« Die Sonne scheint noch. »
Marianne Mispelaëre
Le projet présenté par Marianne Mispelaëre à l’Espace international du CEAAC s’inscrit dans la continuité de ses observations politiques du monde contemporain.
L’artiste entend regrouper pour cette exposition un ensemble de questions, recherches et expérimentations menées durant sa résidence à Francfort de janvier à mars 2021. S’intéressant aux récits et aux gestes alternatifs, Marianne Mispelaëre s’est notamment penchée sur les formes de résistances liées à l’histoire allemande et à la puissance que possèdent nos présences physiques.
Le titre de son exposition fait écho aux derniers mots rapportés de Sophie Scholl, résistante allemande au nazisme, membre du réseau « La Rose blanche » (Die Weiße Rose), avant son exécution.
Pour ce projet, l’artiste observe des corps dans l’attente, dont la présence se veut langage. Des corps fragiles – certains éprouvent l’enfermement, écrivent, quand d’autres s’expriment dans l’espace public par le biais de gestes banals, quasi invisibles. Des corps qui infusent la société plutôt que de s’imposer à elle par le spectaculaire de leurs actes.
Est-ce de la sidération ?
Est-ce de la méditation ?
Est-ce de l’action ?
Est-ce de l’hypnose ?
Quelles attitudes, déjouant les codes de la manifestation et de la rébellion, tentent de repenser le champ de nos actions politiques par la discrétion, le minimum, le moindre geste, tout en étant porteuses de messages clairs et d’intentions fortes ? Par qui sont activés ces gestes et dans quels contextes ? Quels indices pour reconnaitre que quelque chose se passe, lorsqu’il ne se passe a priori rien ? Lorsqu’aucun mot n’est prononcé, aucun objet produit ni geste déployé, il ne reste plus qu’à tenter de lire le vide. Cette recherche artistique pense le silence et la traduction comme éléments politiques majeurs
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« Artist’s Lament »
Kristin Reiman
 
La complainte est l’expression passionnée d’un chagrin, pouvant prendre la forme d’un poème ou d’une chanson. Le deuil qu’elle révèle ne porte pas nécessairement sur la mort, et peut avoir trait à la disparition de quelque chose ou à un réel aveu de détresse. Elle peut aussi être liée à une perte de motivation ou un sentiment d’enlisement dans une désagréable spirale.
La complainte est souvent reconnaissable à l’expression d’une pensée sombre, en boucle. Musicalement, elle peut être convoquée par l’utilisation de gammes mineures et de basses de lamentation — des tétracordes descendantes représentant cette triste émotion. Une complainte construit une vraie tension dans la répétition, mais ne se résout pas — elle dépeint un état émotif sans issue.
Tout au long de sa résidence au CEAAC à Strasbourg, Kristin Reiman a développé l’écriture d’une pièce pour chœur, une compilation de petites lamentations allant de ruminations sur le syndrome de l’imposteur — lorsque le mieux que l’on puisse faire n’est jamais assez bon — à l’espoir d’épuiser son médium et ses ambitions. Les textes écrits à la première personne sont retransmis par un agrégat de voix sous forme de chorale.
Traditionnellement utilisée pour témoigner du patriotisme ou des grands récits religieux, elle devient ici le moyen de donner du poids à la verbalisation des difficultés de l’artiste à réaliser une œuvre. La pièce sonore ne se résout jamais et tourne en boucle dans une réflexion sans fin.
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Informations pratiques :
Expositions présentées du 13.01.2022 au 20.02.2022
Vernissage 13.01.2022, 18h30
Mer – Dim, 14h – 18h
Entrée libre
Plus d’infos
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