© © Noémie Zerr

Pour ce 81e numéro, c’est à un jeune graphiste, Nicolas Pacevicius, que nous avons fait appel pour la réalisation de la couverture. Nicolas, œuvre en tant qu’indépendant et a monté, parallèlement à son activité, une marque autour de designs colorés, qui portent des messages forts et qui reflètent sa vision de la société. Spécialiste du flat design, il s’inspire de la street culture et de la tendance trap actuelle pour produire des illustrations cyniques dans lesquelles il met en scène des marques revisitées, des objets ou encore des situations de vie. Nicolas s’est fait connaître grâce aux réseaux sociaux sous le nom Twentyn One. Un comble pour ce Millennials qui a grandi avec le numérique et qui utilise aujourd’hui ces mêmes outils pour créer et pour communiquer.

Nicolas Pacevicius, plus connu sous le blaze Twentyn One, est un jeune graphiste de 27 ans. Créatif et attiré par le milieu artistique depuis le plus jeune âge, il a suivi un parcours logique, passant d’un BEP industrie graphique à un BAC professionnel en communication graphique avant d’intégrer une licence en Arts aux Beaux-Arts de Besançon. Formation qu’il a complété avec un master en arts numériques à l’Ecole Supérieure d’Art d’Aix en Provence. Originaire de Haguenau, Nicolas a repris la route vers l’Alsace pour parfaire son apprentissage avec une dernière formation, spécifique au web à Strasbourg. Finalement, c’est dans la capitale alsacienne qu’il s’est installé pour lancer son activité professionnelle. 

Son travail

Tout a débuté lorsque Nicolas a rejoint l’espace de coworking Panorama. Initialement, il avait prévu d’y passer seulement quelques semaines, le temps de créer son site. Mais les rencontres qu’il y a fait, les partages d’expériences et de connaissances avec les différents entrepreneurs qui l’entouraient l’ont enrichi et encouragé à rester pour développer son activité naissante. Tout doucement, il a commencé à décrocher quelques commandes : création d’identité visuelle, sites web, flyers, logos… surtout dans les domaines de la santé publique et de l’associatif. 

« Détourner des grandes marques m’a permis de me faire connaître »

Né dans les années 90, Nicolas fait partie de la génération Y, aussi appelée Millennials. C’est la première véritable génération qui a grandi avec Internet, l’ordinateur et les jeux-vidéos. Inspiré par la culture trap et hip hop, par les codes de la rue mais également par la société actuelle, Nicolas a décidé de retranscrire, à travers des designs clinquants, colorés et à l’humour un peu noir, des objets, des situations qui rythment nos vies. Il les revisite de manière caricaturale à travers des métaphores qui dénoncent notamment la surconsommation et le bling-bling surjoué. Pour commencer, il s’est amusé à détourner des marques connues. Parmi les designs qui ont eu le plus de succès on peut citer le « paquet de cigarettes Netflix », le « Big Mac Youtube », la « ventoline Starbucks » ou encore le « social dispenser ».

Conçues numériquement, ses œuvres ont été partagées de la même manière. En effet, c’est via un compte Instagram que Nicolas a pu distribuer ses créations. Marqué par le nombre 21, le jeune graphiste a souhaité se l’approprier et est devenu Twentyn One (le « n » faisant référence à son prénom). Ses designs ont été très bien reçus et naturellement son nombre d’abonnés n’a fait qu’évoluer. Au niveau local mais aussi et surtout à l’international, développant une audience et un intérêt en outre-Atlantique. Quelques mois plus tard, il a déposé sa marque et s’est lancé dans la vente de posters. Hyper productif, il sortait différentes œuvres chaque semaine. Au même moment, la marque de vêtements strasbourgeoise Erasmooth (désormais Ville de Coeur) l’a contacté pour faire une collection capsule avec ses illustrations. Un premier contact qui a permis aux deux entités de collaborer dans le temps. Nicolas travaille désormais avec ces mêmes entrepreneurs pour la réalisation de ses propres t-shirts, via l’atelier de fabrication Le Tissu Social. 

« J’ai voulu me renouveler. Dorénavant je détourne plus des situations, des contextes, tout en gardant le côté caricature »

Depuis, sa technique a évolué et l’artiste s’est renouvelé. Désormais, il se régale à détourner des situations et des contextes : le blanchiment d’argent, l’appropriation de la culture street, les gangs de fille, la dépendance aux jeux… Il fait référence à des actualités avec subtilité, tout en incluant différents sens à ses designs. La part de mystère qu’il leur donne laisse libre cours à l’interprétation et à la réflexion. 

Ses actualités

Grâce à son empreinte, Nicolas a pu collaborer avec différentes marques comme Homies from Paris pour la réalisation de t-shirts et cadres ou encore Gooddopescuplyco pour des pins, mais également avec des personnalités comme le photographe Mr. Wong, acteur reconnu dans le milieu de la street culture, notamment pour ses partenariats avec les marques de skate Jacker et Tealer, ou encore DayOFF. Prochainement, La Coque Shop commercialisera des coques de téléphone avec ses designs. Cela ne l’empêche pas de continuer parallèlement son activité de graphiste et de déposer sa patte sur des projets tels que l’émission Hip-Hop from Elsass pour qui il a réalisé le logo ou encore le label My Vision Records qui fait appel à lui pour la création des covers. À l’avenir, Nicolas espère pouvoir exposer dans des lieux de vie, commercialiser ses produits dans des boutiques… C’est ce qu’on lui souhaite !

Site : twentyn.store
Instagram : @twentyn_one
Facebook : Twentyn One

Test du tac au tac

> Ton film préféré : //Machete// de Robert Rodriguez
> Une musique qui te ressemble : Megan Thee Stallion – Running Up Freestyle
> Ton spot préféré en Alsace : mon canapé
> Si tu pouvais crier un truc dans la rue là tout de suite : Bonjour !

La couv’ vue par l’artiste

« Le mois d’octobre me rappelle Halloween, le retour des longues nuits, le vent froid mais surtout l’enfer des trams bondés, à peine plus d’espace que dans les chambres étudiantes, tous entassés les uns sur les autres dans une fournaise ambulante. »

Emilie Jade Vauban

L’agenda culturel alsacien dans ta boîte mail. S'inscrire à la newsletter Coze

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation des cookies pour disposer de services et d'offres adaptés à vos centres d'intérêts.