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Raymond Emile Waydelich, le visonnaire

À l’occasion de l’exposition « 50 ans d’estampe avec Lydia Jacob » de Raymond E. Waydelich, qui s’est tenue au sein de la galerie strasbourgeoise l’Estampe en novembre, nous avons eu la chance de rencontrer cet artiste qui figure parmi les incontournables de la région. Archéologue du futur, explorateur, chercheur, et même commandeur de l’ordre des arts et des lettres, Raymond E. Waydelich est un homme généreux, attentif à ses contemporains, inventif et passionné. Un être fascinant que nous allons tenter de vous faire découvrir à travers ces quelques lignes.

Raymond E. Waydelich est né en 1938 à Strasbourg. Dès son plus jeune âge, il s’intéresse au monde et à son passé, notamment à travers l’archéologie qui le fascine. Après une formation de sculpture sur bois dans l’atelier de son père, il rejoint les Arts Décoratifs de Strasbourg puis de Paris. À l’issue de sa formation en art, il se rend en Algérie, en tant que photographe pour l’armée. Raymond E. Waydelich y réalisera son premier reportage photo, sur des sites de fouilles romaines. À son retour, son attrait pour l’archéologie devient de plus en plus important, il mêle alors ses deux passions, l’histoire et l’art.

Son travail
Raymond E. Waydelich est un personnage aux multiples talents, hyperactif et touche à tout. À aujourd’hui 80 ans, cet artiste folklorique peut prétendre avoir exploré de nombreuses facettes de l’Art avec un grand A, et a surtout excellé dans la plupart d’entre elles. Son exposition rétrospective, présentée à l’Estampe a notamment célébré ses 30 ans de collaboration avec la galerie, mais également l’éventail des techniques qu’il a pu utiliser au cours de sa carrière. De ses premières éditions, des sérigraphies, datées de 1973 et imprimées à Strasbourg, à des lithographies imprimées au japon, ou encore de la gravure sur cuivre, des gravures en pointes sèches, des aquatintes, sans oublier les aquagravures, qui sont l’un des moyens plastiques les plus représentatifs de son œuvre, l’exposition a offert un tour d’horizon mais aussi un hommage largement mérité à cet artiste réputé pour son inventivité et sa créativité.

Archéologue du futur, explorateur, chercheur, et même Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres, Raymond E. Waydelich est un homme généreux, attentif à ses contemporains, inventif et passionné.

Ses travaux prennent souvent la forme d’hommages à un personnage célèbre, à des marques, à des lieux, ou font mémoire des voyages imaginaires de Lydia Jacob. Ses oeuvres sont fréquemment investies par un bestiaire truculent aux expressions mi-animales mi-humaines (crocodiles, cerfs, cochons, volailles, poissons…), dans un esprit poétique teinté d’humour, d’onirisme et d’humanisme. De son œuvre, on retient surtout le nom de Lydia Jacob. Une rencontre fortuite avec cette apprentie couturière à travers un manuscrit datant de 1890 dont il fait l’acquisition lors d’un marché aux puces. À partir de ce journal, il réinvente la vie de cette jeune femme, originaire du quartier du Neudorf, tout comme lui. Elle devient en quelque sorte son associée, sa muse. Il lui voue depuis une grande partie de ses travaux, dans un cycle qu’il a nommé « Lydia Jacob Story » et qui a contribué à la reconnaissance de l’artiste sur la scène internationale. Une notoriété qui lui a permis, en 1978, d’être sélectionné pour représenter la France à la Biennale de Venise. Le deuxième artiste alsacien, environ 20 ans après Hans Arp.

Le temps et la mémoire sont les deux grandes pistes de son travail pour évoquer les traces de notre civilisation, notre mémoire du futur. En écho à son attrait pour l’histoire, le passé, qu’il aime aborder avec malice, mais également à ses nombreux voyages, qui l’ont inspiré tout au long de sa vie, Raymond E. Waydelich peut aussi bien être qualifié comme un « archéologue du futur ». Tout au long de sa carrière, l’artiste-explorateur a par ailleurs collecté de nombreux objets du quotidien, s’est focalisé sur leurs transformations anticipées avec l’action du temps et tente de les préserver pour les générations futures. Un travail de conservation innovant, qu’on retrouve particulièrement sur l’un de ces projets les plus inventifs, le « Caveau du futur » : initiative sous forme de capsule temporelle, enfouie en septembre 1995, sous une plaque de fonte incrustée dans le sol de la place du Château à Strasbourg, qui consiste à préserver objets, documents et messages destinés aux archéologues de l’an 3790. Rien que ça ! Pour la retrouver, cherchez la plaque de fonte portant les inscriptions « Ici est conservé pour le futur une partie de notre mémoire, à n’ouvrir que le 23 septembre de l’an 3790 après Jésus-Christ, inaugurée par Raymond E. Waydelich et Lydia Jacob ».

Ses actualités
Raymond E. Waydelich expose actuellement quelques unes de ses œuvres au Musée Würth, dans le cadre de l’exposition Namibia, l’art d’une jeune génération, visible jusqu’au 26 mai 2019. Parallèlement, on le retrouve au CIARUS jusqu’au 4 janvier 2019, à l’occasion d’une exposition-vente au profit de L’Art au-delà du regard, une association qui a pour vocation exclusive de promouvoir l’accession des publics de non-voyants et mal-voyants aux émotions de la découverte de l’art, la nature et la culture, sous leurs formes les plus immédiates comme celles les plus élaborées. Il présente, dans ce cadre-là, 54 cartes à jouer, réalisées sous forme de collages et réduites au format, signées et encadrées.

De son œuvre, on retient surtout le nom de Lydia Jacob.

Par ailleurs, un beau catalogue de ses œuvres reste visible et en vente, chez son éditeur principal : la galerie l’Estampe.

À noter que Raymond E. Waydelich prévoit déjà de travailler, de son atelier à Hindisheim, sur une nouvelle édition d’ici le début de l’année 2019.

estampe.fr

La couv’ :

Détail de « La Nuit du Crocodile », aquagravure rehaussée à l’or fin de 2012, 35×55 cm

Test du tac au tac :

Quel est ton endroit préféré dans le monde ? L’Alsace et le pays de Bade
Si tu devais garder une seule musique, ça serait laquelle ? Schubert – Ave Maria
Quel est ton plus gros défaut ? Je n’en ai pas
Si tu devais crier quelque chose dans la rue, ça serait ? Amen

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