© Les Misérables de Ladj Ly

Pour passer le temps, de nombreuses idées s’offrent à vous : faire un peu de sport, du tri dans vos affaires, lire des livres… et regarder des films !

Depuis des années, Coze Magazine vous propose chaque mois une sélection de films à découvrir au cinéma. Si vous avez du mal à faire votre choix parmi les milliers de propositions, (re)découvrez les films mis à l’honneur par notre critique cinéma Lauriane Albouy de décembre 2017 à décembre 2019. 

Films classés du plus récent au plus ancien

Une vie cachée
de Terrence Malick

Disponible en VOD le 15 avril


Inspiré de faits réels, Une vie cachée revient sur la période sombre du régime hitlérien. Au coeur de l’Autriche rurale, Franz Jägerstätter refuse de prêter allégeance au chancelier ne pouvant se résoudre à se battre au côté des nazis. Accusé de trahison il est enlevé à sa famille. Avec modestie mais non sans force le réalisateur retrouve ses thèmes de prédilection, famille, nature, spiritualité. 

Le petit + : l’aimé et regretté Bruno Ganz

Les Misérables
de Ladj Ly

Disponible en VOD le 25 mars


Au coeur de la cité du 93 oeuvre la Brigade Anti-Criminalité que vient d’intégrer Stéphane. Documentaire, le film dépeint le quotidien des banlieues, un territoire en perdition. Loin d’être manichéen, Les Misérables dresse le tableau d’une France où l’absence de dialogue, la violence et la misère ne promettent qu’un funeste destin. Fiction, le film devient un véritable et puissant western urbain aux qualités esthétiques certaines !

Le petit + : Kourtrajmé 

J’ai perdu mon corps
de Jérémy Clapin


Ô joie, que de voir le cinéma d’animation français sur nos écrans. Oui, il a à dire, à montrer, à nous faire vivre. Ici, c’est plein d’audace que Jérémy Clapin nous livre, entre autres, l’aventure d’une main partie à la recherche de son corps. Jamais le film ne nous perd, grâce à une mise en scène remarquable, un montage fluide et une virtuosité certaine. Se jouant de l’idée d’un destin préconçu, J’ai perdu mon corps voyage entre les genres, libre. Que c’est bon.

Le petit + : adaptation du roman Happy Hand

Joker
de Todd Phillips


Certains n’en attendaient rien. Que le réalisateur des //Very Bad Trip// s’aventure dans les méandres de l’esprit aliéné du Joker en a surpris plus d’un. Et pourtant. Et comment ? Un nom, Joaquin Phoenix. Non pas que le film ne tienne qu’à son interprétation : priver le film de super héros, d’une vision hollywoodienne trop souvent manichéenne, offre un souffle nouveau à l’univers des comics. Néanmoins, qu’en aurait-il été sans l’époustouflant acteur ? La question ne se pose pas, Phoenix est le Joker, point barre.

Le petit + : la BO !

Papicha
de Mounia Meddour


La résistance sociale face à des groupes radicaux et conservateurs a bien des formes. Pour Nedjma, étudiante de 18 ans à Alger au début de la guerre civile, l’indépendance prend des allures de défilé de mode. Loin d’un discours misérabiliste, et avec humour, Papicha met en avant le courage de ceux qui, non résignés à vivre sous le joug d’intégristes religieux, demeurent candides et furieux de vivre heureux, libres.

Le petit + : légère autobiographie de la réalisatrice

Tu mérites un amour
de Hafsia Herzi


Le deuil amoureux, intemporel et universel, n’a eu de cesse d’inspirer les récits de toutes formes. Si bien que le motif s’est quelque peu essoufflé à force de redondances. Mais ne vous méprenez pas, Tu mérites un amour n’est pas de ceux-là. Subtil et sincère, le film compose un portrait contemporain d’une jeunesse en quête de sens, de liberté. Sa caméra scrute habilement les corps de Lila et de ses amis, et de sa naïveté certaine émane un charme puissant.

Le petit + : réalisatrice-actrice

Bacurau
de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles


D’une atroce résonance avec l’actualité du Brésil, Bacurau prend pour décor un village isolé au milieu des forêts, étrangement disparu des cartes. Endeuillés par la disparition de leur matriarche, les habitants font face à d’étranges phénomènes. Après l’introduction des enjeux, le film s’abandonne à un jeu des genres pour le moins intense sur un ton engagé, un puissant « appel à la résistance ».

