Ce projet ambitieux est sorti le 24 avril avec un premier volet qui réunit 8 artistes (Elonm , Hotel Paradisio , Kamisa Negra , Kovoo , Mismo , Osakha , Adel et Werco ) aux différents styles de rap : trap, cloud et new r’n’b. Ces artistes, qu’ils soient émergents ou confirmés, offrent chacun au public strasbourgeois et d’ailleurs un titre inédit, qui permet de mettre en lumière leurs différents univers. Composés et enregistrés dans la capitale européenne aux studios Mascaron, ces 8 titres dévoileront l’éventail de talents dont regorge la ville de Strasbourg !
Pour en savoir un peu plus, nous avons posé quelques questions à Matthieu Jolly, A&R Manager du projet.
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Coze : Bonjour Matthieu ! Pour commencer, pourrais-tu nous expliquer comment est né le projet ICONIC et nous le présenter en quelques mots ?
Matthieu Jolly : Très simplement, le projet ICONIC
c’est d’abord un constat : il y a énormément de jeunes artistes talentueux présents localement. J’ai pu les découvrir sur les réseaux sociaux ou grâce à des contacts divers. Mais aussi, une volonté de structurer tout ça sur le local, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent. Il n’y avait pas encore de vraie entité, un suivi pour les artistes qui souhaitent vraiment professionnaliser leur démarche en sachant qu’on est sur un segment qui est le rap, un style qui est devenu en quelques sorte la variété actuelle. Les 10-25 ans n’écoutent pratiquement que ça. Tout ça fait sens. On est sur quelque chose de consistant et qui a de l’avenir. L’idée est de pouvoir offrir un réel tremplin de développement à ces artistes-là. On est arrivés sur l’idée d’une mixtape, en choisissant des artistes locaux, en leur mettant à disposition un studio et des productions pour certains d’entre eux. En parallèle, on a aussi organisé des tournages avec les réalisateurs strasbourgeois Gianni Cassano aka Doc Haze
et Charlys Hook pour réaliser quelques vidéos autour du projet afin de bien communiquer sur les réseaux sociaux, ce qui est primordial aujourd’hui. Le projet ICONIC
Strasbourg veut montrer qu’ICONIC
existe en tant que label et tremplin pour les années à venir.
Coze : Et donc pourquoi Strasbourg et pourquoi ces artistes là ?
Matthieu Jolly : Strasbourg, parce que c’est ma ville et celle de toutes les personnes qui collaborent sur ce projet. C’était important pour nous, d’autant que Strasbourg n’est pas forcément la ville la plus mise en lumière sur la scène rap nationale. Là, c’est super cool ce qui se passe avec Larry. Il a réussi à mettre Strasbourg sur la carte du rap hexagonal. Je trouve ça très intéressant et très bien pour la ville. Il faut que les autres artistes puissent en bénéficier pour gagner en crédibilité. Je prends souvent l’exemple de la Belgique : là-bas il y a eu un, puis deux artistes qui ont émergé au niveau francophone et derrière il y a une pépinière d’autres artistes qui ont suivi et ont gagné en crédit, notamment grâce à la réussite d’artistes bruxellois.
Coze : Comment les artistes de ce premier opus ont été choisis ? Pourrais-tu nous dire un petit mot sur chacun d’entre eux ?
