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C’est prodigieux ! de Magali Baribeau-Marchand + Bing, bang, plouf. d’Ikhyeon Park

Du 15 mars au 19 mai 2019
Vernissage : vendredi 15 mars à partir de 18h30

Magali Baribeau-Marchand et Ikhyeon Park présentent leurs expositions-retours de résidences à l’Espace international du CEAAC. Ils ont été lauréats en 2018 du programme d’échanges Grand Est, France / Saguenay-Lac-Saint-Jean, Québec, un projet porté par le Frac Alsace et Langage Plus, avec la collaboration du Centre Sagamie et du CEAAC.

C’est prodigieux ! de Magali Baribeau-Marchand
L’exposition C’est prodigieux! présente les recherches menées par Magali Baribeau-Marchand au cours de sa résidence de création à l’automne 2018. Durant deux mois, elle a choisi de fréquenter divers lieux de passage et de rassemblement à Strasbourg, en s’intéressant aux objets qui y sont déposés. Chargées de symboles festifs, commémoratifs ou rassembleurs, ces offrandes passent parfois inaperçues mais contribuent à créer du lien entre les gens. Souhaitant révéler le potentiel sensible de ces objets et guidée par ce concept archéologique selon lequel «tous les fragments ont de l’importance», l’artiste a ainsi prélevé dans l’espace public une multitude de signes tangibles ou infimes. En résulte un corpus sculptural témoin de son expérience, ainsi que des dispositifs plastiques magnifiant le détail, rendant précieux l’anodin.

Au cours de son séjour, Magali Baribeau-Marchand a mené différentes «cueillettes», telles qu’elle se plaît à les nommer : confettis ramassés au sol à la suite de célébrations, consignés avec leurs lieux, dates et anecdotes, propos d’inconnus glanés sur la place publique, collection de postures de corps s’attardant à une offrande commémorative, ou même cailloux et minuscules objets des rues.

Se faisant, elle expérimente un rapport au temps décalé qui prône, à travers la flânerie et la dérive, le geste d’observer et l’importance du don, de la trouvaille et de la surprise dans le tissu social. Entrant dans une relation sensible avec la ville en suivant les mouvements internes qui la composent et en tentant de saisir l’humanité qui l’habite, Magali Baribeau-Marchand cherche à mettre en lumière cette poésie dissimulée dans le quotidien ordinaire.

Magali Baribeau-Marchand
La nostalgie et la fascination sont au cœur de la pratique artistique de Magali Baribeau-Marchand, guidant ses actions et donnant libre cours à des mises en espace narratives. Sa démarche se manifeste principalement par la sculpture, l’installation et l’intervention ainsi que par l’emploi de matériaux bruts et délicats. L’artiste articule ainsi des corpus d’objets (trouvés, vétustes ou bricolés) afin d’en activer la charge sensible insoupçonnée.

Magali Baribeau-Marchand s’intéresse à la fragilité des liens sociaux, à la petite histoire, aux réminiscences de la mémoire, à la précarité et la désuétude. Sa recherche entretient un lien étroit au territoire et au déplacement, se déployant souvent sur le terrain par le biais de collectes et de rencontres. Elle y explore des manifestations de présence et d’absence, d’apparition et de disparition, s’attarde aux récits, aux gestes et aux traces qui en résultent.

En créant des associations poétiques et des dispositifs parfois aussi familiers que déstabilisants, l’artiste joue sur le fil entre confort et malaise, légèreté et gravité. Son langage plastique épuré prend ainsi forme dans l’idée de mettre en lumière des éléments isolés pour les rendre précieux.

Bing, bang, plouf. d’Ikhyeon Park
« …La destruction reste l’alternative fondamentale à la production : la consommation n’est qu’un terme intermédiaire entre les deux. Il y a une tendance profonde dans la consommation à se dépasser, à se transfigurer dans la destruction. » Jean Baudrillard, La société de consommation, Éd. Denoël, 1970.

C’est avec une ironie certaine qu’Ikhyeon Park pointe son regard sur des concepts-fleuves de notre époque, et notamment celui de «développement durable». Un véritable oxymore selon l’artiste, continuant sous couvert de l’argument du recyclable à soutenir une consommation en réalité toujours aussi massive et par là, à masquer le vrai cœur du problème.

Rapprochant formellement l’univers, à première vue graphique et coloré, de ces déchets d’emballages ordinaires à celui des armes à feu – dont l’omniprésence mondiale pose également question – Ikhyeon Park développe avec humour l’idée d’ «arme neutralisée». Coques transparentes devenues réceptacles de jolies ordures, ces pistolets et fusils aux allures de jouets – ou vanités de conscience tranquille – n’en demeurent en effet pas moins des symboles de violence.

Établissant un lien allégorique entre pouvoir de l’arme à feu et pouvoir de consommation, c’est face à leur conséquence commune – l’autodestruction – que l’artiste souhaite nous placer. Une puissance délétère dont nous disposons tous sans forcément se l’avouer ni penser son bon usage…

Bing, Bang, Plouf. est le résultat des recherches menées par l’artiste lors de sa résidence à Alma en 2018, dans le cadre du programme d’échanges porté par Langage Plus et le Frac Alsace, avec la collaboration du Centre Sagamie et du CEAAC. Présenté une première fois au Centre d’art Langage Plus à l’issue de son séjour, ce projet d’exposition se déploie à présent au sein de l’Espace international du CEAAC.

Ikhyeon Park
Issu d’un cursus en design à l’Université Konkuk de Séoul et en art à l’École Supérieure des Beaux-Arts de Lyon et à la HEAR de Strasbourg, Ikhyeon Park inscrit sa démarche dans une poésie de la composition plastique.

Se jouant des codes et des registres artistiques établis, l’artiste explore à la fois la perméabilité des disciplines – du design en passant par les arts du spectacle – et l’imperméabilité des frontières culturelles et politiques qu’il a pu traverser.

Ses œuvres questionnent la flexibilité de la forme artistique mais aussi la perception de notre monde en révélant les contradictions dissimulées au cœur des interactions sociales. S’intéressant à la forme comme au fond, l’allégorie de la mise en scène du quotidien demeure ainsi le motif central de sa recherche artistique.

Dans l’esprit d’un chercheur, Ikhyeon Park pratique une forme d’art relationnel à travers des laboratoires plastiques et des ateliers collaboratifs avec le public ou d’autres artistes d’origines et de cultures diverse.

CEAAC
7 rue de l’Abrevoir – Strasbourg
ceaac.org

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