Le petit + : pas sûr que Jair Bolsonaro aille le voir

Perdrix
d’Erwan Le Duc


Que se passe-t-il lorsqu’un élément fait irruption et s’installe dans une vie que l’on a cessé de mener autrement que dans la monotonie et la routine ? Lorsque Juliette, farouche nomade, débarque dans la station thermale où Pierre Perdrix, commissaire, vit avec sa famille dysfonctionnelle, les réalités de chacun sont bousculées. Une comédie romantique qui vit avec entrain de ses drôleries et de ses extravagances. Des nudistes révolutionnaires vous dites ?

Le petit + : tourné dans les Vosges

Contre ton cœur
de Teresa Villaverde


Contre ton cœur dépeint et dénonce une dure réalité, celle des conséquences ravageuses d’un système économique qui écrase les individus de la société et leurs liens. Au Portugal, Marta vit avec ses parents, mais chacun, affecté par un quotidien précaire et difficile, tend à s’isoler toujours un peu plus. Avec sobriété (et brio) et sans misérabilisme, la réalisatrice capte ces solitudes douloureuses.

Le petit + : réalisatrice importante de la jeune génération de cinéastes portugais des années 90.

Fugue
d’Agnieszka Smoczynska


Après deux ans d’absence inexpliquée et une apparente « fugue dissociative » Kinga, désormais Alicja, rentre auprès des siens amnésique. Comment réinvestir un quotidien dont on ne sait plus rien ? Avec subtilité musicale et lenteur, mais non sans force, Fugue met en scène la quête identitaire, la nécessité d’évasion et la culpabilité qui en découle. Le film interroge et nous amène, puisque ne répond, à de belles ouvertures.

Le petit + : révélation de la Semaine de la critique 2018

Tremblements
de Jayro Bustamante


« Ne pas se laisser duper par ce qu’on croit être le bonheur » dit-on à Pablo homme marié père de deux enfants. Mais quel est-il ? Au sein d’une société guatémaltèque homophobe et machiste, il ne peut être de ceux qu’il ressent aux côtés de Francisco dont il est tombé amoureux. Forcé par sa famille évangéliste, il suit une thérapie de réorientation sexuelle. Touchant, le film engagé dépeint le lourd portrait d’une société dans son absurdité la plus totale.

Le petit + : somptueuse photographie

Los Silencios
de Beatriz Seigner


Fable humaine d’une justesse envoûtante, ayant pour décor un village d’Amazonie entre le Brésil, la Colombie et le Pérou sur la « isla de la fantasìa », Los Silencios aborde subtilement la notion de frontières. Politiques, celles qu’évoquent les accords de paix entre les gouvernements et les Farc. Poétiques, celles du songe et de la réalité, des vivants et des morts. Une œuvre magique à la lisière du documentaire.

Le petit + : hormis les parents, les villageois jouent leur propre rôle

Genèse
de Philippe Lesage


Retour sur une période fondatrice : les premiers amours adolescents. Genèse nous dit une chose : lointain encore est le temps où le genre de film de jeunesse s’épuisera, tant cette  dernière a à offrir, à découvrir. Touchant et d’une justesse impeccable, le scénario jamais ne bascule vers de niais clichés. L’éveil du désir et la déception amoureuse sont si sincèrement vécus, qu’on en viendrait à jalouser l’innocence des personnages.

Le petit + : oui, le cinéma québécois n’est pas que Dolan maniaque !

Still recording
de Saaed Al Batal et Ghiath Ayoub


Entre Damas et Douma en Syrie et ce pendant quatre ans, huit cinéastes mettent leurs vies en péril pour capturer les images d’un pays ravagé par les atrocités de la guerre civile. Observante mais résistante, la caméra s’érige contre l’amnésie qui menace des événements dont l’horreur pousse le plus grand nombre à détourner le regard.

Le petit + : loin du manichéisme, une tentative de dire des vérités

Synonymes
de Nadav Lapid


Peut-on se défaire de son identité si celle-ci nous est aliénante ? S’en construire une autre, libératrice ? En cela tient l’espoir (rapidement désillusionné) de Yoav, jeune israélien, lorsqu’il s’installe à Paris. Affranchi de tout réalisme, le film vit de son audace et d’une mise en scène originale qui ne cesse de nous surprendre. Oser au cinéma n’est pas sans risque, mais cette réussite nous prouve que le septième art a encore beaucoup à offrir.

