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© Bartosch Salmanski

Simon Jung, un artiste qui a du sens

Encore peu connu du grand public, Simon Jung est un jeune homme inspirant, en décalage avec bon nombre d’artistes que nous avons déjà eu la chance d’interviewer. Il aborde son art, avec une vision propre, entre sensibilité, science et écologie. Designer d’objet, artiste plasticien mais également permanent au sein d’Emmaüs, il arbore de nombreuses casquettes dans sa vie professionnelle. Nous avons totalement flashé sur ses collages, inventifs, originaux et colorés. C’est pour cette simple et bonne raison que nous lui avons laissé carte blanche au mois de mars. Un timing qui colle plutôt bien, car nous ne pouvions pas lui faire un plus beau cadeau pour son 30e anniversaire !

Enfant, Simon rêvait de devenir dessinateur de bande-dessinées. Finalement, le destin en a décidé autrement. Au cours de sa scolarité, c’est plutôt vers le domaine scientifique que notre artiste du mois s’est dirigé, même s’il a tout de même gardé un pied dans le domaine artistique. Il a étudié la science des matériaux, à travers une formation (DUT) à double parcours, alliée avec une école d’art. Pour aller plus loin encore, Simon a poursuivi cette quête de savoir et de connaissances en intégrant une licence éco-design. Un apprentissage qui lui a permis d’aborder l’art et la science avec une vision totalement différente, portée principalement sur l’utilisation des matériaux mais également sur l’impact environnemental de ce qu’il produit. À la suite de cette formation, Simon a passé un an en immersion au sein de la Matériauthèque (bibliothèque de matériaux) de Paris. Une expérience qui lui a permis de collecter de nombreux matériaux, en vue d’alimenter la base de données mais également d’accompagner de nombreux porteurs de projets dans leurs recherches et choix. Après cette césure, c’est finalement vers la capitale alsacienne qu’il s’est dirigé, pour compléter son panel de connaissances, avec un Master en Design à la Faculté d’Arts de Strasbourg.

Son travail
À la suite de ses études, Simon a enchaîné quelques contrats courts et voyages. Un réel besoin de changer d’air l’a poussé à tout quitter pour la Suède, où il n’est finalement resté que quelques mois avant de revenir en Alsace. C’est au cours de ce périple, qu’il a notamment été sensibilisé à la récupération et au recyclage de mobilier, témoin d’un réel commerce d’objets et meubles laissés à l’abandon dans la rue. Une expérience, mais également une vision qui l’a poussé, dès son retour, à se manifester chez Emmaüs à Scherwiller, (l’un des plus grands d’Alsace) dans l’optique de récupérer les matériaux en trop. Le courant étant bien passé, il y est resté, et cela fait maintenant deux ans qu’il œuvre aux côtés des nombreux compagnons. Un poste, qui aujourd’hui lui semble logique, comme une évidence.

Chez Emmaüs, c’est un peu la maison du bonheur. Ça respire la joie !

Consterné face à la quantité de matériaux jetés, Simon y a ouvert un atelier dans lequel il retravaille différentes matières: métaux, bois, plastiques, entre autres. Il recycle et transforme de nombreux objets, particulièrement du mobilier. Simon se complait lorsqu’il sent que ce qu’il fait est utile, mais également lorsqu’il arrive à donner une seconde voire une autre vie à ces objets. À travers eux, il raconte une histoire. Une sorte de pied de nez aux grandes agences de design, qui se soucient généralement peu de leur impact environnemental et de l’utilisation de certains matériaux en grande quantité. Ce projet a d’ailleurs fait naître dans l’esprit de Simon une belle initiative: rénover la menuiserie d’Emmaüs, afin de former les compagnons aux métiers du bois via la production de petits objets. Un travail qui aura pour objectif la formation, mais également la sensibilisation à la revalorisation de nombreux matériaux. Pour ce projet, il lancera prochainement une campagne, qui aura pour objectif le financement de nouveaux équipements. Son emploi chez Emmaüs lui permet de mêler le côté design et art au social. Un poste passionnant, mais qui peut aussi s’avérer de temps en temps plus compliqué que prévu, étant confronté à des parcours de vie totalement différents et parfois difficiles. Néanmoins, il assure être très épanoui, œuvrant au quotidien en adéquation avec ses valeurs.

C’est comme si j’étais un artiste du volume à travers l’objet

Mais Simon n’est pas seulement un designer d’objet. C’est aussi un artiste plasticien à part entière. Il touche à tout: modelage, peinture, illustration, graphisme… Sans oublier ses fameux collages, qu’il expose timidement sur son site et sur ses réseaux sociaux. C’est un médium qui lui paraît relativement naturel, étant lié au design de par la notion d’assemblage. Il se retrouve totalement dans ce type d’art via le côté manuel, par le toucher des matières et visuel, voir émotionnel, sur l’utilisation de certaines couleurs. Quand on lui demande de nous expliquer son œuvre, de nous parler de ses inspirations, Simon nous explique qu’il fonctionne beaucoup au feeling. Il est inspiré par ce qu’il voit et collecte les objets qui l’attirent sans aucune modération.

Ses actualités
Actuellement, Simon travaille aux côtés de sa petite amie sur la production d’un fanzine, qui sera distribué prochainement dans toute la ville de Strasbourg. Un bon moyen de se faire connaître du grand public ! En avril, Simon exposera, pour la toute première fois, l’une de ses œuvres à l’occasion de l’exposition collective Flàmmekueche ìsch Bombisch’, visible du 5 au 27 avril à la Galerie Art’Course. Il s’agira d’une boîte de tarte flambée customisée. Elle sera présentée aux côtés des productions d’une cinquantaine d’artistes de divers horizons. Il porte également l’ambition de proposer un projet artistique associé aux différents événements, comme le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, le festival Décibulles , qui louent chaque année du mobilier chez Emmaüs. On lui souhaite que ça marche ! Pour finir, Simon souhaite se consacrer un peu plus aux collages. Un médium qu’il veut approfondir, n’ayant pas encore la sensation d’en avoir fait le tour.

Site : simjung.wixsite.com
Instagram : @mis.gunjon

La couv’ vue par l’artiste :

« Alors, la couverture du numéro de mars de Coze magazine est née à partir d’un magazine de planètes où j’ai vu des images de cette planète mars, qui m’a aidé. Étant donné que je suis né au mois de mars et que je suis poisson, j’ai aussi voulu intégrer des poissons. Et donc, planète mars + poissons + collages, ça vous donne cette couverture. »

Test du tac au tac :

> Quel est ton endroit préféré dans le monde ? Le jardin de ma maison d’enfance
> Si tu devais garder une seule musique, ça serait laquelle ? Outkast – SpottieOttieDopaliscious
> Quel est ton plus gros défaut ? Trop bon, trop con
> Si tu devais crier quelque chose dans la rue, ça serait ? Ahouuuuu (hurlement d’un loup)

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