Accueil » Expo and co » Archives » Le crépuscule est grandiose
© Benoit Linder

Le crépuscule est grandiose

Jusqu’au 2 juin 2018

« Le crépuscule, c’est l’heure où les fleurs font leur prière. » Corot
« Ce soleil qu’on espère est un soleil couché. » Hugo, prélude aux chants du crépuscule

Le crépuscule est cette lumière incertaine qui succède immédiatement au coucher du soleil, le déclin du
jour, la nuit tombante.

On parle aussi de crépuscule d’un empire pour signifier les périodes de décadence.
Les choses étant de plus en plus troubles et mal définies, dansons sur les ruines.

« Le crépuscule est grandiose » est tiré de cette sublime chanson de Christophe, les paradis perdus.
Dans une période ambigue et nihiliste, portons notre veste de soie rose sans la retourner.
Cette ancienne manufacture de tabacs, laissée à l’état brut, riche d’un passé industriel où la qualité de la main d’œuvre était primordiale accueillera ces artistes :

Hervé Bohnert, le crépuscule du sacré
Boulanger, célèbre pour son pain d’épices et son énergie brute ; il magnifie la mort par l’os et le sang. Un art du sacré et du ressenti, où il s’agit simplement d’être là, au contact avec la matière.
Il fait revivre le patrimoine catholique et les figures religieuses oubliées.

Arnaud Roustan, le crépuscule précieux
Rédacteur et écrivain, après son livre « violence du moyen » sur l’incommunicabilité et la médiocrité ordinaire ; il nous livre quelques photos-sculptures-bijoux en déplaçant les pierres, autels modernes où le Christ n’est plus en croix mais un simple crâne, où les pierres deviennent mémoire de tombeaux. Une apologie de la nature spinozienne, à coup de minéraux, force énergétique et minimaliste.

Eric Antoine, le crépuscule mélancolique
Installé au Hohwald, Eric Antoine magnifie les forêts et les personnages qu’il rencontre, ici Pascal.
Ce personnage, par des situations ordinaires nous ressemble : à table, sur le lit, dans les bois.
Une langueur, une apologie de l’être là et de l’absence qu’on voit dans la solitude d’une chaise, une fin de repas, ou un miroir brisé.
Comme si Morandi était devenu photographe.

Benoit Linder, le crépuscule domestique
Photographe de tournage et collectionneur de livres, il passe de Tatort à une transcendance du domestique.
Un travail sur la nostalgie,la disparation, la trace, entre abstraction et retour à l’enfance.
Un questionnement sur le temps qui passe et les liens qui se dénouent.

Stéphanie-Lucie Mathern, le crépuscule de la couleur
Esthète de tous les dérèglements, elle lie peinture et écriture, absolu et dérisoire. Elle pense que l’homme est mort avec Dieu, et que seul l’absurde et une paire de chaussures valables peut nous faire oublier le malaise.
Elle impose un geste viscéral, intègre la destruction, et pose les couleurs comme des touches criminelles au milieu de personnages fracturés dans un monde laissé à l’abandon.

Différents regards sur un déclin gracieux qui appelleront à retrouver jusqu’au 2 juin les paradis perdus.

Manufacture de Tabacs
7 rue de la Krutenau – Strasbourg
www.facebook.com/pages/La-Manufakture

À propos L'équipe COZE

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

x

Check Also

Bande-dessinée et immigration : un siècle d’histoire(s) par le musée national de l’histoire de l’immigration

Du 7 au 23 novembre 2018 Depuis ses débuts, l’histoire de la bande-dessinée est liée ...