© Riddle of Fire

Le cinéaste Weston Razooli était à Strasbourg début avril pour nous présenter son premier long-métrage en avant-première, Riddle of fire ; un film d’aventure à hauteur d’enfant, entre jeu de rôles, The Legend of Zelda, et Les Quatre-cents coups.

            Trois enfants à moto-cross braquent un entrepôt pour voler une console de jeux dernier cri. Prêts à passer la journée (la nuit?) devant leur écran, ils constatent dépités que la mère alitée de Hazel et Jodie a installé un mot de passe pour allumer la télévision. Aidés par Alice, ils devront trouver la tarte à la myrtille parfaite s’ils veulent obtenir le fameux mot de passe.

            De là découle un film fait d’aventures rocambolesques, de braconniers mal intentionnés, de sorcières ou d’un… œuf. Nous nous arrêterons ici pour les éléments de narration, afin de conserver le plaisir de la découverte. Il est difficile de qualifier simplement l’expérience proposée par Razooli, l’humour se mêle au drame, le fantastique côtoie la réalité la plus crue de l’Amérique rurale profonde (dont le réalisateur est originaire). Tourné en 16mm, le grain de la pellicule donne au film cet aspect irréel et distancié propre à la fable, indispensable selon les mots même du réalisateur afin d’éviter l’hyperréalisme du numérique.

            On pourrait reprocher au film d’être parfois trop référencé dans des directions très variées – le réalisateur nous a notamment parlé de Dragon Ball Z ou des jeux vidéos The Legend of Zelda comme inspirations, nous avons également pensé aux Goonies – mais il ne se délite jamais sous le poids de ces influences, trouvant une forme de syncrétisme dans son format emprunté au jeu de rôle ainsi que dans son humour, qui n’a pas peur de transgresser la pudeur et la distance qu’on attendrait d’enfants si jeunes. Les enfants conduisent des motos sans casques, un fusil à peinture en bandoulière, se saoulent à la vodka, braquent des entrepôts et jurent sans filtre, tout en conservant un regard enchanté sur leur monde, avides d’aventures exceptionnelles.

            Une nouvelle voix s’élève dans le cinéma indépendant étasunien, faite d’enfants, d’imaginaire et de références improbables, dans un style libre et irrévérencieux, loin du calibrage ennuyeux et des saisons à rallonges de Strangers Things. L’enfance est une aventure, l’enfance se rit des codes, l’enfance est vie avant tout. Suivez-les au cinéma, et vous saurez.

Aurelio Ajenjo

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