© Sebastian Schmieg, 'Gallery.Delivery', 2018-en cours. Courtesy de l’artiste

Du 13 février au 26 avril 2020
Vernissage : mercredi 12 février 2020 à partir de 18h30

Alors que de plus en plus de capacités que l’on pensait propres à l’humain sont applicables à des machines, comment penser le travail qui, longtemps, a caractérisé l’homme ? Qu’est-ce que le travail à l’ère numérique mondialisée ? D’un côté, un taylorisme algorithmique grandissant — la division du travail poussée à l’extrême chez les travailleurs du clic —, d’un autre, une illusion machinique persistante — nombre de tâches que l’on pense effectuées par des ordinateurs le sont en fait par des êtres humains, de manière plus ou moins dissimulée. À l’heure d’une gestion algorithmique du management, qu’en est-il de la mesure de la performance et des instruments d’optimisation des travailleurs ? De la fin du salariat comme organisation dominante du travail ? Et puis, dans ce que l’on nomme désormais l’« économie de l’attention », il n’y a pas que les travailleurs qui travaillent : toute activité en ligne est susceptible d’ajouter à l’accumulation de capital des géants du net par sa marchandisation. Toute donnée est monétisable. Tout internaute est générateur de profit. Être en ligne = travailler ?

Algotaylorism regroupe une douzaine d’artistes qui opèrent à la jonction humain-machine et ont pris cette interaction comme sujet de recherche et comme outil de production. Travailler à son insu ; avoir un algorithme pour supérieur ; faire office d’intelligence artificielle et penser une société non centrée sur le travail formeront les différents chapitres de l’exposition. Interventions et performances humaines seront pour cela couplées à des logiciels créés pour l’occasion sous forme d’une appli de commande de livraison d’art, d’un processus de mining écologique d’une cryptomonnaie d’inspiration marxiste et de robots conversationnels au discours troublant.

L’exposition se poursuivra avec Algotaylorism: Rage against the Machine à l’Espace multimédia gantner du 19 avril au 11 juillet 2020, vernissage le samedi 18 avril.

L’exposition est réalisée en partenariat avec l’Espace multimédia gantner et avec la participation du DICRéAM.

Aude Launay

Curatrice et autrice indépendante, Aude Launay est philosophe de formation. Une partie importante de ses écrits et de ses expositions traite de l’influence d’internet et des technologies avancées sur l’art contemporain et la société́ . Ces dernières années, ses recherches se sont concentrées sur la prise de décision décentralisée par le biais de processus algorithmiques et de blockchains dans le domaine de l’art. Plus généralement, elle s’intéresse à l’art qui interfère avec les mécanismes de pouvoir quisous-tendent les structures de gouvernance.

La Kunsthalle
16 rue de la Fonderie – Mulhouse
kunsthallemulhouse.com

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