à Paris, notamment celle de 2018 qui lui a permis de décrocher sa première publication d’envergure: l’une de ses photos a été utilisée pour la couverture du quotidien Libération. Quelques mois plus tard, c’est les manifestations des gilets jaunes qui ont retenu son attention. Elle a suivi les différents rassemblements organisés dans la capitale. Couvrir ce type d’événement a été la meilleure des écoles pour la jeune photographe, qui a été confrontée à des mouvements de foule, des charges policières et des situations éblouissantes mais également quelques fois dangereuses. Elle a dû apprendre à se déplacer tout en restant en sécurité. Des moments forts et parfois difficiles, qui ont souvent déclenché en elle de fortes montés d’adrénaline et qui l’ont happé par leur force. Objective, elle a retranscrit du mieux possible les scènes dont elle a été témoin. Son but étant réellement de rapporter la vérité du terrain, quelle qu’elle soit.

C’est finalement en mars 2019 qu’elle a repris la route vers sa ville natale, Strasbourg. Dès son retour, Valentine a rapidement décroché des contrats pour des photos corporate, ce qui lui permet de vivre de son activité. Elle a également été approchée par le magazine Chut!, un média dédié à la culture du numérique lancé il y a quelques semaines. Elle a notamment produit pour le premier numéro une belle série de photographies. 

Ses actualités

Le 5 décembre, Valentine couvrira probablement le rassemblement des gilets jaunes, à Paris ou bien à Strasbourg. Elle travaille également sur un projet personnel autour de sa grand-mère et prépare son prochain voyage. La jeune photographe se rendra en Sibérie en mars 2020 pour faire des repérages en vue d’un projet sur lequel elle travaille depuis 2 ans. Valentine souhaite également approfondir ses compétences en réalisation audio-visuelle et envisage notamment de s’essayer aux documentaires: un médium qui lui permettrait de véhiculer certains messages avec une approche différente, qui reste tout de même complémentaire avec la photographie. À terme, la jeune femme pleine de talent espère se consacrer aux reportages, qu’ils soient photographiques ou audio-visuels, et ainsi aborder des sujets intimes, dans le but faire bouger les opinions figées dans les mentalités.

Site : valentine.zeler.net
Instagram : @valentine.zeler

Test du tac au tac

> Ton film préféré : La Chasse de Thomas Vinterberg
> Une musique qui te ressemble : Les Cowboys Fringants – Les hirondelles
> Ton spot préféré en Alsace : Les Vosges
> Si tu pouvais crier un truc dans la rue là tout de suite : Racontez-moi une histoire !

La couv’ vue par l’artiste

« La photo de la couverture a été prise en Normandie, lors du 75e anniversaire du débarquement. Je suis partie pour faire un reportage sur ces personnes qui font revivre l’histoire à travers leurs habits, les véhicules ou encore les scènes de reconstitution. Ce qui m’a impressionné c’est de voir que ces gens reviennent généralement chaque année ou tous les 5 ans. Ils font revivre l’histoire pour ne pas qu’elle se répète. C’était un super reportage avec des endroits absolument magnifiques en Normandie. Je ne connaissais pas et je compte bien y retourner ! »

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