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De passage brièvement sur sa terre natale, à l’occasion d’un guest, fin septembre et début octobre au Baron Samedi, nous avons eu la chance d’intercepter Laura Frank pour une couverture et une interview exclusive pour notre numéro d’octobre.
© Melenciel

Laura Frank alias Linseï, l’Art au service de la nature

De passage brièvement sur sa terre natale, à l’occasion d’un guest, fin septembre et début octobre au Baron Samedi, nous avons eu la chance d’intercepter Laura Frank pour une couverture et une interview exclusive pour notre numéro d’octobre. Une chance, sachant que cette baroudeuse ne passe que très rarement dans la région, car elle a élu domicile à l’autre bout du monde. Autant vous dire qu’il est quasiment impossible de rester impassible face à ce bout de jeune femme, à son esprit, sa passion et sa volonté de faire bouger les choses ! C’est parti !

Laura Frank a grandi en Alsace, à Achenheim. Elle a suivi une scolarité générale, avant de se diriger vers le milieu artistique, et plus spécifiquement la mode. Diplômée de LISAA (Strasbourg puis Nantes), elle a enchaîné quelques expériences, notamment chez Etam ou auprès de la créatrice Karine Lecchi, avant de tout remettre en question. Confrontée à un environnement et à une manière de penser qui n’était pas la sienne, Laura a perdu de l’intérêt pour ce milieu. Elle avait besoin de faire quelque chose qui avait du sens, et a décidé de partir au bout du monde : en Nouvelle-Zélande. Un pays où elle a pu retrouver ce qui était essentiel pour elle.

Son travail
Plus attirée par l’histoire, les traditions et la culture que le design en lui-même, Laura s’est indubitablement retrouvée dans l’art du tatouage, part entière de la culture locale. Un univers lié à la mode, notamment par le côté ornemental et sociologique, mais qui lui a apporté une sensation radicalement différente, celle d’être en contact avec quelque chose de vrai, de profond, de pérenne. C’est donc en Nouvelle-Zélande que Laura s’est initiée à cette nouvelle forme d’art, mais aussi à son nouveau support, en abordant dès le départ le côté sacré et tribal de la chose. Dans la culture Maoris, le tatouage est symbole de rite de passage, il raconte une histoire, l’histoire de celui qui le porte. Pour Laura, tatouer c’est partager, c’est s’imprégner de l’histoire de son sujet, mais aussi de passer de l’énergie à travers son corps. Lorsqu’elle œuvre, nous a-t-elle confié, elle peut aller jusqu’à se retrouver en méditation, démontrant l’intensité de l’intention qu’elle met et qu’elle propage dans le corps de l’autre. Honorée, elle rend hommage à la confiance qu’on lui apporte, et ce qui est sûr, c’est qu’elle ne prend pas ça à la légère. Elle nous a partagé apprécier y passer du temps, créer ce lien. Ce qui est fascinant, c’est qu’elle se rappelle de toutes les personnes qu’elle a tatouées, de leurs histoires. Aujourd’hui, cela fait partie intégrante de la sienne.

J’essaye de sensibiliser les gens, d’une manière poétique, à travers l’Art.

Techniquement parlant, Laura travaille en dotwork, c’est à dire qu’elle recrée les ombrages avec des points. C’est un style qui donne une texture et un aspect différent au tatouage, un choix visuel qui donne comme une impression de gravure. Côté dessin, Laura a un vrai univers à part, principalement tourné vers le monde océanique. Une évidence pour cette jeune femme, amoureuse de la flore sous-marine et fille de plongeuse. On y retrouve souvent des coraux, des coquillages, des requins mais aussi et surtout la sirène, qui est l’une de ses icônes ainsi qu’un réel message d’appel. Souvent représentée avec un coquillage sur la tête, comme des sortes d’œillères qui la rendent aveugle, elle symbolise ce qui nous empêche de voir ce qui se passe autour de nous, comme la surconsommation ou le côté capitaliste de notre monde occidental.

Le fait d’être témoin, chaque jour, de la dégradation de notre environnement lui a donné une réelle volonté de s’impliquer dans des causes qui ont du sens. C’est ainsi que Laura a rejoint Sea Shepherd. Elle a obtenu, au sein de cette organisation une certification en « Coral Propagation » (replanter des jardins de coraux) et projette de devenir instructrice. À savoir, qu’elle reverse 20% de ses revenus, issus de tatouages représentants l’univers océanique à l’association, bluffant !

