© © 2021 Steve Jimenez | Droit Réservé

Entretien par Laurie Moor

Steve Jimenez est un artiste contemporain vivant en Alsace, qui fait de l’expérience au monde, de ces incidents, et
la poésie qui en émerge, le centre de sa création. Immersion dans son univers énigmatique.

LM : Comment es-tu venu à la production artistique ?
SJ : La première fois, c’était pour un concours lorsque j’étais au collège. Il s’agissait de décorer une salle commune.
J’ai toujours aimé créer avec ce que je trouvais dans le garage. Ensuite, j’avais plusieurs emplois et j’ai fini par ne
plus faire que ça ! Très vite, en 2001, j’ai rencontré un collectif d’artistes qui m’a permis de partager un atelier et de
faire des expositions collective (Collectif Art Element Terre) à la maison Voltz à Kaysersberg au début, puis à
Bruxelles et dans notre propre espace d’art à Colmar.

LM : Quelles sont les techniques que tu utilises ?
SJ : J’utilise l’encre offset pour la série refuge, sans pinceau, je frappe mon support avec des branches et des
herbes. On pourrait appeler ça du « fouettage » … Je détourne la technique de l’impression mais à vrai dire, je ne
sais pas quel nom ça porte ! Ce n’est pas une reproduction mais c’est la matière qui laisse son empreinte directe,
sans la contrôler. J’ai une seule branche en main et chaque geste correspond à une marque. Ensuite, je change de
plantes : lilas, bambous, graminées… Entre autres techniques, j’utilise aussi le graphite, la gomme-laque, des
pigments pour tatouage, de la cire, de l’alcool à brûler et bientôt du sablage, de la tôle.

Steve Jimenez
© 2021 Steve Jimenez | Droit Réservé

LM : Quel est le « refuge » que tu as voulu symboliser dans ta série éponyme ?
L’histoire de la série « Refuge », c’était une première toile dont l’image m’est apparue. Dans l’instant suivant, j’ai
trouvé comment la concrétiser et je l’ai fait. La spontanéité est très importante dans cette série. Le concept m’est
venu en contemplant ce que j’avais fait, après coup. Ça a pris sens par après. Le refuge peut être physique, spirituel,
c’est un abri temporaire. Le lien avec le temps et le mouvement est fondamental dans la notion de refuge. Comme
tout un chacun, je vois le monde à travers les filtres que j’ai fabriqués : mes refuges.

Steve Jimenez
© 2021 Steve Jimenez | Droit Réservé

LM : Dans la série « As it is », quel rapport à la réalité as-tu voulu mettre en place ?
Tout comme « refuge », « As it is » n’est pas une réflexion, au départ. Je me rends juste disponible sans être dans le
mental. Un peu à la Jackson Pollock. La poésie me vient après… quoi qu’elle soit sentie dès le début. Depuis mon
enfance je trouve de la beauté dans les rebuts, les incidents. J’ai accroché chez moi une tôle et j’ai voulu agir sur ce
support. Les gens visitaient mon atelier et me demandaient ce que j’avais fait. Ils étaient déroutés car je leur disais
que je n’avais rien fait. C’est un réflexe de penser que l’artiste doit faire quelque chose. Mon geste était de ne rien
ajouter et de ne rien enlever, car au final, rien ne surpassa ce que j’ai ressenti lorsque je la vis la première fois. D’où
la série nommée « As it iS ».

LM : Quels sont tes projets à venir ?
Exposer aux États-Unis et en Asie, un fantasme pour le moment! La galerie Memojacq m’expose de façon
permanente à Bruxelles. J’aimerais beaucoup faire une résidence inscrite sous le signe du collectif.

Steve Jimenez est représenté par l’Art Gallery Memojacq. Rue Blaesstraat,94
1000 Brussel
Phone: +32(2)502 50 83
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