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Dominique Kippelen, une citoyenne du monde au service de l’Art

À l’occasion des 20 ans du MAMCS – Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, nous avons souhaité faire appel à une artiste locale, ancrée dans le quartier du Port du Rhin, proche de cette entité incontournable. Il s’agit de Dominique Kippelen, une personnalité ouverte sur le monde, inspirante et surtout impressionnante de part ses nombreux médiums. Suivant un fil conducteur mais n’ayant aucune constante plastique, elle a réalisé un large éventail d’œuvres, allant de l’installation monumentale à des projets nomades et participatifs. C’est parti pour le voyage !

Dominique Kippelen © Melenciel

Dominique est née au Port du Rhin, le jour où elle est devenue artiste. Originaire du sud de l’Alsace, elle s’est installée à Strasbourg où elle a fait une partie de ses études, notamment une maîtrise d’Arts Plastiques à l’Université des Sciences Humaines et s’est imprégnée d’un territoire si singulier, rapidement devenu une sorte de bateau ancré dans sa vie. Un quartier mais pas seulement, une atmosphère créative qui l’inspire et l’ouvre vers différents horizons. Dominique respire un vrai goût pour l’ailleurs, la poésie, l’inattendu et vit aux antipodes de notre société actuelle, en contradiction avec un système de consommation et la superficialité. Ce qu’elle recherche, ce sont des choses profondes et vraies !

Son travail
Nous avons rencontré Dominique à son atelier situé au sein de la Coopérative du Port du Rhin, un lieu atypique, poétique et inspirant. Alsacienne mais surtout citoyenne du monde, elle nous a présenté une grande partie de ses productions, allant de la sculpture au dessin et aux diverses installations. Nous avons pu découvrir tous les courants invisibles qui traversent son espace de création, de part et d’autre venant du Sud, du Nord, d’Est et d’Ouest. Elle a mis, dans son travail, un point d’honneur à élaborer des projets allant à la rencontre des territoires, d’espaces étrangers, de populations et de ceux qui les traversent. Cela, a travers de nombreux voyages et résidences. Sa réflexion va aux espaces incertains, en transition, aux espaces fluctuants.

Dominique cherche constamment à créer des dispositifs, à travers différents médiums et types de matériaux, suivant un fil conducteur autour d’installations sonores, lumineuses, végétales, … Leurs statuts sont à la fois indistincts mais multiples, hésitant entre des espaces « déboités », hétérogènes, des espaces en transition, laissant percevoir la possibilité d’une unité.

« SI “ÉCRIRE C’EST HURLER SANS BRUIT” POUR MARGUERITE DURAS, POUR MOI “DESSINER EST UN CRI SILENCIEUX QUI M’ABSORBE TOUT ENTIÈREMENT”. BLANC EST LE PAPIER, INVISIBLE EST LE TRACÉ PREMIER »

À l’origine de son ancrage au Port du Rhin, résulte d’une immersion de six mois dans une fabrique d’engrais où elle a pu créer un espace de 1200m2 autour de son installation « Les gouttes de pluie dans la poussière », une expérience radicale qui a particulièrement modifié son regard et sa pensée sur le monde, mais qui a également sculpté son être.

Certains artistes l’aident à réfléchir sur son œuvre, notamment le travail de Caspar David Driedrich et Boetti de l’Arte Povera à travers leurs intérêts pour la dislocation, la désagrégation et leur nature incertaine. L’œuvre de Richard Deacon l’accompagne également sur la question de la limite de l’espace. Ses intérêts vont aussi vers certaines formes du Land Art pour leur capacité à s’être échappées des musées et des lieux d’arts.

Par le passé, les installations de Dominique ont pris forme à partir de lieux extrêmement variés : une usine textile désaffectée en Angleterre, un hangar à Beyrouth et un autre à Los Angeles, le sol d’un musée au Maroc,… Selon elle, l’art est un engagement, souvent conçu sous la forme de parcours initiatique autant pour celui qui le crée que que pour celui qui le perçoit. Cette manière nomade d’envisager la création lui a permis l’apparition de réalisations en apparence toujours renouvelée, avec toutefois des constantes conceptuelles dans ses réflexions, des fils conducteurs et des filiations. Ces dernières années ont été plus sédentaires : réalisations et projets visibles sous diverses formes dans son atelier.

Ses actualités
Actuellement, Dominique travaille sur plusieurs projets. Elle développe la notion de passage et de mémoire à travers son installation monumentale «Panthéon»: une production en flux de dessins, accumulés en grand nombre, à la facture sobre et dépouillée qui ne cessera jamais de s’étendre. Les 20 ans du MAMCS seront l’occasion de découvrir dix d’entre eux, achetés et exposés par le musée dans le cadre de la saison Happy 20. Nous avons également l’honneur de pouvoir en présenter deux d’entre eux en couverture du magazine ce mois-ci.

Le mois de mai sera également synonyme de voyage pour Dominique, qui s’envolera pour les Etats-Unis et plus précisément Los Angeles pour une résidence avec Side Street Project autour de son projet «Topographia de uma cidade grande», un projet voyageur et participatif né à Sao Paulo. Il s’est construit comme un laboratoire autour du bois et des essences locales, avec pour objectif de créer un espace poétique global, regroupant toutes les pièces réalisées avec les populations locales.

Dominique travaille en parallèle sur un dessin panoramique de 9m «Nouvelle famille en bandes organisées» pour le Centre Européen des Résistants Déportés ; sur une installation monumentale « La mer des glaces », en hommage à Caspar David Friedrich, sur « Sharpy aware », un autre projet à base d’eau sous pression, ainsi qu’ « Um jardim invisivel », un travail d’installations, terre – béton – végétaux.

Vous l’aurez compris, Dominique vit d’un réel engagement personnel autour de son œuvre et c’est juste magnifique !

La couv’ vue par l’artiste
« L’anniversaire du Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg, le MAMCS, me donne l’occasion de présenter une partie de cette installation qui s’appelle «Panthéon» et qui fait référence à des portraits de femmes tout au courant des siècles passés. Ce qui est intéressant c’est que chaque femme, pour l’instant, a eu sa propre feuille et actuellement je suis entrain de réfléchir à comment je pourrais faire des liens graphiques entre chaque portrait. Cette couverture est l’occasion de réfléchir à comment faire un passage entre deux portraits graphiquement ».

Test du tac au tac :
Ton endroit préféré dans le monde ? Un réseau entre mon atelier et toutes les personnes que j’ai la chance de rencontrer grâce à l’Art.
Si tu devais garder une seule musique, ça serait laquelle ? Le chant des oiseaux
Ton plus gros défaut ? D’exister, parce que l’être humain fait beaucoup de ravages sur la terre
Si tu devais crier un mot dans la rue, ça serait ? Le silence

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