Strasbourg a donc déposé sa candidature le 15 avril dernier au label UNESCO pour devenir la Capitale Mondiale du Livre, à quelques jours du 23 avril, journée mondiale de la lecture et du droit d’auteur. Le 22 avril 2022, la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian se rendra à Paris au CNL pour déposer officiellement sa candidature auprès de la commission française de l’UNESCO.
Ce label vient récompenser le travail d’une ville pour l’accès à la lecture pour tous et la ville a depuis longtemps oeuvré en ce sens. Elle a une volonté de rendre accessible le livre à tous les âges ou groupes de population en organisant des manifestations variées et des actions quotidiennes.
Les valeurs culturelles et humanistes que porte la Ville sont également celles que défend depuis 70 ans l’UNESCO. Rendre accessible la culture, éduquer les populations notamment sur les enjeux politiques, sociologiques et environnementaux et les aider à développer leur sens critique et leur liberté d’esprit et de réflexion. La Ville et l’organisme de l’ONU ont en commun ces missions.
Le service culture a déployé sa candidature autour de 5 axes majeurs : – Strasbourg ville carrefour d’idées et de débats; Strasbourg, ville créative et poétique / ville refuge / ville émancipatrice et écologique et enfin ville amie des enfants. Chaque thème recèle un nombre conséquent de programmes culturels – 200 – pour tous les types de publics. Nous allons n’en citer que quelques-uns : « L’écho des langues », « Citoyens de demain », « Gutenberg remix 2024 », « Wouah, je créé! », « Femmes, femmes, femmes », « Solidarité lecture », les « Olympiades de la lecture » ou encore « Chouette, je lis, j’écris ! ». Le titre global de la candidature est « Strasbourg, Lire notre monde ».

On peut également citer des actions déployées par des acteurs locaux qui méritent qu’on s’y arrête. L’Université de Strasbourg est fortement mobilisée dans le projet, en mettant en place par exemple un diplôme universitaire de bibliothérapie et en développant le prix littéraire Louise Weiss. La Caisse d’Allocations Familiales ira oeuvrer dans les quartiers prioritaires de la ville avec des dispositifs d’accompagnement à la scolarité. La Relation avec le Service de Probation et d’Insertion Pénitentiaire (SPIP) sera aussi réinvestie avec des actions dans le quartier des mineurs et auprès des femmes incarcérées.
L’adjointe au maire à la culture Anne Mistler, a d’ailleurs précisé dans Strasbourg Magazine que les actions envisagées et déployées dans le cadre du dossier de candidature seront quand même réalisées même sans l’obtention du label. Les dépenses seront d’1 million d’euros en 2022 et en 2023 pour financer la mise en œuvre des 5 axes et des projets et sera d’1,5 Millions d’euros de 2024 à 2025 si elle remporte la labellisation.

Parlons chiffres maintenant. Strasbourg est peut-être la mieux placée pour parler livres. En effet, c’est dans la ville que Gutenberg aurait développé le système de typographie à l’origine de l’impression moderne au 15ème siècle. Jean Mentel, quelques années plus tard, y imprimera la première Bible en allemand. Johann Carolus y développera au 17ème siècle le premier organisme de diffusion de l’information avec ses presses strasbourgeoises. Strasbourg, des siècles plus tard, n’a rien perdu de son intérêt pour les livres et la littérature. D’abord, en organisant des manifestations remarquables durant toute l’année, comme les Bibliothèques Idéales qui se tiennent en septembre et sont devenues un RDV incontournable de la rentrée littéraire française. La dernière édition hybride de janvier a réuni plus de 10 000 strasbourgeois et s’est déployée dans tous les quartiers de la ville. On peut citer les rencontres qui jalonnent l’année à la Librairie Kléber ou Gutenberg, ou encore Quai des Brumes.
Mais Strasbourg, c’est aussi un réseau incomparable de bibliothèques et médiathèques ! Citons la Bibliothèque Nationale Universitaire abritant 3 millions d’ouvrages ! Mais aussi le réseau de médiathèques. La médiathèque Malraux représente la plus grande bibliothèque communautaire publique de l’Est de la France. Elle fait partie également du réseau Pass’relle, comprenant 8 médiathèques, un bibliobus ainsi que 21 bibliothèques et médiathèques d’autres communes.
Le Bas-Rhin accueille également 40 maisons d’éditions indépendantes dont 24 dans l’Eurométropole. Strasbourg abrite également 20 librairies indépendantes. L’enjeu commercial est donc considérable pour la ville et la région entière !
Tous ces chiffres donnent le tournis mais font de Strasbourg la candidate idéale au label de capitale mondiale du livre. On croise les doigts pour elle. Réponse au courant de l’été 2022 !