© Maxime Marion

Vous avez déjà écumé tout le catalogue Netflix, nettoyé votre maison/appartement, lu tous les livres de votre bibliothèque… Pas de panique ! Nous avons en réserve des idées originales pour vous faire passer des moments amusants et ludiques. Connaissez vous le stop motion ?

Petite introduction :

L’animation en volume (en anglais stop motion) est une technique d’animation utilisée avec des objets réels, dotés de volume. Alors que les objets sont immobiles en eux-mêmes, cette technique permet de créer l’illusion qu’ils sont dotés d’un mouvement naturel. Différents types d’objets sont utilisés à cette fin : des figurines articulées, des maquettes articulées, du papier plié, de la pâte à modeler, etc. Des exemples célèbres de films ayant recouru à cette technique sont King Kong (1933), de nombreux films fantastiques de la seconde moitié du XXe siècle dont ceux du célèbre Ray Harryhausen (1920-2013) ou, plus récemment, L’Île aux chiens (2018), de Wes Anderson, parmi bien d’autres exemples.
source : wikipedia.org

Ça vous tente de vous essayer à cet exercice ?

En tout cas, nous on a voulu en savoir un peu plus avant de nous lancer. C’est pourquoi, nous avons invité le spécialiste alsacien de cette discipline, Maxime Marion – qui a notamment remporté en 2018 un Hopl’Awards dans la production audio-visuelle avec le film Lego Moutons , qu’il a réalisé et animé – à nous en dire un peu plus.

Coze : Bonjour Maxime, pour commencer, pourriez-vous nous expliquer en quelques mots comment ça fonctionne le stop motion ?
Maxime Marion : L’animation stop motion consiste à créer du mouvement à partir d’une série d’images fixes. N’importe qui avec un appareil photo ou un smartphone peut créer facilement de l’animation… avec un peu de patience tout de même ! Le principe est simple : on place un objet devant l’appareil photo ; on déclenche ; on fait bouger l’objet légèrement ; on déclenche ; on fait encore bouger légèrement l’objet ; on déclenche etc. En faisant défiler les images suffisamment vite, on voit l’objet se mettre à bouger. À la place des objets, on peut aussi demander à des acteurs de jouer le jeu de l’animation : on appelle cette technique « pixilation ».

Coze : De quoi avons nous besoin pour en faire ?

Maxime Marion : Pour la prise de vue, comme je le disais : un appareil photo ou un smartphone suffisent, de même pour la webcam. Le principe c’est d’avoir un cadre aussi fixe que possible. Si vous avez un trépied c’est parfait, sinon il faudra envisager de caler l’appareil sur une chaise, une table etc. Sur smartphone, il y a la très bonne (et gratuite !) application « Animation en Volume » qui permet facilement de visualiser l’animation en cours, et de faire défiler les photos à la vitesse souhaitée. Il est possible de brancher son appareil photo sur ordinateur (via un câble USB) et d’utiliser un logiciel comme MonkeyJam par exemple. Pour les possesseurs de WebCam, le logiciel Héron Animation est un must. Avant de passer à la « production », j’encourage chacun à faire des tests, afin de se familiariser avec l’application et la technique.

Coze : Et donc, concrètement, comment on procède ?
Maxime Marion : Déjà, il faut s’assurer d’avoir le moins possible de lumière extérieure pendant qu’on anime. Car le passage d’un nuage, ou la simple course du soleil, vont chambouler la lumière d’une photo à l’autre. Mieux vaut fermer les volets ! Si on décide de faire un film à petite échelle (avec des jouets, par exemple) l’utilisation d’une lampe de bureau pour éclairer personnages et décors sera recommandée. Une fois que l’appareil est opérationnel, qu’on a fermé les volets, que les décors et personnages sont prêts et placés… On anime ! Ma recommandation si on veut une animation fluide : il faut toujours décomposer les mouvements. Une ou deux photos par geste ne suffisent généralement pas pour bien comprendre ce qui se passe à l’écran. Il faut généralement décomposer chaque mouvement en un minimum de photos (4 ou 5 au moins). On n’est pas obligé de faire tout le film avec un seul plan de caméra. On peut déplacer l’appareil de prise de vue de temps à autres pour donner de la dynamique à son film. C’est agréable, même quand on n’est pas expert, de voir son film prendre forme progressivement.

Coze : Une fois que toutes les images sont enregistrées, comment on monte tout ça ?
Maxime Marion : C’est là que tous les logiciels sus-mentionnés sont chouettes : on peut directement exporter l’animation sous forme de fichier vidéo, que l’on va pouvoir partager facilement avec sa famille ou sur les réseaux sociaux.
 
Coze : Avez-vous d’autres conseils à apporter à nos lecteurs ?

Un conseil que je donne systématiquement, c’est de ne pas juste « animer pour animer ». Raconter une histoire en image, c’est tellement plus plaisant ; autant à faire qu’à regarder. Réfléchissez à une histoire, aussi simple soit-elle (un gag ? une petite aventure ?). Et aussi, ne soyez pas trop gourmands. Vous n’aurez certainement pas produit un film d’1h30 ce soir. Et malheureusement, je doute même que vous avoisiniez le film de 10 minutes après un week-end de travail intensif. À titre indicatif, sur des projets professionnels je produis à peu près 40 secondes d’animation par semaine. Ça fait relativiser ! Malgré tout le temps nécessaire, c’est un véritable bonheur de voir objets et jouets prendre vie sur l’écran. Cela justifie les longues minutes (ou… les heures !) nécessaires à l’animation. Si vous créez des animations et que vous les partagez sur les réseaux sociaux, n’hésitez pas à m’y tagger : MXM – Maxime Marion sur Facebook et @maximemarionmxm sur Instagram. J’y jetterai un coup d’oeil et vous donnerez des conseils pour vous améliorer ! Restez confinés et amusez-vous bien !

Avant de vous y mettre, prenez le temps de découvrir quelques unes de ces réalisations : 

LEGO Goldman – Envole Môa

FREEZ! #1 Visite Radicale 

Pirates vs. Friends Amusement Park – The Misadventures of Brickbeard

Henri & Edmond – Plastic Love

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