© Élèves régisseurs -créateurs du Groupe 47 en atelier © Jean-Louis Fernandez

Le TNS organise une série d’événements en avril et mai ouverts à tous et gratuits. Du 26 au 30 avril, le théâtre national propose deux spectacles : Sallinger et une adaptation du Faust de Goethe, mis en scène par des élèves du TNS du groupe 47 avec le soutien de toutes les équipes du lieu. En mai, ce sont des visites insolites des coulisses que vous ne voyez jamais qui vous seront proposées. On vous en dit plus dans ces lignes. 

Les élèves de l’école du TNS ont tout de grands ! 

Du 26 au 30 avril, les élèves metteurs en scène du Groupe 47 en 2ème année à l’école du TNS présentent deux spectacles gratuitement. Toutes les équipes du lieu ont mis la main à la pâte puisque les costumiers, les décorateurs et autres artisans s’occupent de leurs spectacles. L’un est Sallinger de Bernard-Marie Koltès mis en scène par Mathilde Waeber et joué au Studio Jean-Pierre Vincent. Le second est un double spectacle : une adaptation du Faust de Goethe et une forme alternative d’après le drame secondaire FaustIn and Out d’Elfriede Jelinek. Il est mis en scène par Ivan Márquez. 

L’école du TNS permet à ses élèves de présenter une pièce dans des conditions professionnelles, en leur faisant bénéficier de l’expertise des costumiers, décorateurs et autres services du théâtre qui participent à l’élaboration de ces spectacles. De quoi les encourager pour la suite et à gagner en expérience et maturité ! Le théâtre leur propose la même visibilité que pour les autres spectacles, avec une communication et un affichage optimaux. 

Les élèves du groupe 47 sont issus de différentes filières : Jeu, Dramaturgie-Mise en scène ou encore Scénographie-Costumes et conçoivent de A à Z les spectacles. Ils seront très heureux d’y voir un public nombreux. Petit plus, les spectacles sont gratuits et ouverts à tous, il faut juste penser à réserver. 

2 pièces, deux ambiances 

Pour la pièce Sallinger de B.-M. Koltès mis en scène par Mathilde Waeber, il s’agit d’une pièce qui a été écrite par Bernard-Marie Koltès en 1977 en adaptant Salinger et son célèbre L’Attrape-cœurs. La metteure en scène a pour cela beaucoup conversé avec le frère de l’auteur. De son propre aveu, Sallinger est « une oeuvre pour la jeunesse« .

La pièce initiale est la pièce fétiche de Mathilde Waeber, qui l’a lue en tant que comédienne et qui y est revenue comme metteure en scène pour sa première pièce. La pièce recèle pour elle nombre de considérations personnelles et notamment le choc et la violence d’une mort soudaine : le suicide, qui vient bouleverser le quotidien des protagonistes et proches du défunt. Le plus important selon elle est les lieux dans lesquels les personnages évoluent et à cause desquels ils vont vraiment évoluer. Elle nous dit également que les lieux étaient beaucoup détaillés en didascalies d’atmosphère dans la pièce de Koltès et avoir travaillé avec son équipe pour retranscrire ses espaces particuliers dans son adaptation qui se veut à la lisière entre jeu, performance, installation.

scénographie Sallinger TNS
L’espace imaginé par Loïse Beauseigneur, scénographe / ©TNS

 

Pour la double pièce proposée par Ivan Márquez, les spectateurs seront invités à choisir entre deux expériences théâtrales jouées simultanément. D’un côté le Faust de Goethe et son pacte pour le savoir absolu, avec une mise en scène énergique et dépouillée ; de l’autre la réponse glaciale d’Elfriede Jelinek qui sonde les soubassements de cet absolu, prétexte à la domination masculine.
L’histoire initiale de Faust est celle d’un homme qui déçu par la médecine et tenté par le suicide, devient obsédé par une femme, Marguerite, qu’il souhaite en fait posséder. Son amour se transforme en misogynie la plus totale. Goethe, dans son texte, veut prendre la défense des femmes en réinterprétant cette légende populaire et en pointant la domination masculine. Pour cela, il rajoute le personnage féminin. Or pour le metteur en scène Ivan Márquez, la lecture de ce classique du théâtre est embué dans des valeurs misogynes dont seul Goethe semble tirer les ficelles.

Elfriede Jelinek a revu ce mythe à sa propre façon en dénonçant cette misogynie ambiante et celle qui se lit dans le Faust de Goethe dans un texte engagé et glaçant tant la question fait écho aux problématiques actuelles. Ivan Márquez a souhaité mettre en parallèle ces deux visions, l’oeuvre originale et sa relecture contemporaine.
Le spectateur sera ainsi amené à choisir entre deux univers totalement différents. Pour monter la pièce, le metteur en scène a fait appel à deux traductrices pour traduire le texte originel allemand. 

Maquette du décor par Jeanne Daniel-Nguyen, scénographe
Maquette du décor par Jeanne Daniel-Nguyen, scénographe / ©TNS

Des visites des coulisses insolites 

Maintenant que vous en avez appris plus sur la genèse de ces spectacles d’exception, que diriez-vous de découvrir les coulisses du Théâtre National de Strasbourg. Respirer l’odeur de bois de l’atelier de menuiserie, toucher les tissus moirés de l’atelier costumes ou encore voir le montage d’un décor vu de l’envers ? C’est ce que vous propose Jean-Jacques Monier, directeur technique du TNS depuis plus de 30 ans et qui ouvre ses portes lors de visites ludiques et participatives. Ce sont ses dernières visites au sein du TNS avant son départ en retraite et il aura le plaisir, pour une « dernière séance », de vous faire découvrir le théâtre ! 

Spectacles des élèves du TNS du 26 au 30 avril – Gratuit sur réservation – Plus d’infos 

Visites les samedi 14 mai (14h et 15h) et dimanche 15 mai (10h30 et 16h30) – Gratuit sur réservation – Plus d’infos 

Toutes les actualités culturelles en Alsace ici 

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