Du 06 novembre au 15 décembre 2020
À l’Espace Lézard – Colmar
Vernissage le vendredi 06 novembre à 18h30

«Les personnages que Christophe Hohler met en scène ont quelque chose de fascinant. Le terme de fascinant ne rend pourtant pas avec suf samment de précision ce qui se produit exactement au moment où nos yeux se posent sur ces personnages. En fait, ces frêles silhouettes s’offrent à nous avec une évidence si déconcertante

En contemplant ces êtres désarmés, saisis à des moments anodins de leur existence, nous réalisons combien nos regards sont conditionnés, entravés. Depuis longtemps, les convenances ont recommandé de ne pas dévisager avec trop d’insistance nos semblables. Ne doit-on pas soigneusement éviter de croiser trop longtemps un regard ? La bienséance nous interdirait-elle aujourd’hui de voir l’autre (de le comprendre) ?

Christophe Hohler lève ce tabou, en tant qu’artiste, en tant qu’homme, il refuse de se conformer à ce genre de convention. Alors, quand on lui pose la question d’où proviennent toutes ses gures, l’artiste répond en toute simplicité « c’est en peignant que le sujet se révèle ». Voilà un certain temps, en effet, qu’il n’a plus besoin de modèle devant lui pour donner un corps à ses silhouettes. C’est que sa vigilance mentale mobilise sa mémoire visuelle et son empathie. Cette fusion guide ses mains, et en quelques traces fulgurantes surgissent Celui-ci, Personnage 12-01, Individu 1, Groupe de réfugiés… 

Car il peint vite, très vite. Il faut l’avoir vu, ne serait-ce qu’une fois : en quelques lignes colorées, il invente un corps et lui assure l’allure désirée.

que nous en sommes bouleversés.

On comprend alors qu’il a intégré une multitude d’observations et qu’il a mémorisé les formes que peuvent prendre certains états psychiques. Et il les érige en véritables images symptomatiques. Il modèle la gure avec son jaune, avec le bleu, le rouge. Le rouge surtout, celui de la vie.

« C’est en peignant que le sujet se révèle »… Il ne cherche pas l’individualité, ni la ressemblance, il débusque, avec une précision infaillible qui lui est propre l’humanité dans les êtres. Il en capte une part intime, leur fragilité, leur dignité lumineuse. Celle que nous refusons de voir et qui justement ici nous fascine. »

Claude Rossignol

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