Du 20 septembre 2014 au 8 mars 2015

La Fondation Fernet-Branca à Saint-Louis est heureuse d’accueillir l’œuvre de 7 artistes  indépendants. Associés à une historienne d’art, Fleur Chevalier, les artistes se proposent d’exposer leur évolution en confrontant leur travail et en croisant leurs trajectoires sur la scène contemporaine, de 1970 à aujourd’hui.
4 décades. 7 visions du monde. 7 parcours singuliers. Par tranches de dix ans, Prendre le temps veut observer l’ouverture de ces 7 expériences sans en boucler le sens, comme on pourrait l’attendre d’une rétrospective, ainsi que restituer, intact, le foisonnement complexe et les incertitudes de tout itinéraire artistique.
7 artistes, 1 histoire.

Analytique, Germain Roesz désosse la grammaire de la peinture et joue du pinceau comme  on frappe des percussions, le rythme dégageant de puissants refuges colorés dans l’espace  dense de ses jungles optiques. Aveuglée par ses soleils polychromes, la rétine trouvera le  repos dans les paysages lunaires de Joseph Bey.
Ses Plaques accidentées, poncées, érodées comme le sol qu’il aime fouler, inlassable, lorsqu’il marche par monts et par vaux, résonnent avec les horizons détricotés à l’oscilloscope par Robert Cahen dans son installation vidéo Paysages-Passage. Sa formation de compositeur en musique concrète lui  a appris à traiter l’image comme des sons : « il aiguise notre regard, et […] nous conduit à mieux voir et à mieux entendre le monde » (Stéphane Audeguy). C’est l’autodestruction qui,  à l’échelle humaine, socio-économique et personnelle, occupe Daniel Dyminski, dont la peinture satirique entretient un dialogue permanent avec ses performances, visant à  démystifier le sacro-saint statut de l’artiste. « Je suis trop vieux pour être punk ! », déclare Guido Nussbaum, qui se taille volontiers le costume burlesque d’un prestidigitateur-loser.
Et  pourtant, son travail polymorphe, entre photo, vidéo, peinture et sculpture ne cesse de discourir sur la fonction et l’image publique de l’artiste dans la société. Il manquait un Chaplin à l’art contemporain.
Loin de la dérision, frontal, Bernard Latuner a trouvé sans détour sa place de lutteur dans la société en optant pour le militantisme. Sa peinture indignée recycle, des photos documentaires au cinéma, en passant par les news, pour mieux haranguer les
foules passives de spectateurs. Car c’est bien un mode alternatif de « consommation » des images que proposent ces 7 artistes, à l’instar de Denis Ansel, moine copiste du visible, iconodoule critique dont les toiles interrogent la béance entre la représentation et son sens,  un vide qu’il tente de palier dans son travail récent, en restaurant l’aura des clichés banals  qu’il prend pour modèles. Pour en arriver là, chacun a pris le temps de se perdre, de se  chercher, de se redécouvrir, le plus souvent à l’écart du marché de l’art. C’est cet écart avec le monde et le torrent des mass media qui les rapproche.

Musée d’art contemporain Fernet-Branca
2 Rue du Ballon, 68300 Saint-Louis

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