© © Bartosch Salmanski

À l’approche des beaux jours, et du festival NL Contest qui prendra place au sein de la capitale alsacienne au mois de mai, pour la 14e fois, c’est à un artiste à part entière, investi dans ce temps fort printanier que nous avons souhaité faire appel : Joe Paoli. Ayant baigné dans l’univers du graffiti, avant de se tourner vers la peinture, domaine dans lequel il évolue désormais depuis plusieurs années, il se distingue par un parcours atypique, mais significatif de part sa vision, ses techniques, mais également sa passion pour l’art. Avec ses différentes actualités, à venir ces prochains mois, il nous est paru évident qu’il était temps de mettre un bon coup de projecteur sur lui. C’est parti pour un tour d’horizon de son parcours, son travail et ses projets à venir !

Joe fait partie de ces artistes qui ont commencé à dessiner dès le plus jeune âge. Chacun ses raisons. Pour lui, c’était en quelque sorte une échappatoire, face à un ennui scolaire assez prononcé. Très vite, à l’âge de 14 ans, il s’est tourné vers le graffiti. Un médium pour lequel il s’est très vite passionné. Ouvert sur le monde qui l’entourait, Joe ne souhaitait pas se cantonner aux codes traditionnels du graffiti. Cherchant son propre style, il s’est éloigné de la notion esthétique de ce médium pour se diriger vers un art plus novateur, entreprenant de nombreuses recherches visuelles et artistiques. Ce style, composé de lettrages enfantins et de formes abstraites lui ont valu quelques critiques de la communauté, mais lui ont également permis de se distinguer. C’est ce côté un peu rebelle ainsi que l’aspect réactionnaire de cet art qui l’ont d’ailleurs attiré vers le graffiti.

En graf’, je ne cherchais pas à faire quelque chose de beau, mais quelque chose de novateur

Son travail
Après quelques années passées avec des bombes de peinture et « Poscas » à la main, Joe est passé par une période de remise en question. Prenant une certaine maturité, il a alors décidé de voir autre chose. C’est à ce moment là qu’il s’est tourné vers la peinture. Un côté plus décoratif, aux antipodes de ses recherches personnelles, mais qui lui a permis de se faire connaître du grand public et de décrocher quelques commandes. À l’époque, il réalisait des toiles dans un style hyperréaliste.

En 2015, Joe a été sollicité par le NL Contest, à l’occasion des 10 ans du festival, pour refaire toute la décoration de l’aire de street du site. Une opportunité qui lui permet encore aujourd’hui de laisser libre cours à son imagination, chaque année, et ainsi de plonger les quelques 35 000 festivaliers dans son univers artistique. C’est également dans le cadre du OFF du festival que le NL Contest a fait appel à Joe, à deux reprises en 2018 : pour l’exposition collective de customisation de têtes de LEGO géantes, LEt’s GO, et à l’occasion du projet de performances et d’art dans les rues de l’Eurométropole de Strasbourg : COLORS. Convié aux côté de nombreux artistes locaux, nationaux et internationaux, il a pu réaliser le boîtier électrique situé à l’arrêt de tram Observatoire. Il reste encore aujourd’hui parmi les plus visibles de la capitale alsacienne.

Petit à petit, j’ai trouvé un style qui me permettait de proposer et développer mon univers

Sa première collaboration avec le NL Contest a été une sorte de déclencheur pour Joe, qui à ce moment donné décida de faire de la peinture son métier. Bien entouré, régulièrement sollicité par son entourage, mais également pour faire suite à ses nombreuses recherches artistiques, il s’est construit petit à petit un nouveau style. Pour revenir «dans la course», il a fabriqué ses propres outils, comme les pinceaux qu’il utilise au quotidien. Il a exploré différents effets et différentes techniques avant de trouver cette patte, qui lui correspond aujourd’hui: un patchwork graphique entre les techniques du graffiti et des techniques plus classiques comme la peinture à l’huile ou le collage. Les sujets qu’il aborde traitent souvent de l’anatomie et emportent son public dans un monde à part. C’est ainsi que les commandes se sont multipliées et que son style s’est affirmé. Un aboutissement qui lui permet aujourd’hui de proposer des choses plus personnelles à ses clients et de développer son univers.

Ses actualités
Ce printemps sera riche en couleurs pour Joe ! Dès le début du mois d’avril, il sera possible d’admirer la boîte de tarte flambées qu’il a customisé pour l’exposition collective, dans le cadre du OFF du NL Contest, Flàmmekueche ìsch Bombisch’, visible du 5 au 27 avril à la galerie Art’Course (vernissage le 5 avril, en présence des artistes). Il réalisera également, en avril ou mai, la façade d’un hôtel de trois étages à Hoenheim, pour lequel il a déjà réalisé un projet de rénovation intérieure porté sur le travail du bois. En mai, il réalisera pour la cinquième fois la customisation de l’aire de street du festival NL Contest. Parallèlement, il travaille activement sur une série de peintures, qu’il présentera courant 2019 lors d’une exposition personnelle qui se tiendra à Bruxelles.

Instagram : @joe_paoli

La couv’ vue par l’artiste :

« Alors pour la couverture, j’ai fait un truc très graphique : une tête de lion. C’est un style que je suis entrain de travailler ces derniers temps. Je l’ai réalisée avec des pigments bleus avec une sorte d’ambiance tout autour. Le plus simple sera de la voir pour comprendre, parce que je dessine beaucoup mieux que je parle. »

Test du tac au tac :

> Quel est ton endroit préféré dans le monde ? Le Maroc !
> Si tu devais garder une seule musique, ça serait laquelle ? Mobb Deep – Survival Of The Fittest
> Quel est ton plus gros défaut ? Le sarcasme
> Si tu devais crier quelque chose dans la rue, ça serait ? Au feu !

Emilie Jade Vauban

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