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Le cri de Kehder

Du 27 mars au 29 avril 2018
Vernissage : mardi 27 mars à partir de 18h30

En présence du peintre KHEDER HAJI DAHAM et de l’auteur et critique d’art Christian Schmitt

Qui est KEHDER?
Artiste-peintre de la communauté yézidi, connu sous son prénom KHEDER, né en Irak le 12/07/1972 d’où il part avec sa famille en 1975 pour la Syrie et s’installe près de la frontière irakienne.
Après les événements touchant la Syrie dans les années 2010, il retourne vivre en Irak où la communauté yézidi devient la cible de Daesh.
Sous les bombardements, sa maison et son atelier sont complètement détruits et de nombreuses toiles, dessins et sculptures sont perdus.
Pour fuir le génocide dont sa communauté est victime, il se réfugie en France avec sa famille où il obtient le statut de réfugié politique le 9/12/2014.

Aujourd’hui Kehder travaille dans une cave de 15m2 sans lumière du jour et sans matériel.

SA PEINTURE
Une peinture « violente »
«Ma peinture, dit-il, a toujours été violente et la montée du régime de Daesh a renforcé cet aspect» .
Cette violence est révélée dans toutes ses toiles à travers des visages mortifiées par l’angoisse et la peur. (proche de l’univers morbide d’Otto Dix et de George Grosz).
C’est un monde sans joie placé sous le signe d’un expressionnisme sans concession.Un grouillement de foule dans un paysage de chaos.

Proche de Munch
Sur une palette en bois, Kheder a représenté un personnage qui pousse un cri.
On est proche du cri de Munch qui nous montre la vie comme une danse vers la mort.
La déformation des visages et son violent barbarisme
Soumettre la forme à la déformation pour rendre visible une réalité, celle d’un peuple qui souffre.
Chez chaque être représenté par Kheder, la peau se tend et se distend comme un parchemin sur les os. La chair s’accroche et se disloque par lambeaux à un corps souvent presque inexistant.
L’artiste joue sciemment sur la tension nerveuse des formes, avec les bouts sinueux du pinceau pour traduire plus fortement encore cette tension dramatique.

Pour échapper à l’horreur, l’abstraction
Afin de se libérer de l’expérience quotidienne qui aboutit à représenter l’horreur et le chaos, Kheder adopte de temps à autre la voie de «l’art pour l’art» à l’image des premiers artistes abstraits qui ne s’intéressaient ni à la vérité, ni à l’esprit, mais à la «pureté» dont parlait le critique Clement Greenberg.

D’où les quelques toiles que l’on découvre, débarrassées de toute forme de narration, de représentation et de sujet…

Ainsi l’artiste nous offre à voir des compositions d’une grande beauté formelle grâce à la disposition des lignes, des couleurs et des formes. Un travail proche de la technique de la grille qui est une constante de l’art contemporain depuis le cubisme.

Temple Neuf
Place du Temple Neuf – Strasbourg
templeneuf.org

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