Matthieu Jolly : J’ai fait pas mal de veille et échangé avec mon entourage afin de choisir les artistes de ce premier opus. L’envie première c’était aussi de montrer un panel assez hétérogène de ce que pouvait être la musique urbaine à Strasbourg actuellement. Je n’ai pas choisi uniquement des jeunes artistes qui font de la trap comme Larry, je suis aussi parti sur des profils d’artistes comme Kamisa Negra
qui est une chanteuse qui vient de la soul. Elle faisait pas mal de reprises et a eu quelques apparitions grand public, notamment sur le plateau de la Nouvelle Star en 2017 ou encore le partage de Booba qui lui a apporté pas mal de visibilité. Elle se dirige désormais vers ce qu’on appelle la “pop urbaine”. On a aussi Hotel Paradisio
qui est plus dans un style “cloud”. Il a bossé avec Ash Kid, a déjà sorti plusieurs projets et il y a pas mal de médias nationaux qui le suivent et qui apprécient son travail. On a un jeune artiste qui s’appelle Adel
, qui a sorti uniquement un titre sur Youtube pour l’instant. C’est un projet très récent sur un délire autotuné proche de Djadja & Dinaz. Kovoo
, qui est le petit frère de Kamisa Negra
et qui arrive avec un style plutôt r’n’b. Il chante très bien, mais il sait kicker aussi. Mismo
est quant à lui un artiste complet qui semble s’inspirer de GIMS notamment. Elonm
est un artiste un peu plus décalé, dans un style plus à l’ancienne, mais qui a tout un intérêt. Et puis des artistes très contemporains de la nouvelle vague comme Werco
et Osakha
. Ce sont des mecs qui font de la trap, qui sont influencés par le courant musical actuel tout en ayant des textes et des flows qui sortent du lot.
Coze : Est-ce qu’un deuxième volume est déjà en préparation ? Si oui, pour quand est-il prévu ?
Matthieu Jolly : La deuxième mixtape est déjà en préparation dans nos têtes. Elle sortira à la rentrée prochaine, courant octobre je pense. On sera à nouveau sur une sélection de 8 à 10 artistes. J’ai déjà quelques noms, mais on va déjà travailler sereinement sur la sortie de ce volume 1, qui s’est compliqué suite aux évènements liés au COVID-19. L’évolution que je veux apporter sur ce prochain opus est que toutes les productions proviennent aussi de beatmakers strasbourgeois. On est en recherche et en constante écoute de tout ce qui se fait ici, en terme de composition et de production. Il y a des choses excellentes qui se font localement et qu’on se le dise, sans beatmakers il n’y a pas grand chose qui se passe. Ça fait complètement sens et c’est important. Que ce soit les artistes ou les beatmakers, il faut que ça vienne de Strasbourg.
Coze : Au delà des mixtapes, avez-vous déjà des scènes de prévues ?
Matthieu Jolly : Le point d’orgue de tout ça sera une release party qui se tiendra à La Laiterie après la sortie de ce second opus. On proposera à tous les artistes qui ont participé au projet ICONIC
de se produire en live devant le public strasbourgeois. Je ne sais pas si ce sera l’ensemble des artistes, parce que certains n’ont pas encore l’expérience de la scène.
Coze : Tu parles de La Laiterie, avez-vous tissé des partenariats avec des acteurs culturels locaux ?
Matthieu Jolly : Oui, le lancement d’ICONIC
est soutenu par Artefact PRL – La Laiterie, dans la cadre du Laboratoire Urbain de l’incubateur Plateforme Artefact. Ce soutien se matérialisera notamment par la réception de notre release party qui aura lieu à La Laiterie début novembre mais également par un accompagnement live pour certains artistes. C’est un partenaire clé de notre projet. Nous travaillons aussi avec l’Espace Django, qui est très ouvert à l’idée de travailler main dans la main avec nous. Ils ont d’ailleurs lancé un appel à candidatures pour leur pépinière. Il s’agit d’un suivi sur deux ans pour les artistes sélectionnés. Ils nous aident sur le repérage d’artistes et nous prenons le relais sur la production et le développement. Inversement, on pourra aussi sélectionner des artistes et leur faire bénéficier de résidences chez Django.
Coze : Pour finir, avez-vous d’autres projets en réserve ?
Matthieu Jolly : Cette année, on va être principalement sur ces deux projets là, mais on pourra sûrement aussi annoncer une ou deux signatures d’artistes. L’envie est là, on a la structure pour le faire. On aimerait aussi développer la mixtape ICONIC
dans d’autres villes du Grand Est (Mulhouse, Reims, Nancy…).
Pour découvrir la mixtape ICONIC Strasbourg, cliquez >> ici <<
Emilie Jade Vauban