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Weronika Gęsicka

Du 27 avril au 8 juin 2019
Vernissage : vendredi 26 avril à partir de 18h

À première vue, on identifie dans les oeuvres de la série Traces (2016), qui a révélé la jeune artiste polonaise Weronika Gęsicka au public international, l’atmosphère idéale du milieu du XXe siècle en Occident. Le baby boom, l’insouciance et le confort se parent de couleurs pastel. Des enfants sages et des femmes aux brushings impeccables évoluent dans des cuisines équipées, les pères rentrent du travail ou tondent la pelouse. Les images semblent familières, véhiculées par le cinéma, la télévision et la presse. Ces Traces sont des souvenirs collectifs mettant en scène des personnages anonymes dont nous ne savons même pas s’ils sont authentiques ou s’il s’agit d’acteurs posant pour les premières banques d’images. Toujours est-il qu’ils ont contribué à forger une certaine idée de l’espace-temps qu’ils représentent, et que Gęsicka s’attache à présent à déconstruire. Par la manipulation patiente et minutieuse de ces images vintage, elle introduit des failles dans la réalité, des incohérences béantes qui suscitent le doute. Les plans sont distordus par la fusion des personnages avec le décor. De dangereux accidents menacent et fragmentent les corps, et les visages en particulier ont tendance à disparaître. L’artiste rentre sous la peau des apparences, et ce faisant, évoque les non-dits de cette société idéalisée : le patriarcat, la non-représentation des minorités, le poids des injonctions morales, la normativité de la sexualité. Elle nous amène à réfléchir sur la valeur des conceptions dominantes avec un humour grinçant.

Une autre série, plus récente, joue avec les objets de notre quotidien pour en interroger la valeur représentative de notre société. Dans Collection, les images sont également détournées en intégrant des mécanismes de faille du souvenir : est-il fidèle, l’impression liée à un objet correspond-elle à un épisode du réel, à la véritable fonction de l’objet ?

Cette question de la mémoire se retrouve dans les objets surréalistes qui viennent répondre aux images en deux dimensions. Subtilement transformés, fusionnés avec d’autres images latentes, ces artefacts banals racontent des histoires qui semblent enracinées dans des souvenirs d’enfance troubles et vaguement inquiétants.

Née en 1984, Weronika Gęsicka est diplômée de l’Académie des Beaux-Arts de Varsovie. Après avoir obtenu une bourse du Ministère de la Culture polonais, elle a gagné le Prix des Talents Emergents LensCulture (2016) et le concours Talents Foam (2017). Elle a également été Finaliste du prix HSBC pour la photographie (2017) et du prix Levallois (2016). Ses œuvres ont été présentées au Foam Fotografiemuseum à Amsterdam (2017), à la Beaconsfield Gallery à Londres (2018), au Red Hook Labs à New York (2018) et au Frankfurter Kunstverein à Francfort (2018), et publiées par le New York Times, Foam Magazine, Art, The Guardian et Internazionale. Dans ses projets, Weronika Gęsicka traite de sujets reliés à la mémoire et ses mécanismes cachés. Influencée autant par les théories scientifiques que pseudo-scientifiques, elle est fascinée par la mnémonique et les différents types de dysfonctionnement qui affectent notre mémoire. Si son domaine privilégié est la photographie, avec un recours important à des images d’archives, elle crée également divers objets et artefacts.

La Chambre
4 place d’Austerlitz – Strasbourg
www.la-chambre.org

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