Un titre enchanteur, une affiche de film colorée, un casting sympathique : la communication du Paradis des Bêtes semble refléter une comédie française, aux blagues légères et aux images fascinantes pour les enfants. Spectateurs, méfiez-vous des apparences…

C’est un tout autre genre que nous livre le premier long métrage d’Estelle Larrivaz. Un film dramatique abordant le thème du divorce difficile, un sujet douloureux qui touche un grand nombre de familles. La réalisatrice a choisi de raconter cette histoire à travers Dominique, un homme possessif et violent, interprété à merveille par Stefano Cassetti, habitué d’ailleurs à jouer ce genre de rôle – notamment dans Roberto Succo – mais aussi dans les yeux de deux enfants, Clarisse et Ferdinand.
Au côté de Dominique, sa sœur Stéphane (Muriel Robin), une mère célibataire et sévère qu’elle aide dans toute ses combines inconscientes et irréfléchies. La mère, jouée par Géraldine Pailhas se bat pendant tout le film pour retrouver ses enfants, et se débat des griffes de son mari violent. Le scénario ? Dominique dirige avec sa sœur un magasin animalier, le Paradis des Bêtes. Agressif, il dépasse les bornes avec sa femme Cathy et s’enfouit dans un grand hôtel de station de ski avec ses enfants, où il tente de retrouver leur amour. Une ambiance d’illusions, de mensonges et de non-dits qui livre un tableau de famille déroutant.

Au fil du l’histoire, le spectateur s’identifie dans la petite fille, qui, du haut de ses dix ans, est tiraillée entre le dégout pour son père brutal et la compassion pour un papa présent et aimant malgré tout.  Un tourbillon d’émotions, entre la naïveté du petit Ferdinand et le discernement de l’aînée, qui dénonce la difficulté de certains divorces, où la monnaie d’échange devient – inconsciemment – les enfants. La montagne comme décor illustre « une dualité propre au film : à l’image du père – séduisant et charismatique, et la seconde suivante, terrifiante – la montagne est magnifique et dangereuse ». Parole de la réalisatrice.
Un long-métrage à la justesse incroyable qui pose des interrogations récurrentes chez ces familles et qui dépeint un chemin de la haine aux prémices du pardon. Le paradis des Bêtes est magnifiquement touchant, dramatique et pesant, bref, un défi réussi avec brio pour Estelle Larrivaz et ses acteurs.

  Article rédigé par Charlotte Baechler

 

L’agenda culturel alsacien dans ta boîte mail. S'inscrire à la newsletter Coze

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation des cookies pour disposer de services et d'offres adaptés à vos centres d'intérêts.