© Quartier général - Centre d'art contemporain

Autodidacte et pluridisciplinaire, Philippe Jacq (né en 1971) développe un art qui se concentre
sur le concept de l’hybridation culturelle. Il s’intéresse ainsi à toute forme d’iconographie
populaire et religieuse, sans hiérarchie ni limite, à tous les pays et toutes les croyances. Il est
vivement intéressé par l’exploitation de différents textiles, tissus et peintures.
Avec ce projet de frise géante composée de tissus, il flâne volontiers dans les brocantes et les
souks pour dénicher des tapis, broderies, affiches et objets variés qu’il assemble ensuite. La
réappropriation de ces éléments glanés au cours de ses voyages témoigne d’un univers
personnel multiculturel foisonnant, sans codes stricts ni contraintes, où les représentations et les
références cohabitent et oscillent entre l’Orient et l’Occident.
Jouant fréquemment avec les symboles, l’artiste les réunit et les détourne à l’envi pour produire
des compositions impertinentes et des narrations éclatées. Philippe Jacq se distance
délibérément d’un discours politique ou conceptuel et préfère se positionner plutôt comme
proche de l’art singulier, avec l’utilisation de matériaux « pauvres », souvent recyclés ou
détournés à travers une méthode propre à l’artiste .
Pour l’Espace Apollonia, Philippe Jacq propose une installation immersive in situ, une fresque
patchwork composée d’œuvres reliées entre elles comme un puzzle où tout se combine, pour
former un ensemble homogène en 3D et raconter ses 50 ans de vie.
Pour ce faire, l’artiste souhaite faire émerger de nouvelles dynamiques dans la réalisation de son
exposition : à travers un atelier participatif solidaire du 13 février jusqu’au 10 mars 2024, l’équipe
d’Apollonia, des bénévoles, des membres du public d’Apollonia, des travailleurs en insertion
venant d’Emmäus Mundo et du groupe Vetis, des compagnons d’Emmäus Scherwiller, ainsi que
des étudiants en stylisme et en arts plastiques, travaillent ensemble à la confection de l’œuvre
patchwork de Philippe Jacq.
Les rencontres et les échanges entre l’artiste et les autres acteurs de ce projet d’atelier
permettent de mettre en avant des questionnements tels que : que signifie faire communauté ?
Comment représenter la multiplicité et la richesse des parcours des individus de cette
communauté ? Comment construire une œuvre commune ? Comment mettre en image une
mémoire à la fois individuelle et collective ?
À cela s’ajoute aussi une réflexion écologique : cette œuvre patchwork sera composée
uniquement de tissus destinés au recyclage. Des quatre semaines de travail collectif minutieux
orchestré par Philippe Jacq résultera une exposition visible du 15 mars au 5 mai 2024 à l’Espace
Apollonia.

Philippe Jacq est représenté par la Galerie Delphine Courtay – Strasbourg.

« Dans les rues chaudes d’Oran en Algérie, nous jouions au foot entre copains de
quartier avec un beignet de caoutchouc. Objet que nous fabriquions avec des rondelles
découpées dans une chambre à air de bicyclette.
Nous tracions à la craie notre terrain de jeu sur le bitume :
Délimiter un territoire et jouer, c’est ce que je fais encore aujourd’hui dans mon atelier.
Je récolte beaucoup de tissus au cours de mes voyages. Dans mes stocks, du sol au
plafond il y a de tout, des tapis du Tinariwen où vivent les touaregs nomades, mais aussi
des tee-shirts floqués ou sérigraphiés aux motifs colorés et des tapisseries trouvées sur
les trottoirs en bas de chez moi…
J’aime me balader et me perdre dans les grandes capitales européennes, là ou se
concentrent les populations issues de l’immigration. Du quartier chinois de Paris au
quartier pakistanais de Londres en passant par le Kreutzberg à Berlin, il y a tellement de
lieux qui m’inspirent.
Nos sociétés sont pluriethniques, multi-confessionnelles, mes tableaux en sont
l’expression.
J’utilise les codes, et les symboles universels, je les mixe entre-eux, sans censure, sans
me soucier des antagonismes et du communautarisme qui écrase. Mon univers est
syncrétique avant tout.
Comme l’araignée je tisse, patiemment, un réseau complexe de formes et de mots,
délimitant des zones picturales, des espaces, traçant des rhizomes entre l’occident et
l’orient, l’Europe, où je vis aujourd’hui, et l’ Afrique où je suis né.
Le fil pour recoudre la mémoire et tendre l’arc. »

Philippe Jacq

Vernissage le jeudi 14 mars à 18h30, en présence de l’artiste

23 rue Boecklin, 67000 Strasbourg

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