Le petit + : Ours d’or de la Berlinale 2019

Peu m’importe si l’histoire nous considère comme des barbares
de Radu Jude


Mariana, jeune metteuse en scène roumaine, prépare un spectacle sur l’Histoire de la Roumanie. Avec humour et une force d’incarnation puissante, Radu Jude redonne un visage et une existence aux anonymes oubliés de l’Histoire. Le film pense cette dernière et ses événements en questionnant les dispositifs cinématographiques et théâtraux qui jamais ne se peuvent fidèles mais le tombeau d’un passé indubitablement fragmenté.

Le petit + : magistrale Ioana Iacob

Santiago, Italia
de Nanni Moretti


L’engagement social du cinéaste prend ici la forme d’un documentaire politique. Au temps d’une Italie ébranlée par « la crise, le populisme et la tentation xénophobe », Moretti donne à vivre une période où son pays était solidaire et accueillant : les débuts de la dictature chilienne de 1973 et l’exode vers le sol italien. Alternant entre témoignages et images d’archives, l’oeuvre dirigée tend à bousculer les moeurs contemporains.

Le petit + : premier doc’

An Elephant Sitting Still
de Hu Bo


Il est de ceux qui bouleversent. Telle une expérience à laquelle on cède un fragment de soi mais qui en retour nous marque pour toujours. Articulé autour d’un réseau de personnages errants le film compose avec dureté et douceur à la fois, un noir portrait de la Chine continentale. Dans un temps dissolu les rapports humains sont conflictuels et la fuite un abandon. Une oeuvre métaphysique intranquille d’une beauté et d’une puissance uniques.

Le petit + : (tristement) l’unique long métrage de Hu Bo

Border
d’Ali Abbasi


Cette année le prix Un Certain Regard a récompensé une œuvre singulière. Un thriller danois aux allures de conte naturaliste, qui compose avec drôleries et profondeurs. Tina, une douanière pour le moins étrange en raison de son aptitude (elle sent les sentiments humains) découvre sa véritable nature à la rencontre d’un individu aussi laid qu’elle. Le film, articulé autour de plusieurs intrigues, questionne la frontière entre humanité et animalité.

Le petit + : adaptation d’une nouvelle au titre éponyme

Une affaire de famille
de Hirokazu Kore-eda


Faut-il nécessairement être unis par les liens du sang pour former une cellule familiale ? À cette interrogation le cinéaste esquisse une énième (sublime) réponse au travers d’un « groupement d’êtres » qui, pour un temps, fondent  une famille disloquée mais de coeur. Pauvre mais débrouillarde, cette dernière trouve complicité et cohésion qu’offrent des combines criminelles. Subversive, la comédie dramatique émeut par sa douceur et son humanisme.

Le petit + : Palme d’or 2018

Leto
de Kirill Serebrennikov


Accusé par le pouvoir, le cinéaste russe est assigné à résidence. Il n’est pas étonnant de noter une résonance de cette violente oppression de la création dans son dernier film, Leto. Au début des années 80, temps du récit, l’URSS de Brejnev voit l’émergence de la scène rock contestataire alors que les disques de Bowie et Talking Heads s’échangent sous le manteau. La censure fait rage sans parvenir à opprimer la pureté des sentiments d’une jeunesse fougueuse qui tente de s’affranchir de toute convention.

Le petit + : faux biopic de Viktor Tsoï, leader de Kino

Amanda
de Mikhaël Hers


Après que sa soeur ait été tuée lors d’un attentat dans un parc parisien, David, jeune homme qui vit de petits boulots, doit s’occuper de sa nièce, Amanda. Loin du pathos, c’est avec grâce et douceur que Mikhaël Hers explore les relations intimes d’êtres en deuil qui (ré)apprennent à vivre. En toute humilité, ce mélodrame traite le traumatisme collectif avec pudeur, le traumatisme personnel avec malice et délicatesse.

Le petit + : Vincent Lacoste, puissant et sublime

Suspiria
de Luca Guadagnino


La vague de panique est passée, le remake hollywoodien du chef d’œuvre de Dario Argento est bientôt en salles. Mais s’il semble impensable de ne pas user de comparaisons, il faut pourtant s’en défaire, et le travail du réalisateur aide à la tâche. En effet, le fantasque suggestif et vaporeux devient ici plus radical, l’académie de danse Markos n’est plus un temple rougeoyant mais un bloc de béton à côté du mur du Berlin, et la danse désormais contemporaine, devient le cœur du film.

