Du 12 au 27 mai 2020

Pour amorcer sa réouverture après la période de confinement, AIDA Galerie prolonge l’exposition de photographies commencée en mars dans le cadre du mois de la photo à Strasbourg et interrompue par les mesures de lutte contre la pandémie.

AIDA Galerie compte désormais en effet parmi ses artistes plusieurs photographes, ainsi que des artistes aux talents multiples, dont la photo constitue l’un parmi d’autres de leur médiums habituels. Six photographes participent à cette exposition : Marie-Pierre Arpin, Günther Hahne, Michel Hirsch, Sungeun So Kim, Geneviève Pixa et Jean Valera. Ils sont accompagnés par les assemblages créées pour l’occasion sur le thème de la photo par Jean-Pierre Allera.

Jean-Pierre Allera (volumes)
Il a apporté pour cette exposition quelques-uns des assemblages dont il a le secret, cette fois en rapport avec la photo et avec quelques-uns des matériels qui servent à les produire. Formé au Beaux-Arts d’Annecy et aux Arts Déco de Strasbourg, il a pratiqué diverses expressions jusqu’à en arriver à créer des figures et des volumes exclusivement formés d’objets usuels récupérés et détournés de leur usage primitif. Il s’empare habituellement d’ustensiles de cuisine ou de jardinage, balais et autres moyens ménagers semblant provenir d’un vide grenier ou d’une brocante pour les combiner en assemblages divers, souvent anthropomorphes. Avec ces éléments, il réalise des pièces à l’économie très calculée et toujours impeccablement réalisée, dont la forme et l’expression s’apparentent à la fois à la famille de l’art brut et au surréalisme des ready-mades.

Marie-Pierre Arpin (photos)
Elle utilise la prise de vue pour aborder d’une autre manière les thèmes qu’elle affectionne de traiter avec ses encres très mouillées et ses acryliques tout en fluidité : la nature, ses ombres, ses lumières et ses couleurs, mais aussi, avec une intention plus métaphorique, les esquifs, nefs, barques et leur habituel environnement hydrique. Avec cette série de photos, elle a cherché à surprendre dans leur immobilité des barques pour certaines à demi noyées entre deux eaux, pour d’autres ensommeillées au bord d’eaux vives, pour d’autres encore dormantes au creux d’eaux mortes, ensevelies dans un écrin végétal doublé de son reflet aquatique. Leur disposition systématique en triptyques apporte à leur présentation un formalisme qui fait mine d’appeler à une sorte de communion avec l’immobilité dans laquelle elles semblent enfoncées.

Günther Hahne (photos)
Il présente une sélection représentative de ses travaux de photographe. A partir des prises de vues initiales, il tente d’abstraire l’image de son contexte de réalisme photographique, pour chercher à ne plus retenir et restituer que le cœur de l’instant photographique, c’est-à-dire en fait le sentiment de l’émotion visuelle du moment de la prise de vue. Plutôt que la simple image capturée par la prise de vue, c’est l’émotion et le ressenti visuel à l’origine du déclenchement de la photo qu’il cherche, par ce travail de mise en abstraction de l’image, à nous transmettre. Une manière d’exprimer une part de l’immatériel qui se place au de-là des mots et des choses. Les sujets abordés sont très variés : paysages tout d’abord, mais aussi scènes intérieures, natures mortes et tout le vaste cercle de ce qui peut être de nature à générer une émotion visuelle.

Michel Hirsch (photos)
Formé à l’Ecole de l’Image des Gobelins à Paris après toute une vie professionnelle consacrée à l’ingénierie du bâtiment et des travaux publics, il se consacre désormais entièrement à la photo. Si les friches industrielles attirent parfois son objectif, c’est en raison du terrain de jeu singulier que fabrique l’abandon à la nature de ces artéfacts d’industrie. C’est aussi aux paysages naturels de la baie de Somme et aux forêts picardes qu’il consacre habituellement ses travaux photographiques : paysages d’eau, ambiances sylvestres, lueurs du crépuscule et du point du jour, éphémérité naturelle du moment… Il a choisi dernièrement de dépayser sa sensibilité visuelle par des voyages lointains dont il nous présente aujourd’hui les déclics.

Sungeun So Kim (photos)
Originaire de Corée du Sud, elle vit et travaille en France depuis 1996. Elle noue avec la pratique de la photo une relation intime et organique : l’idée de la chambre noire au moment de la prise de vue et de la fermeture de l’obturateur la ramène pour un court instant à son enfance, lorsque l’obscurité était pour elle un refuge lui procurant un sentiment douillet de bien-être et de sécurité. C’est pourquoi elle tente, en réalisant des images, de prêter parole à tout ce qui est dépourvu de voix, être vivant autant que chose apparemment inanimée. Donner par l’image une existence à ce qui est porté à rester dans l’obscurité, à se trouver méprisé, négligé ou ignoré, repoussé à l’écart et dans la marge, lui procure un sentiment positif et réparateur, que la photographie lui permet d’exprimer et de communiquer.

Geneviève Pixa (photos)
Elle déclare « vivre en art par le dessin, la gravure et la photographie ». Elle développe volontiers son expression à l’aide de moyens graphiques, maîtrisant les techniques de l’estampe tel que la xylogravure, l’eau-forte, ou les monotypes. Elle affectionne également le recours à des techniques singulières comme le sténopé. Les différentes disciplines qu’elle expérimente peuvent en fait se mettre au service d’un même projet artistique, sans solution de continuité. Elle présente pour cette expo une série intitulée « ligne de tram, ligne de vie ». Se décrivant elle-même comme petite voyageuse mais grande marcheuse, elle a cherché à y capter des images de l’infra-ordinaire (en référence à Georges Perec) et a exploré les 23 aires d’accessibilité en 5 minutes à pied entourant les 23 stations de la ligne E du tram strasbourgeois, tel qu’elles figurent, cerclées de rouge, sur les plans affichés dans chaque station.

Jean Valera (photos)
La photo entre dans sa vie pour ses 18 ans avec l’achat d’un appareil photo argentique. Il s’ensuit une longue période de prises de vues qu’il qualifie lui-même de « vernaculaires ». Ce n’est que 30 ans plus tard plus tard que l‘envie de se saisir de la photo comme d’un moyen d’expression à part entière s’est pleinement imposée à lui. Dès lors, il s’est mis à réaliser des séries sur des thèmes élaborés à partir de lectures ou de conversations diverses. Les séries qu’il réalise, toujours autour d’un thème, sont tout simplement le reflet du regard qu’il porte à des histoires et à des lieux. Il présente pour cette expo une série en noir et blanc intitulée : « Le grand Geroldseck ». De ce lieu situé sur les premiers contreforts des Vosges et dominant la plaine d’Alsace il a capté avec l’optique de son réflex toute l’inexprimable singularité, restituée avec un très juste équilibre des valeurs et une extrême sensibilité aux textures et aux lumières.

AIDA Gallerie 
130 Grand’rue – Stasbourg 
www.aida-galerie.com

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