Et je prendrai tout ce qu’il y a à prendre, premier roman signé Céline Lapertot

Céline Lapertot vient de publier son premier roman Et je prendrai tout ce qu’il y a à prendre aux Éditions Viviane Hamy. Zoom sur cette jeune auteure en pleine ascension.

Céline Lapertot est mère de deux enfants, professeur de français au Collège Leclerc à Schiltigheim et auteure à temps plein. Elle écrit depuis l’âge de neuf ans. Des poèmes d’abord, de l’ordre de l’instinct, de l’intuition. Puis, à partir de treize ans, elle a un déclic : elle prend conscience de sa maturité littéraire et se lance dans les romans.

Lauréate du concours de nouvelles des Éditions du Bord du Lot, elle voit la publication de son premier roman Les Éphémères lui être offerte en petite quantité. Mais, en janvier 2014, c’est Viviane Hamy qui décide de la publier et de faire la rentrée littéraire avec son roman Et je prendrai tout ce qu’il y a à prendre. Elle est en lice parmi huit titres pour le prix Poulet Malassis – du nom de l’éditeur des Fleurs du mal de Baudelaire – lors du salon du livre d’Alençon les 24 et 25 mai 2014.

Céline Lapertot a une véritable formation littéraire et cela se ressent dans sa plume. Originaire de Lunéville – son roman Les Éphémères se situe dans cette ville de Lorraine – elle fait sa première année de lettres à l’Université de Nancy puis vient à Strasbourg dès la deuxième année. Diplômée d’un Master de lettres, elle passe ensuite le CAPES pour devenir professeure de français. Elle avoue s’inspirer de son poste de professeur dans une ZEP pour puiser dans les brisures de l’enfance, thème qui l’inspire et qui nourrit sa plume.

Un premier roman poignant

Et je prendrai tout ce qu’il y a à prendre les raconte, ces brisures de l’enfance. Elle y traite la maltraitance et le parricide à travers le témoignage de Charlotte, victime depuis l’âge de sept ans des coups de son père. Dès les premières pages, le ton est lancé : Charlotte a tué son père. Et ce roman est la lettre-plaidoyer qu’elle écrit à 17 ans au juge pour lui raconter ces dix années de maltraitance qui ont mené au meurtre. Le roman est dur, bouleversant. Quand on lui demande pourquoi cet attrait pour le roman noir, Céline Lapertot répond : « J’aime la tragédie classique. J’aime le drame, j’aime ce qui est noir. Je trouve que ce sont les plus belles histoires, celles qui prennent aux tripes, qui arrachent le cœur. Je me plais dans cet univers. »

Ce roman est d’une grande maturité littéraire. Les références aux œuvres classiques y sont nombreuses. Charlotte y est décrite comme une véritable tragédienne : elle alterne entre Antigone, Iphigénie et Phèdre. C’est un personnage avant tout complexe.  Elle oscille entre la petite fille que son âge lui donne, dans son rapport à ses parents, dans ses rêves et angoisses propres à sa jeunesse, et est déjà « grande » dans sa maturité et dans sa complexité.

« L’écriture est le plus sûr des avocats »

Mais ce roman est également – et avant tout ? – un hymne à l’écriture. Charlotte se révèle être une véritable écrivaine, qui se libère, se construit et grandit à travers l’écriture. Elle l’utilise comme forme d’exutoire : « À l’intérieur de ce roman, l’écriture a une double fonction : plaidoyer pour sa liberté en tant que personnage. Et puis derrière, plaidoyer pour l’écriture parce qu’elle a su la sublimer, elle a su trouver tout ce qui fait la force de l’écriture. » Céline Lapertot tient à ce que son livre soit lu, non pas seulement comme le témoignage d’une adolescente maltraitée puis parricide, mais comme un éloge de la force de l’écriture. C’est par cette écriture que Charlotte va parvenir à se sauver et à puiser sa force. Elle va trouver refuge dans les livres, seuls éléments qu’elle parvient à faire entrer dans la cave qui lui sert de chambre, seuls liens vers la vie extérieure qu’elle souhaite tant rejoindre. Et ses aveux ne peuvent se faire qu’à travers l’écriture. Incapable de se confier par la parole, elle note ses dix années de calvaire qui mèneront au meurtre dans son carnet rouge destiné au juge.

Ce premier roman séduit par sa force et sa maturité. On est pris d’une curiosité malsaine, d’un désir de le lire d’une traite pour découvrir ce qui fera basculer Charlotte, la goutte d’eau salvatrice qui fera déborder ce vase de violence, de haine et d’injustice. Une belle découverte dans le paysage littéraire actuel, agrémentée d’une belle rencontre avec une jeune auteure généreuse et très terre-à-terre.

Une grande proximité avec ses lecteurs

Quand on lui demande son rapport aux réseaux sociaux, Céline Lapertot avoue y être très présente et s’en servir régulièrement : « Je suis très active sur Facebook. En tant qu’écrivain, c’est un bon tremplin. » Elle alimente régulièrement sa page de petits billets. Considérant les réseaux sociaux comme « un bon moyen d’entrer en contact avec les lecteurs et un lieu d’échanges et de rencontres », elle aime cette proximité avec ses lecteurs, ce contact permanent. Et ils lui rendent bien. Son roman a été très bien accueilli. Les blogs littéraires lui ont offert un accueil et une critique très positifs. Et Céline Lapertot souligne l’importance des blogs littéraires qui « compensent le manque d’espace réservé à la littérature » dans les médias.

Céline Lapertot est une auteure bien ancrée dans son époque, qui surfe sur l’évolution numérique en utilisant intelligemment et avec générosité les réseaux sociaux. On  attend avec impatience de découvrir son prochain roman.

 

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Texte : Camille Grossiord

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