Exposition du 27 septembre au 11 octobre 2015
Vernissage :  dimanche 27 septembre 2015 à 11h.

La chimère de l’histoire mythologique et mythique se compose d’une tête de lion et du corps d’une chèvre. C’est une forme dite monstrueuse née de l’imaginaire des humains et certainement symbolisant leurs peurs et leur volonté de puissance. Fabriquer une chimère, c’est chercher et saisir une différence et à la fois une proximité entre l’humain et l’animal.

Dans le sens courant, on nomme chimère ce qui est de l’ordre d’une rêvasserie inutile …

Chez chacune des quatre artistes nous croisons des animaux, des hybrides, des formes mouvantes et figées, des apparitions et des voiles, des flous et des hyper réalités ; une approche du détail et une connaissance du plus loin.

Différents niveaux sont creusés par chaque artiste : parfois dans une instance politique, féministe plus exactement, d’autre fois pour jouer et faire naître les traumas de l’enfance, d’autres fois pour exprimer l’hétérogénéité d’un monde qui nous entoure, sa sauvagerie, son inhumanité et donc en donner des formes qui nous permettent d’en analyser mieux les origines, et sûrement de voir ce monde autrement que par la seule instance de la norme. C’est d’une sorte de mélange qu’il s’agit, un jeu entre des corps de nature et de formes différentes.

La dimension politique de l’exposition et dans les œu- vres tient en cela que c’est une résistance, une action de résistance par le jeu, pour des rapprochements in- congrus, par l’ironie et l’humour. Approches de femmes qui savent le masculin, qui osent l’affirmation de l’iden- tité féminine dans un moment où tout devrait se niveler pour la bonne conscience commune.

Ici ça se différencie, ça se caractérise, ça s’impose comme des regards singuliers.

Femmes et chimères est une rencontre, un échange où les opinions peuvent diverger, où les choix artistiques ne se ressemblent pas, où chaque forme augmente chaque forme. Cette rencontre produit et provoque des heurts, des scansions, des passages. Des œuvres autonomes, des œuvres en duos, des œuvres en écho.

Haleh Zahedi

Au cours de ces dernières années, Haleh Zahedi s’est particulièrement concen- trée sur la réalisation de dessins, la plupart du temps en noir et blanc. L’artiste tente d’amener l’un vers l’autre le visible et l’invisible, qui cohabitent dans les brumes du fusain.

On reconnaît des éléments de la vie ordinaire, des éléments urbains par exemple. On y voit également des animaux, le plus souvent représentés de manière réaliste ; un univers autant imaginaire que concret, où le point de jonction entre réel et imaginaire est insaisissable. Tout ce qui est réel englobe une irréalité. Tout ce qui est logique devient à la fois irrationnel.

L’artiste représente un monde chimérique, familier en apparence et inconnu profondément. Le dessin désigne un lieu mystérieux d’un passage entre deux mondes, où coexistent des fantômes du passé et des délires de tous les jours.

Sylvie Villaume

Le travail plastique de Sylvie Villaume se développe sous forme de cycles. Les techniques utilisées sont variées et variables, en fonction des projets et de l’ouverture de son terrain artistique (son devenir). Elle élargit son champ d’in- vestigation autant que possible, petit à petit. Il s’ensuit des dessins, couzages ou photos aménagées, des sculptures d’assemblage ou des spectacles plastiques (objets scéniques). Au cœur de cette création pluridisciplinaire, elle développe également un travail vidéo.

Pour l’exposition des femmes et des chimères, elle montre des dessins, ainsi que quelques uns des duos qu’elle a réalisés avec les trois autres artistes (des dessins, et une vidéo en collaboration avec H. Zahedi).

Ainaz Nosrat

Les formes, les couleurs, les textures sont une sorte d’alphabet avec lequel l’artiste joue en cherchant ses sentiments profonds. Ainaz Nosrat nous découvre sa mythologie personnelle. « C’est une manière de rendre visible ce qui est invisible en moi, et à travers cela de me rendre visible : la peinture est mon outil pour exister.

Pour moi, la technique est un instrument, que je suis toujours en train de tra-vailler, d’élaborer. En mélangeant des matières différentes, je trouve de nou- veaux moyens pour créer mes images. Ce qui ce passe au niveau du sujet de mes œuvres est également un mélange. Je compose des images venues d’une réalité que j’ai connue avec des images inventées par mon imagination. Je rends visible ce que je ne vois pas par les yeux, mais que je sens dans mes veines ou que j’imagine dans mon corps. C’est une démarche qui me donne infiniment de possibilités de sujets. »

Elham Etemadi

Les miniatures persanes rejaillissent dans ses peintures, en changeant cependant de position, de fonction, d’espace. Les formes échappent à leurs modèles ancestraux, et deviennent d’étranges figures alliant passé et vie contemporaine.

L’artiste joue avec les lignes, les textures, les couleurs, la composition, l’espace uni dans le cadre. Elle lie des éléments de son histoire (et de l’Histoire) à des éléments imaginés. Elle se laisse traverser par les images, elle s’en imprègne, puis les transforme en un monde fantasmagorique et expressif. L’artiste cherche une dynamique de la peinture, en rapport à la dynamiqueentale, ou comment jouer avec les dissonances et lier des éléments hétérogènes.

Le couloir / Zone d’Art
2 rue du Rhin Napoléon 67000 Strasbourg
www.zone-d-art.fr

 

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