Du 31 octobre au 13 novembre 2019

Tout d’abord, deux séries de photos venues des bords de mer, très différentes l’une de l’autre par leur propos autant que par leur ambiance ; des volumes sculptés ensuite, librement formés dans leurs pièces de bois; des toiles énonçant dans leurs contours abstraits leur invitation au voyage; et enfin, des photos noir et blanc, drapées du mystère de l’image derrière l’image. Eclectique est le mot qui convient en effet pour qualifier cette exposition. N’empêche, la diversité participe bien de la position revendiquée par la galerie.

Michel Giesi (photo)
Il ouvre pour nous ses « Carnets de bords de mers ». Il y a collecté en photos des images littorales emplies d’irrépressibles nostalgies et empreintes de ce grand vide qu’ouvrent à nos yeux les étendues infinies de sable et de mer confondus. 2 Il a écrit aussi ces mots, qui sonnent comme un incipit de ses carnets : « Aux bords de mers la pensée de l’homme toujours s’évade et abandonne la terre. Le cœur et l’esprit tirés à l’oblique y aspirent à l’envolée par-dessus cette eau qui se marie avec l’infini pour faire l’horizon courbe. Et ces flots salés comme des larmes, qui peuvent être de chagrin ou de joie, font le lit de nos rêves. Ils sont la route vers des lointains, vers des ailleurs. Et l’homme toujours veut s’en approcher. Sur le littoral il vient voir la vague abandonner l’écume, lécher le sable ou polir la pierre et l’entendre lui raconter l’histoire du berceau de l’Origine ».

Reinhold Schultheiss (photo)
Il nous livre dans cette exposition une série en noir et blanc intitulée « Mystère », série inspirée d’une phrase de René Char : « un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces nous font rêver. » Sa démarche consiste à vouloir transposer ce propos de la poésie du verbe à la poésie de l’image et du visuel. Ou plutôt, sa série de photos opère comme une mise en application de cet axiome poétique : elles se veulent comme autant de traces éphémères, déposées dans le réel par la poésie du déclic. Celui-ci, loin de déclencher la seule prise de vue, déclenche aussi l’imagination du regardeur… Ce que souhaite ici le photographe, c’est inciter le regardeur à ne pas s’en tenir à la seule surface apparente des choses, mais à chercher à discerner l’image qui à chaque fois se tient derrière l’image…

Alain Tigoulet (photo)
Il a apporté pour cette exposition une série de photos en couleurs présentant des paysages de mer collectés sur la Côte d’Opale (Manche et Mer du Nord). C’est plus particulièrement les gammes très nuancées de couleurs qui ont attiré son attention et qu’il a cherché à capter et à décliner au fil de la série, en coloriste et comme ferait un peintre paysagiste : les camaïeux de gris et de grisbleus se conjuguent avec quelques ocres discrets et avec quelques tons plus marqués de verts, allant du vert émeraude au vert anglais en passant par le vert tendre. L’étendue et la délicatesse des nuances colorées apportent à ces paysages, toujours très épurés, une grande douceur, à la fois très prenante et particulièrement apaisante.

Gundula Tonoli (peinture)
Elle a apporté pour cette exposition une série de peintures abstraites, qui se caractérisent par la recherche de textures, de superpositions et de transparences. Elle convoque pour ses réalisations toute une conjugaison de techniques variées : peinture à l’huile et à l’acrylique bien sûr, mais aussi collages divers. Elle procède par couches multiples, progressivement occultées puis à nouveau partiellement révélées, de manière à générer des effets de transparence et de profondeur et à faire apparaître, au gré des transformations, des formes inédites ou surprenantes. Cette manière de travailler constitue à ses yeux une représentation ou peut-être même une métaphore du vivant et du cours la vie. Et chaque toile embarque le regardeur : ce qui compte ici, ce n’est pas tant la destination, mais bien plus le voyage.

Bernard Vaillant (sculpture)
Il présente dans cette exposition une série de sculptures sur bois. Il puise son inspiration dans le spectacle de la nature et dans le secret de ses rêves. La forme, la texture et la couleur du bois guident son travail, éveillant sa sensibilité et son imagination au fur et à mesure de l’avancement de l’ouvrage. Il en résulte des formes librement organiques ou oniriques, dont la singularité interpelle le regard. Les pièces, polies avec une infinie patience, ont toutes en partage de magnifier le bois dont elles sont faites : son fil, ses nœuds, son essence particulière, sa matière intime, sa dimension vivante et organique. Elles témoignent toutes du respect que le sculpteur marque au matériau qu’il a choisi comme son interlocuteur.

AIDA galerie 
130 Grand’rue – Strasbourg 
www.aida-galerie.com

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