Une surface au sol à peine rugueuse que l’on foule au quotidien de nos pas pressés.
Une surface de papier presque lisse riche en texture, en granité, en toucher..
C’est là le paradoxe que nous propose l’œuvre de Daniel Tiziani : faire valoir l’objet, la matière tri-dimensionnelle devenue à nos yeux objet qu’on ne « voit plus », en une surface plane, riche d’histoire, de sens et de matière.
Daniel Tiziani réalise des frottages. En posant sa feuille de papier sur une plaque de fonte incrustée dans le sol, puis en frottant à l’aide de pierre noire ou mine de plomb afin d’en relever l’empreinte, il nous en révèle l’Histoire ; nous rappelle l’origine de l’objet fabriqué, sa manufacture en nous questionnant ainsi sur un passé industriel qui renvoie peu à peu à nos propres origines et aux traces personnelles et universelles laissées par le temps.
Frotter un papier préalablement assoupli, froissé puis défroissé par la main de l’artiste afin de lui donner la souplesse nécessaire pour « épouser » au plus près la forme choisie, puis, dans l’intimité de l’atelier rehausser le gris graphite d’ocres, de terres, de rouges et de verts, nous rappelle notre lien profond à la terre, à la géographie d’un lieu et son histoire, et surtout nous donne la clé d’une approche définitivement plus sensorielle, presque primitive, de notre rapport au monde.
A partir du 21 novembre jusqu’au 12 janvier 2014
Lieu: Musée des Beaux-Arts – Mulhouse
4 place Guillaume Tell – Mulhouse
www.musees-mulhouse.fr