Du 10 juin au 1er septembre 2019

Dans le cadre de la biennale mulhouse 019.

Les œuvres de Boryana Petkova proposent une nouvelle perception de l’espace si subtile qu’elles interrogent notre capacité à y prêter attention. Elles convoquent les liens entre les êtres et nos possibilités d’aller plus haut, d’avancer, pas à pas. Une vidéo montre des mains qui se rencontrent en dessinant. Une tension émane de ses sculptures, entre force et fragilité, une envie de toucher dont il faudrait se méfier. Elles renvoient aux relations qui peuvent si facilement se détendre ou se briser, suggèrent la distance et la proximité. L’artiste intervient dans l’architecture pour donner la sensation d’une ascension poétique, d’un certain trouble et en même temps quasi imperceptible. Ses dessins de mains, à différentes hauteurs, surgissent comme des présences, fantômes de ces premières pièces. Boryana Petkova invite à prendre conscience de chaque geste, comme une étape pour accéder plus loin et toucher nos limites. Ses œuvres contiennent du temps, un potentiel changement. Ses installations in situ, qui surélèvent l’espace, provoquent un basculement de nos points de repères. Par ces insertions quasi invisibles dans l’architecture, intérieure et extérieure, l’artiste nous amène à prendre le temps de regarder : une métaphore du soin qu’on peut apporter à chaque moment de la vie pour leur donner toute leur importance. En nous mesurant à l’espace, nous nous mesurons à l’autre. Ses œuvres se relient ensemble par leur transparence, finesse et préciosité et nous convient à des allers-retours, du sol jusqu’au plafond.
Pauline Lisowski

Le voyage commence avec une impression d’éblouissement ; l’œil est saturé de couleurs et de formes. C’est une île volcanique, mythologique, ancestrale. Nous sommes en Sicile. Cédric Esturillo Cacciarella remonte le fil de sa propre histoire. C’est une île fantasmée, presque irréelle. En s’approchant, les sensations deviennent plus douces. Nous nous laissons hypnotiser par des surfaces laquées encadrées de roches factices, happer par une coulée de papiers colorés. La peinture et la sculpture en trompe-l’œil nous emmènent en promenade dans un jardin baroque. Nous nous surprenons à rêver à la fraicheur des marbres italiens. Puis soudain surgit une pièce de la collection du musée de Mulhouse. Les époques se confondent : dans quel passé ou quel futur sommes-nous tombé.e.s ? Le voyage se terminera peut-être avec un détail. Une perle irrégulière. Ces petits objets qu’on glisse dans les poches, qui semblent insignifiants et qui pourtant évoquent l’excursion mieux qu’une photo : c’est la cuillère en plastique de la glace dégustée ou le cure-dent emballé dans le papier décoré du restaurant dont on a oublié le nom. C’est le souvenir d’un moment heureux, partagé. Cette idée du partage est au cœur du travail de Cédric Esturillo Cacciarella. Elle prend tout son sens dans l’exposition Mutuus, pensée en dialogue, en réciprocité.
Elise Bonnard

Musée des Beaux-Arts
4 place Guillaume Tell – Mulhouse
www.musees-mulhouse.fr

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