© Bartosch Salmanski - 128db.fr

La région est sujette à de nombreuses légendes alsaciennes. Terre germanique et celtique, l’Alsace regorge de monuments, créatures et rochers mystiques aux histoires les plus intrigantes les unes que les autres. On vous laisse découvrir ces histoires fantastiques qui émerveilleront les plus grands comme les plus petits :

Autour des châteaux forts

La Dame Blanche du Hohenbourg

Une bien triste histoire enveloppe le château. Mais c’est à la source du « Maïdebrunne » qu’il faut se rendre pour en entendre le récit. Aujourd’hui, avec l’assèchement progressif des sources, ce n’est qu’un bien faible filet d’eau qui s’écoule. Mais autrefois, la source fut témoin d’un amour malheureux.

Les seigneurs du Wegeinburg et du Hohenburg étaient depuis longtemps des ennemis acharnés. Mais il arriva que le damoiseau Robert de Wegehiburg tomba amoureux d’Edwige, la fille du seigneur de Hohenburg. Cet amour était né par hasard. Un jour, alors qu’Edwige rêvait près de cette source, surgit un sanglier qui chargea la damoiselle. Robert, fougueux chasseur qui traquait la bête, se précipita et d’un coup d’épieu terrassa le sanglier.

Ce fut ainsi la naissance d’un bel amour. Les deux jeunes gens cachèrent leur idylle, mais se retrouvaient régulièrement près de cette source pour échanger de doux propos. Et l’idylle dura jusqu’au jour où le seigneur de Hohenburg surprit sa fille dans les bras du fils de l’ennemi juré. La colère l’emporta et il tua Robert d’un coup d’épée au coeur. Edwige ne survécut pas à son chagrin, elle s’effondra à l’instant même, unie à son bien-aimé dans la mort. Depuis ce terrible jour poussent près de notre source deux touffes de myosotis. En alsacien ces fleurettes sont surnommées « Vergissmi nit », ne m’oublie pas !

Il n’est pas rare, qu’à la tombée de la nuit, on puisse apercevoir ici une ombre blanche flottant autour du Maïdebrunne ; c’est le fantôme d’Edwige qui quitte les souterrains du Hohenburg pour revenir sur les lieux de son amour. Là elle chante une douce complainte, mêlant ses larmes au miroir de l’eau. Et lentement sa voix s’envole comme le murmure du vent pour surprendre par sa beauté le promeneur attardé…

Les frères Ribeaupierre et Ribeauvillé

Deux seigneurs, qui étaient frères, vivaient jadis dans deux châteaux élevés face à face : le Saint Ulrich et le Girsberg. Depuis leur tendre enfance, ces deux hommes s’entendaient parfaitement bien. Ils s’estimaient mutuellement et partageaient la majorité de leurs loisirs : ils n’aimaient rien tant que chasser ensemble et déguster des banquets. Si, parfois, ils se disputaient un peu, leurs querelles ne duraient jamais, et ils se réconciliaient en riant au bout de quelques heures.

Comme leurs demeures n’étaient guère éloignées l’une de l’autre, ils avaient pris l’habitude, chaque matin, de se réveiller d’une façon tout à fait originale : le premier debout lançait, avec son arc, une flèche sur le volet du second pour lui signifier qu’il était temps de se lever.
Cependant, le plus jeune tomba un jour amoureux de la fille du roi des ménétriers, ces musiciens ambulants qui, à l’époque, animaient les fêtes dans les villages comme dans les châteaux. L’aîné, très fâché par ce qu’il considérait comme la perspective d’une mésalliance, se mit en colère. C’est en mauvais terme que chacun regagna son château. Après une nuit à cogiter et à sen vouloir, l’aîné tira la flèche de réveil au volet de son frère.

Tragiquement, c’est au même moment que son frère ouvrit à son tour la fenêtre et reçut droit dans le cœur la flèche. Fou de douleur, le jeune homme disparut dans la forêt, et on ne le revit plus jamais.
Mais les légendes alsaciennes racontent que chaque année, à l’anniversaire de ce triste jour d’octobre, on entendait, depuis la tombée de la nuit et jusqu’à l’aurore, les échos d’une chasse infernale dans la montagne autour des deux châteaux. On se remémorait alors tristement l’aventure des deux frères maudits, et personne ne se risquait à sortir jusqu’à ce que le jour soit levé, de peur d’être emporté par les fantômes.

