En vue d’un article sur le pouvoir de la culture et son caractère essentiel, à l’heure où tout son monde se voit oublié des considérations du gouvernement, dédaigné, nous faisons le choix d’une prise de recul, craignant de ne pouvoir compter sur une retenue mesurée. Nous décidons alors de revenir sur nos sacrifiés d’avril dernier que nous vous présentons ici. Trois sacrifiés d’une liste que nous ne préférons pas faire, tant le doute d’une issue proche se fait sentir. Mais qu’à cela ne tienne, pourra-t-on peut être voir le Cinéma se réinventer, comme il l’a toujours fait ? À n’en pas douter.

Brooklyn Secret d’Isabel Sandoval

Olivia, jeune immigrée sans papiers philippine et transgenre, travaille comme soignante auprès d’Olga, octogénaire russo-américaine. Brooklyn Secret convainc à de nombreux égards mais ne saurait être réduit à chacun d’entre eux, tant il est saisissant et touchant. Récit politique et tout en subtilité, on comprend en filigrane ce que doit ressentir la protagoniste au lendemain de l’élection de Trump. Récit amoureux, on crève de vivre la sensualité naissante entre Olivia et Alex. Déjouant les attentes, l’œuvre est une belle et puissante réussite.

Le petit + : Eamon Farren, interprète de Richard Horne dans Twin Peaks : The Return !

Radioactive de Marjane Satrapi 

La vie de Marie Curie fascine et à raisons, mais prenez garde, vous n’apprendrez rien de bien nouveau dans Radioactive. À trop vouloir en dire sur la vie de la scientifique qui a découvert la radioactivité, le film ne devient qu’une tristement ennuyeuse reconstruction bien trop superficielle. Un regrettable choix de langue anglaise, ce même pour les (trop lourds) flash-back supposés en polonais, et malgré un récit qui se déroule entièrement à Paris. Rosamund Pike ne sauve pas la mise avec une interprétation (à notre sens) surjouée.

Le petit + : un beau travail de costumes d’époque.

Abou Leila d’Amin Sidi-Boumediène 

Algérie, 1994. S. et Lotfi, deux amis d’enfance, traversent le désert à la recherche d’Abou Leila, un supposé dangereux criminel. La quête semble absurde et finalement c’est le film qui nous tire vers un délire hallucinant où l’on ne sait pas toujours ce que l’on voit. Mais qu’à cela ne tienne, le récit est si intense (et métaphoriquement fournit) qu’à aucun moment il ne nous lâche, bien au contraire, il nous transporte.

Le petit + : un premier film nous assure une chose : on a hâte de voir ce que l’avenir professionnel du réalisateur nous réserve !

 

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