© Lili Tarentule

AIDA Galerie présente les réalisations proposées par plusieurs candidats aux Artistes Indépendants d’Alsace (AIDA), pour une exposition associant diverses formes d’art visuel. 4 artistes s’exposent aux regards du public en même temps qu’à l’avis du Comité de l’association, chargé d’évaluer les candidatures. Une occasion de découvrir de nouveaux talents… Après cette expo, les artistes dont la candidature aura été approuvée seront membres de l’AIDA. Ils seront représentés par AIDA Galerie, où ils pourront, s’ils le souhaitent, exposer régulièrement leurs travaux.

Jean-Pierre Balloué (peinture)
Plutôt que de peinture, c’est plus volontiers de « dé-peinture » qu’il parle en évoquant sa pratique. En partant d’une toile de format carré peinte à l’acrylique noir, sa méthode consiste en effet à en attaquer la surface par diverses moyens d’abrasion pour y faireapparaître des formes géométriques simples, des grisailles, des marbrures, des moirures, des halots et des textures évoquant diverses matières. Résultat de l’application et de la répétition de ce protocole, le mode d’expression est par nature dépouillé, conceptuel et minimaliste. Il ne s’autorise en fait, comme sources principales de richesse, que l’évocation de textures bien reconnaissables, tel que celles du bois, de la pierre ou du métal, l’emploi parcimonieux de l’or et la suggestion très mesurée du mouvement et de la vitesse. La fidélité répétitive à cette pratique soulève finalement pour le regardeur deux sources d’intérêt :
– la première tient à l’irréductible trouée subsistant entre la rigueur d’application du protocole et l’irruption du hasard, de l’aléatoire ou de l’accident, trouée par laquelle quelque chose surgit qui est de l’ordre du vivant.
– la seconde réside dans la tension, mise en lumière par cette pratique minimaliste et conceptuelle, entre la chose représentée et l’objet concret qui la représente.

Cecilia Chavarria (arts visuels)
Originaire du Costa Rica et installée en France depuis 2002, elle réalise des œuvres sur papier où s’impose un mariage de textures : textures graphiques, réalisées au crayon de couleur et au feutre, textures réalisées en tissages de laines de couleur intégrés aux graphismes. Les motifs sont principalement des paysages, accompagnés de quelques figures humaines. Ils sont réduits à des formes géométriques très simplifiées, ce qui porte les compositions à une épure proche de l’abstraction, éloignée de toute représentation réaliste. Ce mode de composition permet de bien valoriser les différentes qualités de textures, qui prennent tout le champ pour faire vibrer leurs couleurs. Il émane des compositions ainsi réalisées une forme de douceur, générée à la
fois par les choix des couleurs, par les nuances apportées par les effets trames et par l’infinie patience qu’il a manifestement fallu pour composer jusqu’au bout tous ces jeux de textures.

Yolande Ruffenach-Jung (collages)
Cartons, papiers divers, papier à musique, grillages, bois… Tels sont les matériaux qu’elle collecte pour réaliser ses collages, auxquels se mêlent graphismes et calligraphies. Il s’agit de compositions abstraites, empreintes de sensibilité, d’équilibre et de poésie. Les agencements de ces différentes matières, à l’échelle de formats pourtant modestes en général, apportent à ses collages une dimension d’espace et de profondeur, tout en observant une stricte économie de moyens. Ayant bénéficié des enseignements de Gérard Gachet et d’André Bricka à l’Ecoledes Arts Décoratifs de Strasbourg (aujourd’hui Haute Ecole des Arts du Rhin), elle est également auteure et illustratrice de livres pour la jeunesse, après avoir assuré une carrière d’institutrice.

Lili Tarentule (peinture)
A l’aide de papiers déchirés, froissés et collés retravaillés à l’encre, elle réalise, en superposant peu à peu des couches successives de matière, des paysages imaginaires et oniriques et des formes épurées évoquant des présences animales. Chaque couche posée appelle la suivante, cette succession permettant d’établir peu à peu des lignes de construction et de faire surgir le frémissement de la vie. Au total, il s’agit d’une proposition plus en suggestions qu’en représentations, nécessitant pour le regardeur de marquer un temps d’arrêt, d’accepter de se mettre en mode contemplatif et de laisser son imagination aller. Elle compte parmi ses références artistiques : Mark Rotko pour la vibration générée par ses surfaces colorées, William Turner pour sa sensibilité aux atmosphères et à la lumière ainsi que les estampes japonaises pour leur minutieuse précision.

Galerie Aida
130 Grand’Rue à Strasbourg
http://www.aida-galerie.com/

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