© Ben Pi

Le Velvet Underground, bien sûr, mais aussi les radioactifs Kraftwerk, Eddie Cochran, Gene Vincent ou les Troggs : au sein de Kat Onoma ou en solo, Rodolphe Burger apprécie l’exercice de la reprise… qui étonne ici. Nous savions l’artiste alsacien épris des sonorités rock choucroute de Can et sa relecture du tube du groupe – le magique Mushroom – n’est que justice rendue à une influence majeure. Nous sommes plus surpris, et c’est tant mieux, par sa version de Ba Ba Boom des Jamaïcans ou de Fuzzy de Grant Lee Buffalo. S’il livre le fruit d’un retour au bercail avec ces quatorze titres enregistrés dans son studio de Sainte-Marie-aux-Mines, voilà un Rodolphe Burger qui s’avère rocksteady, plus soul que jamais, errant dans la forêt de Haguenau et surtout aux alentours de son domaine familial pour un trip qui nous fait défaillir au ralenti.

Ce disque retour aux sources, hommage à son fief et aux Environs est paradoxalement le plus ouvert de ses albums, étonnant mashup des idôles du musicien qui laisse errer sa voix profonde, trébuchante (Valse hésitation) ou conquérante (Le Chant des pistes) à travers bois, sur les sentiers du Col du Bonhomme. On perd le nord dans le rock lettré mais non balisé de Burger, épaulé par ses camarades de Club vosgien perso, la contrebassiste-alpiniste Sarah Murcia, le grand duc des GR Bertrand Belin ou feu Christophe, le temps d’une bal(l)ade de Chambre. Une mortelle randonnée parfumée à l’humus avec Schubert et Büchner. Déboussolant. 

Environs, édité par Dernière Bande (sortie le 26 juin).
En concert samedi 05 décembre à La Laiterie .

Emmanuel Dosda

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