© Michel-Ange d’AndreÏ Konchalovsky

Ce qu’il ne fallait pas manquer : Honeyland de Tamara Kotevska et Ljubomir Stefanov

Au creux des montagnes désertiques de Macédoine, Hatidze s’aventure afin d’y récolter traditionnellement du miel. Véritable « fable lyrique et écologique », ce documentaire, qui aura mis trois ans à voir le jour, est le portrait d’une apicultrice passionnée attentive à l’environnement. Il est une mise en question/accusation de la logique des industriels, animés par l’obsession de rentabilité, au dépend de la préservation de l’écosystème et de ceux qui refusent le rythme effréné de la surproduction. Libre et fort, Honeyland observe les liens et les rapports, ceux qui se tissent autour de la transmission d’un savoir, d’une fille et de sa mère malade. Du « fragile équilibre entre l’Homme et la nature ». Une œuvre d’une poésie et d’une modestie certaine.

Le petit + : Grand Prix du Jury – Documentaire étranger au Sundance Film Festival 2019

Ce que vous auriez dû manquer : Tenet de Christopher Nolan

Ne vous y méprenez pas, ce « blockbuster d’auteur » de Nolan n’est pas mauvais. Récit d’espionnage aux allures de science-fiction, il est rythmé par de multiples effets spéciaux et scènes d’actions qui lui garantissent une prouesse technique et ainsi, une forte intensité (de quoi dépenser les 250 millions de dollars de budget alloués…). Ceci dit, si l’impression de vertige peut se faire agréable, le scénario assez fumeux et la vacuité analytique du temps (motif de prédilection du cinéaste), font de Tenet un film un tant soit peu superficiel qui se perd en conjectures. Complexité n’est pas gage de qualité.

Le petit + : rassurez-vous, John David Washington, interprète du protagoniste, le dit lui-même « J’ai cru que j’avais compris, mais non ».

 

 À ne pas manquer : Michel-Ange d’AndreÏ Konchalovsky (sortie le 21 octobre)

Une œuvre de reconstitution historique est chose délicate. Ce à de nombreux égards : en termes de fidélité, d’exotisme ou d’originalité (certaines périodes, en l’occurrence ici la Renaissance, ont été abondamment représentées). Néanmoins, le cinéaste russe parvient avec une solide maîtrise à éviter tous les écueils du genre et propose « une vision ». En un véritable tour de force, jamais l’artiste sculpteur peintre et architecte n’est montré à l’œuvre. Le film s’intéresse davantage à ce qui permet la création (matières, ouvriers, finances…), à l’humanité de Michel-Ange, génie terrible et nerveux, et à ses relations avec les puissantes et rivales familles mécènes.

Le petit + : Au sein d’une composition de plans tels des tableaux et par des jeux de lumières, une photographie qui nous laisse Rome à « sentir ».

 

 

L’agenda culturel alsacien dans ta boîte mail. S'inscrire à la newsletter Coze

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation des cookies pour disposer de services et d'offres adaptés à vos centres d'intérêts.