Du 4 Septembre au 17 Octobre 2015
Vernissage en présence des artistes jeudi 3 Septembre à partir de 18h
Pour commencer la saison 2015-2016, la galerie Radial a choisi de réunir deux artistes qu’elle a déjà présentés individuellement.
Confrontation ? Opposition ? Complémentarité ? Dialogue ? L’exposition seule nous dira vraiment la nature des rapports qui lie ces deux êtres, ces deux œuvres. Commençons par les individus. Alain Clément est né à Paris en 1941. Il vit et travaille à Nîmes, Paris et Berlin. Gravure, peinture et sculpture sont les techniques qu’il a la particularité de pratiquer simultanément. Il les imbrique : il y a de la construction là-dedans ; les intrique : il y a de la complexité là-dedans ; les confronte, les affronte : il y a des dilemmes là-dedans ! Mais la mise en œuvre passe toujours par le dessin. À la craie, au pinceau ou au fusain, c’est le trait qui arme la sculpture et structure la peinture. Il construit, même par défaut, l’espace dans et autour de l’œuvre. Il équilibre la construction, définit la place du fond et de la forme. Aujourd’hui, ce sont de longs rubans souples qui tracent les frontières, découpent les formes pour décaler les plans et dénaturer l’espace du tableau. Gabriele Chiari est née en Autriche en 1978. Elle vit et travaille à Paris depuis une vingtaine d’années. Au début des années 2000, elle fixe sa production sur des aquarelles de grand format, toujours le même, 73 x 110 cm . C’est un très long et très lent cheminement qui conduit à la réalisation d’une aquarelle. Le choix de la couleur, d’abord, toujours relié à un souvenir, une anecdote, un émerveillement, puis ce choix émotionnel se précise. Il faut expérimenter la couleur : quelles en sont les propriétés, jusqu’à quel point répondra-t-elle à l’intention première ? Différentes pistes sont explorées pour n’en retenir qu’une qui sera à son tour fouillée, creusée, dépouillée, sorte de taille directe. La densité de la couleur, sur le fond blanc du papier, donne les valeurs. Puis le séchage marque les contours : le dessin est là. Le rapport le plus évident entre Gabriele Chiari et Alain Clément est celui du maître à l’élève mais méfions-nous des évidences. Certes, ces deux-là en jouent mais ce rapport est entretenu dans un respect réciproque basé sur l’absolue nécessité de leur travail. Il ne faut pas croire que ce soit un point commun à tous les artistes. L’apparente fragilité des aquarelles de Gabriele Chiari ne s’oppose pas à la force que dégage la sculpture d’Alain Clément. Ne faut-il pas ajouter de l’eau à la terre pour la modeler et fabriquer des briques qui vont bâtir des murs ? Ainsi, la terre est modelée, façonnée, étirée. Elle prend forme. Mais la sculpture d’Alain Clément est faite de métal. Les tôles d’acier sont pliées, découpées, peintes ou simplement traitées. Le pli, la découpe dessinent la sculpture, la placent dans le plan du mur ou l’articulent dans l’espace. On a vu le rôle du dessin dans les aquarelles de Gabriele Chiari. C’est à ce point que la confrontation de leurs œuvres pose question à la fois dans leurs différences et dans leurs similitudes. Chez Alain Clément, le dessin bâtit, il structure, chez Gabriele Chiari, il marque, il trace, il affleure. Chez le premier, il est un point de départ chez la seconde, le dernier élément résultant de la suite de la fabrication de l’œuvre. Bref, cette paire-là nous plonge dans le monde du dessin mais aussi dans celui de la matière. Que ressentons-nous, que voyons-nous d’elle ? De quel monde nous parlent ces œuvres ? N’y a-t-il pas dans le choix respectif des matières et des techniques l’évocation d’un dehors et d’un dedans ? Déclamer et bruire, sauter et glisser, jaillir et couler… Marielle Barascud
Radial Art Contemporain
11b, Quai de Turckheim – Strasbourg
+ 33 661 14 53 26 –
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