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Apparition disparition de Tiphaine Gondouin

Du 8 au 30 septembre 2018
Vernissage : samedi 8 septembre à partir de 18h30

A la mémoire de J. L. Déotte (philosophe français, professeur à l'université de Paris VIII Saint-Denis) récemment disparu, connaisseur de mon travail et qui avait écrit ces quelques lignes à propos de la série « Apparition-Disparition » au début de sa création, lorsqu’elle s’inscrivait dans un travail universitaire de thèse :

« Au fond, on doit faire l’hypothèse que la photo génère tout à la fois le réel photogénique mais aussi sa disparition possible. On comprend alors qu’à partir de l’époque de la photographie, dans l’histoire des hommes, on ait pu faire disparaître absolument sans traces un corps, des corps, des millions de corps. C’est la raison pour laquelle, T. Gondouin peut écrire de belles pages sur le noir, à partir de sa série Apparition-Disparition I, II, III, en citant Pierre Soulages, Bernar Venet, Philippe Gronon. Ceci pour introduire à une dernière série Apparition-Disparition 4-2 (photo argentique noir et blanc, 12,5x17cm, 2012). A partir d’une série archéologique de négatifs de temples extrême-orientaux (le lieu n’est pas référencé), elle s’est exercée à faire disparaître graduellement au développement une partie de l’image : « la procédure à l’œuvre fut la suivante : la longueur de chaque plaque étant de dix-sept centimètres, l’image allait donc être découpée en dix-sept sections verticales. A chaque section, j’allais rajouter une seconde de lumière supplémentaire.

Autrement dit, un centimètre = une seconde de lumière. Cette manière de faire allait donc se répéter pour chaque image à développer : là était le sujet de ce travail, l’objectif de la série. J’obtins alors des images à chaque fois différentes, variantes dans leur manière de laisser découvrir ce qui était représenté. Du blanc du papier où pratiquement rien n’apparaît jusqu’au noir où l’on ne discerne plus le moindre détail, nous naviguons entre deux aveuglements allant de la blancheur à la noirceur. »

Ce travail d’artiste résume d’une manière exemplaire la thèse, la procédure technique est devenue le thème de la série, l’objet le sujet. Mais en même temps, elle procède à la disparition du référent, ces temples, ces asiatiques, méthodiquement. La photographe a eu conscience de parachever une action qui probablement avait déjà eu lieu au Cambodge, au Laos, au Viet- Nam, en Chine ? Nous sommes bien dans l’énigmatique temporalité du déjà-vu. Ces personnages, ces temples, vont disparaître tôt ou tard parce que cette réalité a déjà été liquidée : c’est immédiatement ce qui m’a touché dans ces images. »

Jean-Louis Déotte, « Tiphaine Gondouin : le réel est photogénique », Ici et ailleurs [en ligne], URL : http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article275 , décembre 2012.

Maison de l’Amérique Latine – Café Libro
7 rue de la course – Strasbourg
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