Proposé par Les Musées de la ville de Strasbourg en partenariat avec la HEAR, ce second volet de la double exposition de l’artiste Michel Aubry est à découvrir à L’Aubette 1928 jusqu’au 4 décembre 2021.

Depuis près de quarante ans, Michel Aubry place la dimension plurielle du jeu au cœur de sa production artistique, passant du jeu musical au jeu d’acteur et jusqu’aux salles de jeu. Occupant aujourd’hui une place singulière dans le monde de l’art contemporain en France, il entreprend de nous faire voyager dans un univers à la fois plastique, historique, cinématographique et musical.
Cette exposition audacieuse, intitulée « Der Große Spieler : ein Bild der Zeit » en hommage au personnage porté plusieurs fois à l’écran par Fritz Lang, le Docteur Mabuse, amène le visiteur, comme le spectateur du film, à apprécier la grande polysémie du mot jeu.


Faites vos jeux !
« Partout, la musique sera présente, si ce n’est que de manière fictionnelle », explique le plasticien mettant au point des systèmes de conversion harmonieuse. C’est le cas dans la Salle des fêtes de l’Aubette métamorphosée en salle de jeux avec des tables (revisitées par Michel Aubry) de billard, d’échecs ou de roulette française aux allures de partitions musicales.
Il y a aussi la Table militaire (table de bridge) de Gerrit Rietveld revisitée par l’artiste.
Son principe ? Le mobilier conçu par le designer néerlandais est « mis en musique » : certaines de ses parties structurelles ont été remplacées par des emblématiques roseaux de Sardaigne communément utilisés dans la fabrication traditionnelle d’instruments de musique sardes. « Chaque canne correspond à un son », selon l’artiste mélomane qui apprécie particulièrement ce type de lutherie où l’on « part à la recherche de cannes comme on va à la cueillette de champignons ». Une technique de facture légère qui lui sied bien et lui a notamment permis de réaliser son propre modèle, avec 200 cannes différentes, de la Tour Tatlin (Monument à la Troisième-Internationale, 1921). Une fois les croupiers à leur poste, le public pourra, lors de soirées, activer cet espace de jeu… et peut-être entendre la sonate des heureux gagnants.


La Grande Illusion
Le Foyer-bar rassemble du mobilier – dont l’iconique Chaise rouge et bleue – de Gerrit Rietveld, membre de De Stijl, redésigné et mis en musique par Michel Aubry à l’aide de ses cannes de Sardaigne. Équipés de anches (13 pour le fauteuil de 1919 revisité par l’artiste), ces meubles entrent en dialogue avec l’espace décoré par Sophie Taeuber-Arp et ses compositions géométriques d’aplats colorés.
Michel Aubry se réjouit de voir le fruit du travail de tant d’années réunit ici, les œuvres datant de 1998 à aujourd’hui. Le Ciné-dancing de l’Aubette sera réactivé grâce à la programmation de ses “répliqûres” (La Grande illusion, revue en fantaisie militaire, Les Disparus de Saint-Agil…) ou “dialogues fictifs”, notamment entre Dürer et Beuys, figures déjà évoquées à La Chaufferie. Ses films sont marqués par la présence de son acteur fétiche, le performer David Legrand, plus Erich von Stroheim que nature, mais endossant bien d’autres rôles.
Emmanuel Dosda / extraits

Commissariat d’exposition :
Barbara Forest, conservatrice du patrimoine et responsable de l’Aubette 1928

L’Aubette 1928
31 place Kléber — Strasbourg
Exposition ouverte jusqu’au sam. 4 décembre 2021

L’Aubette 1928

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