Le petit + : une troublante et puissante Tilda Swinton

En liberté !
de Pierre Salvadori


« Faire une comédie c’est avant tout beaucoup de sérieux » déclare Adèle Haenel, actrice nature-peinture qui livre une belle performance, aux côtés de Pio Marmaï que l’on ne se lasse plus de voir. Si le film débute sur le ton d’un polar parodique et entretient tout du long des questionnements relatifs à l’imposture et l’injustice, l’intrigue emprunte également au conte onirique, et finalement, nous laisse dans une drôle de rêverie ! Un film qui fait du bien.

Le petit + : Audrey Tautou quasiment en Amélie Poulain ?

The house that Jack built
de Lars von Trier


De beaucoup il est détesté. Et s’il est vrai que le caractère provocateur de Lars von Trier fait de lui un artiste controversé, il n’en demeure pas moins vrai que ses films, s’ils peuvent, à leur tour, heurter, restent des œuvres singulières qui attestent de la dureté du réel. Soulever la cruauté de l’humanité permettrait-il d’atteindre une vérité salvatrice ? Dans les années 70, le film est une plongée dans la vie d’un tueur en série.

Le petit + : aimez-vous l’humour noir ?

Burning
de Lee Chang-dong


À Séoul, dans la veine du thriller, la caméra investit divers lieux, espaces de vies de personnages issus de classes sociales différentes. Sous couvert d’un triangle amoureux, Burning interroge notre rapport à l’autre, à la présence et son absence ; notre rapport au réel et à la frontière ténue qu’il entretient avec l’illusion, à ces écarts dont l’image est emplie et de laquelle émerge une douce fascination.

Le petit + : une surprise pour les fans de Walking Dead

Trois visages
de Jafar Panahi


Aller voir un film du grand Monsieur Panahi, c’est avant tout soutenir le cinéma iranien indépendant. Car depuis 2010 et pour vingt ans, la justice lui interdit de faire des films, le réalisateur étant loin « du cinéma de propagande pro-gouvernementale ». À l’image de Kiarostami, il persiste et tourne sans autorisation pour nous livrer à nouveau une oeuvre de fiction à la lisière du documentaire.

Le petit + : inspiré d’une histoire vraie

Manhattan Stories
de Dustin Guy Defa


Initialement un court métrage, le film s’articule en une journée autour de cinq récits. Loin du New-York caricatural, c’est une « ville ralentie un peu vintage » et simple qui se déploie devant la caméra. Les habitants s’y croisent au gré du hasard et en son sein s’interrogent sur leur place dans la société. Entre légèreté et cocasserie, Manhattan Stories fait du bien.

Le petit + : une bande originale exquise entre jazz, soul et gospel

La Révolution silencieuse
de Lars Kraume


En 1956 un groupe de lycéens d’Allemagne de l’Est observe une minute de silence en hommage aux insurgés hongrois réprimés par les russes. Acte de résistance qui devient une affaire d’Etat. Au travers l’exaltation de la jeunesse en quête de vérité, le lm analyse avec intelligence et beauté les mécanismes de l’adhésion et les conséquences de la protes- tation au temps où elle est de fait condamnable.

Le petit + : adaptation de l’autobiographie de Dietrich Garstka

La mort de Staline
de Armando Iannucci


Une comédie satirique qui traite avec humour noir et rire jaune la guerre de succession après la mort du tyran. Mais la force du film se trouve en ce qu’il ne cherche pas inlassablement le gag, par des traits d’esprit et le travail des acteurs, on oscille entre farces et quelque chose de glaçant d’une sombre URSS. Si la délité historique n’est pas à toute épreuve, le film n’en reste pas moins une réussite, drôle et subtile.

Le petit + : quasi à la Monty Python

L’île aux chiens
de Wes Anderson


Suite à une épidémie canine, le maire de Megasaki au Japon ordonne l’exil de tous les chiens sur une île remplie d’ordures. Atari s’y rend pour retrouver son compagnon et aidé d’une bande d’intrépides il découvre une conspiration qui menace la ville. Sous ses airs de fable colo- rée, ce sont les thèmes chers au réalisateur que l’on retrouve : famille, société corrompue, milieu politique malade, em- prisonnement, écologie.

Le petit + : bijoux de d’animation

Les garçons sauvages
de Bertrand Mandico


Pour son premier long métrage Mandico livre un ovni. Cinq adolescents de bonne famille confiés à un capitaine chargé de remettre sur le droit chemin ces diaboliques individus, échouent sur l’île sauvage des Robes. Débute alors la métamorphose où « rien n’est vrai, tout est permis ». À la croisée des genres le film est une aventure esthétique psychédélique et sensuelle, « la plus belle des hallucinations ».