Néanmoins, Laura n’a pas totalement perdu son amour pour le papier. Elle continue à dessiner et produit différentes séries de peintures, en rapport avec ses voyages, avec l’océan (notamment la couverture) ou encore avec le tarot.

Ses actualités
En mai 2018, Laura s’est installée à Bali, et vit désormais à quelques kilomètres de l’océan : une nouvelle maison où elle se voit déjà construire un avenir. C’est ici, qu’elle a prévu d’ouvrir, d’ici le début de l’année 2019 son propre shop, au sein d’une villa qui sera cogérée avec une amie et collaboratrice, Tara. Cette villa, nommée BodhiKulture, et située à Canggu, sera basée sur la culture de la métamorphose. Elle sera composée en deux parties : le Bodhi Lab, le côté fitness/méditation/bien-être, géré par sa collaboratrice, et le Bodhïnk, salon de tatouage, où Laura pourra laisser libre court à son art et passer du « quality time » avec ses clients. Elles proposeront également des logements, à l’image de leurs univers, pour accueillir leurs clients. En bref, un environnement complet, ornemental et sensoriel, dans lequel elles pourront réapprendre à leurs clients que leur corps est sacré et qu’il faut l’aimer ! Parallèlement, Laura a un projet de longue haleine : monter une exposition autour de l’océan pour l’ADEX (Asian Dive Expo), qu’elle a déjà nommée « Under the line ». Elle abordera tout ce qu’il y a « en dessous de tout ce qu’on veut bien nous dire ».

On est tous fait de liquide, on vient tous de l’océan.

Laura sera également à Amsterdam, pour un guest au Sea Shepherd Tattoo Studio, du 9 au 12 octobre. Tous les fonds qu’elle y récoltera seront reversés à l’association.

C’est impressionnant, touchant et interpellant de voir quelqu’un d’aussi passionné, impliqué et généreux. Laura ne perd pas espoir et continuera encore et toujours à nous interpeller et véhiculer poétiquement ses messages à travers son art. Continue comme ça !

La couv’ vue par l’artiste :
« Cette œuvre elle parle de l’océan, elle parle de graphisme, elle parle de plein de choses. Pourquoi une œuvre sous l’eau ? On s’est rendu compte que quand une œuvre est dans un musée, on a un comportement très respectueux, assez sacré. On regarde, on admire mais on ne touche pas, et c’était une manière d’implanter de l’Art sous l’eau et dans l’océan, d’en faire notre musée et donc de rendre son côté sacré à l’océan. Les coraux, tu les vois, tu les admires, tu ne les touches pas. C’est des animaux, c’est des créatures fragiles. C’est une manière de sensibiliser les gens à la la pollution et à la dégradation de la faune marine. C’est tout un sujet. L’œuvre est grandement inspirée de Lucia Baranová, mon instructrice Sea Shepherd, qui m’a enseigné la « Coral propagation », mettre la main à la patte et essayer de faire quelque chose de bien de son temps libre. Donc oui, l’œuvre elle parle de cette nana, elle parle du rapport à l’océan que j’ai sans avoir. Je suis née à Strasbourg mais j’ai toujours eu un cœur qui appartenait à l’océan et là maintenant, de plonger, de me rendre compte de ce qui se passe, en tant qu’artiste ça m’a donné envie de donner mon regard là-dessus. De faire cette œuvre c’est parler de tous les problèmes qu’on a mais c’est aussi rappeler à quel point c’est beau… Si vous pouvez éviter d’utiliser du plastique, si vous pouvez choisir mieux vos produits, de faire un effort, quand bien même vous voyez l’océan que pendant les vacances, je vous assure que ça peut changer plein de choses. »

Test du tac au tac :
Quel est ton endroit préféré dans le monde ? Mahia Beach en Nouvelle-Zélande
Si tu devais garder une seule musique, ça serait laquelle ? Clozee – Apsara Calling
Quel est ton plus gros défaut ? Bornée
Si tu devais crier quelque chose dans la rue, ça serait ? Serendipity

linsei.com
Facebook – Linseifk
Instagram – @linseifk

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