Nos citées

Le lac souterrain de la Cathédrale de Strasbourg

Les fondations de la Cathédrale débutent en 1015 et s’achèvent en 1028. Soit près de treize années, uniquement pour mettre en place les fondations. Le délai fut causé par la largeur du bâtiment, mais surtout par les infiltrations de l’Ill et du Rhin. Pourtant, les fondations furent pourtant creusées à plus de 23 pieds de profondeur !

Les légendes alsaciennes voudraient qu’un véritable lac, où l’on peut se promener en barque, s’étende sur tout le long de la Cathédrale. Certains ont tenté d’y pénétrer.

En 1681, un soldat de Louis XIV appris qu’un puits donnait accès au lac. À l’époque, le puits se situait à l’intérieur d’un sombre bas-fond situé face à la Cathédrale. Aujourd’hui, à la place de cet obscur troquet, se situe la Boutique Culture de Strasbourg. Pour certains, ce puits serait le « Kindelsbrunnen » (séjour des âmes trépassées), une cavité où les âmes meurent. Pas vraiment joyeux…
Lorsque le soldat se retrouva coincé à l’intérieur, il s’écria : « Au nom du Ciel, bouchez ce puits ! Et qu’aucun homme ne suive jamais mon exemple ! ». On ne le revit plus jamais. D’autres tentèrent d’atteindre le-dit lac via ce même puits. Aucun n’est revenu, jusqu’à ce qu’en 1766, les autorités décidèrent de fermer le puits pour la sécurité des strasbourgeois. 

Le Nachtkalb de Colmar

Les rues de la ville de Colmar connaissent des nuits perturbées par une étrange créature. C’est l’une des légendes alsaciennes les plus connues : le Nachtkalb, littéralement “veau de nuit“, dont personne n’a vraiment réussi à en définir la silhouette.
La nuit, il erre dans les rues de Colmar et prend un malin plaisir à agresser les ivrognes et autres noctambules zonant désespérément en ville. La collégiale Saint-Martin et le Koïfhus, fort en passage, sont ses lieux favoris. 
Le Nachtkalb attaque ses victimes par derrière et leur provoque des frayeurs telles que ces dernières tombent d’épuisement après leur fuite. Une fois rentrées chez elles, elles s’endorment et oublient toute leurs mésaventures. Au matin, elles se réveilleront piqué par de violents maux de têtes. 
La curiosité est un vilain défaut ! Malheur aux curieux qui voudraient observer la vache nocturne !

La Pluie de crucifix à Mulhouse

En l’an 1501, les Mulhousiens revenaient d’une messe dominicale. Soudain, le ciel s’assombrit, presque noir. Des éclairs transperçaient la nuit, sans un bruit. L’on raconte qu’un silence de mort régna, au milieu duquel un mugissement le pourfendit. Une vache noire, aux cornes d’argent, surgie de nul part, se mit à bondir à travers les rues, qu’elle éclairait de ses naseaux dont les flammes s’élançaient.

Puis, une pluie se mit à tomber, rouge tel que le soleil, comme du sang. La terreur se ressentait sans les yeux de chacun. Cette pluie formant des crucifix, tuait tous ceux dont le visage ou les mains étaient atteints. 
Alors que la pluie horrifiante cessa, on vit la vache noire aux cornes d’argent se désaltérant dans l’étang des moines. Rempli de courage, le bourreau sauta sur elle, pourfendant d’un coup la bête, de son glaive bénit.
Quand on voulut s’approcher de l’animal abattu, le corps avait disparu. Le soleil reprit alors sa couleur normal et la température redevient supportable. Le diable, avait-il joué un nouveau tour ?

