Les Musées de la Ville de Strasbourg viennent d’acquérir la réplique du célèbre « collier de la reine » Marie-Antoinette issu de la collection de Lucien Baszanger ! Ainsi, le Musée des Arts décoratifs de Strasbourg s’enrichit d’une pièce mythique, étincelante d’histoire et de scandale, au cœur d’une des plus grandes affaires d’État de l’Ancien Régime.
Alors que l’original a disparu depuis 1785, c’est sa réplique exacte – à l’échelle 1/1 – qui rejoint les collections du Musée des Arts décoratifs de Strasbourg. Une acquisition prestigieuse qui marque un retour symbolique de cette pièce dans les murs mêmes où vécut l’un des protagonistes de sa légende : le cardinal Louis-René de Rohan, évêque de Strasbourg. Le collier sera à découvrir dans les appartements du cardinal de Rohan, à partir de 2026.
Si vous ne connaissez pas encore la fascinante histoire autour de ce collier, on vous en dit plus ! On dirait un scénario d’une série Netflix : une reine, un cardinal influent, une escroc charismatique, un bijou somptueux et un scandale… Et au cœur de ce drame ? Strasbourg !
Conçue en 1772 par les joailliers de Louis XV, Charles Böhmer et Paul Bassenge, la parure originelle était un feu d’artifice de diamants, évalué à plus de 1,6 million de livres – soit 17 millions d’euros actuels. Mais le bijou fut refusé car son prix fut jugé trop ostentatoire. Ce rejet ouvrit la voie à une escroquerie d’ampleur, menée par Jeanne de La Motte, qui berna le cardinal de Rohan, évêque de Strasbourg, le convainquant que la reine Marie-Antoinette voulait secrètement acquérir le collier par son intermédiaire.
Piégé, Rohan acheta le bijou pour Marie-Antoinette, sans savoir qu’il ne la reverrait jamais. L’affaire éclata, la reine fut injustement salie dans l’opinion publique, le bijou volé… certains y voyait déjà le début de la Révolution.
La réplique acquise par Strasbourg ne manque pas de paillettes : elle a été portée à l’écran par Viviane Romance dans L’Affaire du collier de la reine (1946), puis par Michèle Morgan dans Marie-Antoinette, reine de France (1955). Mais au-delà du 7e art, cette version fascine par sa fabrication : elle remplace les diamants par des « pierres du Rhin », cristaux créés selon le procédé inventé en 1746 par le strasbourgeois Georges Frédéric Strasser !
Le bijou provient de la collection privée du joaillier Lucien Baszanger, apparenté à Paul Bassenge et grand mécène des musées européens. C’est donc tout un pan du patrimoine joaillier et alsacien qui revient à la maison.
Dès 2026, cette réplique du collier rejoindra une salle à la hauteur de son histoire : les appartements du cardinal de Rohan, au Palais Rohan, dans l’enceinte du Musée des Arts décoratifs. Un retour hautement symbolique pour celui dont l’implication dans l’affaire entraîna une année d’emprisonnement à la Bastille, et dont la chute annonçait celle de l’Ancien Régime.
La vente a été orchestrée par Artcurial, le 17 juin dernier ! Avec cette acquisition, Strasbourg ravive un épisode fascinant mêlant pouvoir, scandale et illusion. L’occasion de redécouvrir le Palais Rohan sous un nouveau jour, celui des intrigues de cour, des faux-semblants… et des vrais cristaux du Rhin, rendez-vous en 2026 !
D’ici là, découvrez l’histoire racontée et des images du collier par ici :
Le site d’Artcurial
Le site des musées de la ville de Strasbourg