Le petit + : tourné sur pellicule

America
de Claus Drexel


Novembre 2016 : les Etats-Unis s’apprêtent à élire leur nouveau président. America est une plongée vertigineuse au cœur de l’Arizona, à la rencontre des habitants d’une petite ville traversée par la route 66, les héritiers cabossés du rêve américain nous livrent leurs espoirs et leurs craintes. Si le regard européen du réalisateur nécessite une prise de recul, le film est à voir.

Le petit + : des conditions de tournage intéressantes, à vos recherches !

Phantom Thread
de Paul Thomas


Anderson Dans le Londres glamour des années 50, le couturier Reynold Woodcock est au cœur de la mode britannique. Les femmes dé lent dans sa vie lui apportant inspiration et compagnie, jusqu’au jour où il rencontre Alma qui deviendra rapide- ment sa muse et son amante. Anderson tisse majestueuse- ment la toile d’un amour passionnel vénéneux au sein d’un univers subtilement construit.

Le petit + : interprétation grandiose de Daniel Day-Lewis

Call me by your name
de Luca Guadagnino


Été 1983, Elio 17 ans passe ses vacances dans la villa que possède sa famille en Italie. De parents intellectuels, le garçon mûr pour son âge conserve une certaine innocence. Il découvre l’éveil du désir lorsque Olivier, un séduisant Américain, vient travailler auprès de son père. Au delà de la question du genre, le film s’habille du charme du jeu amoureux sans se soucier de qui le joue.

Le petit + : un beau voyage dans la campagne italienne

Seule sur la plage la nuit
de Hong Sang-soo


En Allemagne, puis en Corée, Younghee dérive dans les méandres sentimentaux d’une relation adultère passée. Sommes-nous dignes d’aimer ? Qu’est ce que l’amour ? « Ça n’est même pas visible ». Hong Sang-soo nous berce à nouveau dans l’écume des affects, et ce avec une étrange douceur qui n’a de pareil. Seule sur la plage la nuit est un bouleversement, un écho à l’intimé de chacun.

Le petit + : interprétation remarquable de Kim Min-hee

Belinda
de Marie Dumora


La réalisatrice Marie Dumora suit pendant plus de quinze ans Belinda, fille d’une famille yéniche. Entreprise qui aboutira sur un documentaire sensible, objet à la fois brut et romanesque. Un émouvant et puissant portrait de femme évolutif, sculpté dans le minerai ingrat de la condition prolétaire pour en ramener des pépites d’humanité, de courage, de désir de vivre et de rêves d’avenir.

Le petit + : tourné entre Colmar et Mulhouse

Lucky
de John Carroll Lynch


Quelques jours de la vie d’un vieil homme, un peu cow-boy, un peu bougon, un peu poète, surtout toujours furieusement indépendant. Sa vie est derrière lui mais il jouit encore de ses propres instants. Limpide et énigmatique, prosaïque et philosophique, matérialiste et spirituel, le film est généreux en échappée et laisse percevoir l’épaisseur d’une vie tout en restant léger. Entre drôlerie et émotion Lucky est un bijou, le dernier film d’Harry Dean Stanton (1926-2017) l’acteur principal de Paris, Texas.

Le petit + : la présence de David Lynch

The Florida project
de Sean Baker


À 6 ans Moonee vit dans un motel de la banlieue de Disney World. Sa mère, tatouée et tête ceinte de cheveux bleus, tente de payer le loyer par divers expédients, plus ou moins acceptables au regard du gérant du motel, sensible aux aléas de la vie. L’euphorie visuelle et rythmique n’empêche pas le film d’aborder les questions cruciales d’une réalité crue avec ses conditions économiques et sociales difficiles. Et le regard empreint de tendresse du réalisateur refuse de juger des personnages prêts à tout pour s’arroger une part de l’american dream.

Le petit + : la touchante interprétation de Willem Dafoe

Western
de Valeska Grisebach


Un groupe de travailleurs allemands débute un travail difficile de construction sur un site de campagne bulgare. Cette terre étrangère éveille le sens de l’aventure de ces hommes, confrontés à leurs préjugés et à la méfiance des locaux en raison de la barrière de la langue et des différences culturelles. Meinhard, beau personnage ambigu, ouvre intimement autant que symboliquement un espace de partage entre des peuples supposés unis politiquement, voir culturellement, et ce au sein d’un récit libre et aérien.

Le petit + : une esthétique lumineuse à couper le souffle

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