A observer encore aujourd’hui

Le saut du Prince Charles

Un duc lorrain, le Prince Charles, aurait été l’auteur d’un acte incroyable. Une chasse qui fut particulièrement fructueuse le rendit euphorique de telle sorte qu’il sauta du haut du rocher avec son cheval. Les fers du cheval laissèrent des traces dans la roche encore visibles de nos jours. Les légendes alsaciennes raconte aussi que le duc était pourchassé par des ennemis jusqu’à être face au vide et n’avoir d’autre choix que de sauter. Quoi qu’il en soit, un tel exploit est gravé dans le sol alsacien à jamais.

L’Homme-Volant

En plein coeur de la vallée de Kaysersberg, entre les vignes fructueuses et la forêt profonde, on transmet depuis de nombreuses générations l’histoire de l’Homme-volant. Derrière ce nom se cache l’aventure fantastique d’un jeune vigneron kaysersbergeois.

Un jour de vendange, après avoir accompli le dur labeur de la récolte, une charmante jeune fille proposa au saisonnier de goûter un raisin fort appétissant. Se laissant ainsi charmé par la proposition de sa nouvelle amie et rempli de fougue, il croqua vigoureusement dans le fruit. 
Immédiatement après la première bouchée, il ressentit une chaleur monter en lui, et des ailes se mirent à sortir de son dos. Rapidement, il fût porté dans les airs, longeant la cime des arbres et s’élançant à travers la vallée.

Après avoir survolé le village, son périple se termina par-delà la rivière, sur une colline opposée au vignoble, en plein coeur de la forêt. Après avoir atterri, il tomba dans un profond sommeil qui allait durer plusieurs semaines. On raconte que son vol plané fût si épuisant qu’il en resta malade toute sa vie.

Pour commémorer cet évènement, les kaysersbergeois ont construit deux petites chapelles, une au bord des vignes et une seconde à l’endroit où il s’est posé, dans la forêt.
Ces Flieger-Kapelle sont encore visibles aujourd’hui.

Sainte Odile

C’est l’une des légendes alsaciennes les plus connues : Odile, fille d’Adalric, duc d’Alsace, vint au monde frêle et aveugle. Son père qui espérait un fils, ordonna la mort de l’enfant. Béresvinde, sa mère, réussit cependant à la sauver en l’envoyant au monastère de Baume-les-Dames. A 12 ans, Odile retrouva la vue par le baptême. Lorsque sa mère et son frère la firent revenir, le duc entra dans un nouvel excès de colère et tua son fils d’un coup de poignard. Pris de remords, il reconnut Odile et lui fit don de son château de Hohenbourg pour y établir un monastère. Odile en fut la première abbesse. La renommée des miracles qu’elle accomplissait se répandit au loin et les pélerins affluèrent.

Aujourd’hui encore, bien des personnes ayant des problèmes de visions viennent effectuer un pèlerinage à la source miraculeuse de la patronne de l’Alsace.

La porte de Pierre et le jardin des fées

La Porte de Pierre, Turgestell en alsacien, est un des rochers les plus remarquable des Vosges. Le vent, l’eau, le soleil et le gel ont façonné ce rocher pour en faire un arc de triomphe monumental. Autour de cette Porte de Pierre sont disposés plusieurs menhirs couchés et plusieurs bassins. Les légendes alsaciennes raconte que les Celtes ont certainement célébré à cet endroit leur culte aux dieux de la nature. La croyance populaire voyait dans la Porte de Pierre, l’entrée vers le « Pays Interdit ».

Quelques mètres plus bas se trouve le jardin des fées. On y trouve un menhir central de plus d’un mètre de hauteur, entouré par 7 autres menhirs abattus. A l’époque ces menhirs étaient posés de façon verticale de sorte à créer un cromlech (monument préhistorique formant une enceinte de pierres levées, généralement circulaire).

D’autres rochers portent d’étranges sculptures en forme d’assiette avec un trou central. Ces assiettes sont sculptées au bord des rochers et comprennent une rigole servant de bec verseur. La tradition populaire dit que les fées utilisaient ces meules pour préparer leurs philtres magiques.
Cependant aujourd’hui les archéologues voient dans ces sculptures des repères astronomiques servant de calendrier. L’archéologue Armand Kieffer estime que l’ensemble du site était un observatoire astronomique !

Une autre légende d’Alsace : les géants du Nideck

Si vous est friand de châteaux forts, ici on vous propose un petit tour d’horizon !

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