Fermeture annuelle du 29.07 au 11.08.24
Vernissage vendredi 28.06 — 18h

Avec ce conte photographique, Julien Coquentin mène une enquête sur le retour du loup en Aveyron. Depuis 2015, de nouveaux individus rôdent à nouveau dans les forêts, ravivant des légendes effrayantes et des controverses écologiques. Au fil des images, l’artiste nous emmène dans une recherche non pas du loup, mais du sentiment de sa présence. « Oreille coupée » est le surnom donné à une louve solitaire que l’on entr’aperçoit à peine mais qui cristallise la peur, le mystère et la fascination dédiés à son espèce. Tantôt éradiqué, tantôt adulé, le loup semble ici se cacher des regards pour rester dans le domaine plus protégé du fantasme. Celui-ci trouve son parallèle dans les forêts profondes omniprésentes, qui offrent parfois en clair-obscur la vision (subjective ?) d’une proie observée depuis un affût. Alternant les vues de paysages, les portraits d’agriculteurs, les maisons abandonnées et les scènes de sous-bois, la série parcourt la limite entre civilisation et monde sauvage symbolisée par l’orée du bois. L’artiste croise archives, témoignages, rapports médicaux, observations topographiques… et rassemble ainsi les traces du loup dans la culture et l’inconscient collectifs. Les points de vue se confrontent et posent la question de la cohabitation des espèces. La poésie mélancolique des oeuvres rappelle que la nature est omniprésente dans le temps, à l’intérieur comme à l’extérieur de nous, et que nous nous construisons en lien avec elle. Mêlant les procédés argentiques et numériques, Julien Coquentin consacre sa photographie à des réalisations à mi-chemin entre le documentaire et une certaine forme d’intimité. Le travail du grain, du clair et de l’obscur confère une poésie mélancolique à ses images. Ses inspirations sont en grande partie liées à des lieux, qui suscitent des recherches, des souvenirs et des fictions. « Mes principales séries ont été publiées aux Éditions Lamaindonne : l’errance urbaine de deux années dans les rues de Montréal, Tôt un dimanche matin (2013), un projet autour de la mémoire, Saisons noires (2016) et enfin Tropiques (2020), une fiction associant photographies et nouvelles à la manière du conte. Depuis 2020, je travaille sur le retour du loup dans les forêts et terres paysannes du Massif central. »

La Chambre
4 Place d’Austerlitz à Strasbourg
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