Poursuivons notre petit tour dans les rues de Strasbourg, à la recherche d’autres œuvres d’art au cœur du centre-ville cette fois.

 

Sur la place du château, à côté du lycée Fustel de Coulanges, un « caveau pour le futur », signé Raymond Emile Waydelich. Y est inscrit : « Ville de Strasbourg, ici est conservée pour le futur une partie de notre mémoire. A n’ouvrir que le 23 septembre de l’an 3790 après Jésus-Christ. Un projet de Raymond Waydelich et Lydia Jacob. » S’ensuit l’énumération des partenaires de ce projet, comme Les Dernières Nouvelles d’Alsace, en lettres capitales. L’archéologue du futur y trouvera un échantillon large et significatif de quelques préoccupations de notre époque : inquiétude pour la survie des espèces et du patrimoine, mise en évidence des dernières trouvailles technologiques, pénurie alimentaire, crise d’identité et des valeurs et tant d’autres thèmes d’actualité.

 Sur la place du marché Gayot (PMG pour les habitués) la pierre trouée trône fièrement sur les pavés, en face des différentes terrasses. Signée Daniel Pontoreau, cette pierre trouée est « une idée de pierre dans l’univers » selon l’auteur. L’œuvre est un hommage au sculpteur Jean Clareboudt. Laissons la parole à l’artiste pour mieux comprendre comment cette pierre assez particulière a été installée sur cette place emblématique du centre-ville strasbourgeois : « Une idée matérielle : dense comme le météore que j’ai vu au-dessus de moi la nuit du 12 décembre 2009 dans le ciel d’Asfalou au Maroc. Météore qui a illuminé le ciel comme un soleil avant de se briser au sol dans un bruit de tonnerre ; une idée de pierre au cœur de la ville. Forme banale, modelée de mes mains puis offerte au métal en fusion. Idée de pierre qui demeure en moi, dans mon esprit, et repose sur le sol de la place du Marché Gayot (en espérant qu’elle fasse rêver les hommes ».

 

Dans le square Markos Botzaris, en face de l’Opéra, « la naissance de la civilisation » de Tomi Ungerer. « C’est le rhénanisme qui constitue la fondation de ma production » souligne le célèbre illustrateur alsacien. Orné de la tête de Janus, la statue a été fondue à Süssen dans le Wurtemberg en Allemagne d’après un modèle en plâtre réalisé par Denis Roth sur les conseils de Tomi Ungerer. Il figure une représentation de Strasbourg en « tête de pont » de la France vers l’Allemagne et l’Europe. Janus, le dieu des entreprises propices, symbole de l’honnêteté, de la paix et de l’abondance, en est la proue. La tête symbolise ainsi la double identité alsacienne et contemple le passé et l’avenir. Le morceau de l’aqueduc est formé de 5 000 briques maçonnées (et fabriquées à Hochfelden, en Alsace) autour d’une structure en béton armé. Le fronton porte une double inscription en latin et en français : « Argentoratum MM » d’un côté, « Strasbourg 2000 » de l’autre. Pour info, Strasbourg était autrefois un camp romain, Argentoratum, dont on trouve les vestiges des remparts à proximité de la fontaine. Un détour par l’histoire de notre ville, souvent méconnue, jamais oubliée.

 

Sur la place de l’université, numéro 9, le jardin de l’université offre un espace de méditation. L’installation de Mac Adams fait penser à la reconstitution d’un cadran solaire, d’une forme peu commune cependant. Si l’on vient au bon moment, entre 12h et 13h30, on peut apercevoir l’apparition d’un homme accroupi en position de lotus, ou en tout cas son image projetée au sol sur le disque. Une « plante hybride entre la jacinthe et le nénuphar » selon l’artiste, un intermédiaire entre la lumière et l’image projetée de l’homme accroupi.

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